tion. Une partie des jardiniers des environs de Paris, et presque tous ceux de la Normandie, sont dans l'usage de semer ainsi.
La troisième méthode, un peu plus minutieuse à pratiquer, est surtout à l'usage du jardinier amateur; elle serait difficilement applicable à une grande culture, quoique, sous tous les autres rapports, elle l'emporte sur les méthodes précédentes. On taille à cet effet des gazons carrés, 0m ,10 de côté sur 0m ,055 d'épaisseur, dans les racines de ces gazons retournés, on pratique avec une serpette bien tranchante une ouverture en forme d'entonnoir, qui doit pénétrer jusqu'aux tiges, afin qu'elle puisse plus tard laisser égoutter l'eau des arrosages. Les gazons ainsi préparés sont remplis de terreau et enterrés dans celui de la couche de manière à ce qu'il les recouvre à quelques centimètres d'épaisseur; on y sème alors la graine de melon, comme si elle était semée en pots, selon la seconde méthode. Les parties végétales de ces mottes de gazon forment en se décomposant, indépendamment de la terre à melon, une excellente nourriture pour les jeunes plantes; elles attirent à elles les racines latérales qui deviennent plus fortes aux dépens du pivot central; l'influence salutaire de cette action se fait sentir pendant tout le cours de la végétation du melon.
Quel que soit le mode de semis que l'on ait adopté, il faut avoir soin de placer la pointe de chaque semence dirigée vers le bas, pour en faciliter la germination; il en est de même des graines de toutes les plantes cucurbitacées.
D. — Transplantation.
Les trois manières de semer que nous venons de décrire correspondent à trois manières de transplanter; toutes trois ont pour but et pour condition essentielle de déranger et même de secouer le moins possible la jeune plante, en la transportant de la couche chaude sur la couche sourde, en sorte que l'action de ses racines ne soit ni troublée ni suspendue. Rien ne remplit mieux ce but que l'emploi du transplantoir ou, à son défaut, celui du lève-melon, qui n'est qu'un transplantoir simplifié. Il ne faut pour s'en servir avec succès qu'un peu d'adresse qui s'acquiert en une seule lecon.
La transplantation des plantes semées en pot est la plus facile de toutes. On place le pot dans la paume de la main gauche de manière à ce que l'axe du pot occupe une position horizontale; avec la main droite, on introduit un petit bâton dans le fond du pot, on pousse la tuile qui en bouchait l'ouverture, et la terre se trouvant ainsi détachée d'un seul coup, le melon est transplanté en motte sans éprouver le moindre dérangement.
Lorsque les semis ont été faits dans des gazons, il faut que la main plonge avec dextérité dans le terreau, pour soulever le gazon sans ébranler les racines du plant. Avec un peu d'habitude, ce moyen réussit aussi bien que les autres; d'ailleurs, si quelques pieds se trouvent un peu dérangés, ils auront plus de vigueur pour se refaire que ceux qui proviendront des autres modes de semis.
Une quatrième méthode employée surtout par les jardiniers de profession consiste à trancher avec la truelle tout autour du plant le terreau maintenu suffisamment humide, et à enlever la motte ainsi formée, avec le même instrument. Un maladroit perdrait une partie de son plant en essayant cette méthode; quand on en possède l'habitude, elle est très expéditive; elle ne s'applique qu'au plant semé à nu sur le terreau de la couche chaude.
La transplantation n'est pas toujours nécessaire; il y a des semis en place qui réussissent bien, mais ils ne doivent être faits que dans le courant du mois de mai.
Les trous destinés à recevoir les melons transplantes sur la couche sourde doivent être prêts d'avance; chaque pied sera arrosé moderément une fois ou deux; le plus souvent un seul arrosage suffit; l'eau ne doit être versée qu'avec beaucoup de précautions, et jamais répandue sur le cœur de la jeune plante; il faut arroser tout autour, à une certaine distance du collet des racines.
La distance pour le repiquage varie selon le développement propre à chaque espèce de melon, elle peut aussi varier selon l'espace dont on dispose. Lorsqu'on peut étendre les couches à volonté, il est bon de donner aux espèces les plus vigoureuses 1 mètre 25 c. en tous sens, et un mètre seulement à celles qui s'étendent un peu moins.
E. — Epoques des semis et transplantations.
Dans la culture naturelle du melon, le temps convenable pour ces deux opérations est très variable d'une année à l'autre, la température seule en decide. Les semis se faisant toujours sur couche chaude abritee, on pourrait semer de très bonne heure au printemps, mais il y aurait plus de perte que de profit. Le plant ne pouvant être risque sur la couche sourde que quand les intemperies des saisons qu'il ne peut supporter ne sont plus à craudre, il arrive quand on sème trop tôt, qu'il reste trop longtemps sur la couche chaude; alors les pieds s'allongent outre mesure, ils deviennent languissants et presque incapables de supporter la transplantation. Si cependant on les tranplante en cet état, leur fructification, déjà très tardive dans les circonstances les plus favorables, sera tellement retardée que les fruits pourront très bien arriver à l'époque où leur maturité est impossible.
La transplantation doit se faire environ trois semaines après que la graine est sortie de terre; mais quand le temps est delavorable ou que le plant paraît encore trop délicat, on peut différer cette opération d'une semaine ou deux sans grand inconvenient. La transplantation pour la culture naturelle peut être consideree comme faite en temps convenable, tant que pour l'ef-