pliqué : il se compose essentiellement de cent arrosages, dont chacun employait le quart d'une journée d'ouvrier à 3 fr., soit 75 fr., et de quatre-vingt-deux cueilles, dont chacune employait une demi-journée de femme, payée 1 fr. 50 c. par jour, soit 61 fr. 50 c.; le surplus est pour les sarclages, et aussi pour quelques menus frais, tels que le transport et l'achat des paniers ou cagerons.
| Le produit fut évalué en argent. | 593f 60 |
| Frais, comme ci-dessus. | 212 » |
Différence, ou bénéfice net. 181 60
La récolte, dont une partie seulement fut réalisée en argent, et le reste consommé à la maison, se composait de six cent cinquante-six cagerons de fraises dont les prix, comparés à ceux de la halle, donnèrent en moyenne 60 e., non comme prix payé par les consommateurs, mais comme représentant ce que le jardinier aurait reçu des revendeurs auxquels il vend habituellement ses produits.
Cette culture ne fut contrariée ni par le ver blanc, ni par les orages; le local bien abrité permit d'obtenir une partie des fraises en primeur; elle fut donc faite dans les circonstances les plus favorables; étant d'ailleurs conduite avec les soins les plus minutieux, ses résultats peuvent passer pour un maximum de production rarement atteint, et jamais dépassé. Un hectare de fraisiers dans les mêmes conditions aurait rendu 65.600 cagerons de fraises, valant 39,360 fr., et représentant un produit net, tous frais déduits, de 18,160 fr.
L'expérimentateur n'étant pas jardinier de profession, ne pouvait en croire ses yeux ; nous avons cité ce fait pour montrer comment cette culture, qui exige des frais excessifs, peut néanmoins récompenser le jardinier qui n'y consacre qu'une étendue de terrain n'excédant pas quelques ares de superficie, car tout change dès qu'on étend cette culture à plus d'un demi-arpent de Paris, valant 16 ares 66 centiares. Dans ce cas, il est impossible d'obtenir une fraisière également productive sur tous les points; il y en a toujours une partie en souffrance; la destruction du ver blanc devient beaucoup plus difficile, et les chances de perte sont inévitables, les frais restant les mêmes. Quoique dans les communes de Montreuil, Bagnollet, Fontenay, et dans celles des environs, le fraisier occupe près de 200 hectares, il est rare qu'un seul jardinier en ait un hectare à la fois. Dès que la fraisière dépasse 33 ares 33 (1 arpent de Paris), on abandonne au ciel le soin de l'arroser quand il lui plaira; on réserve pour une partie seulement les arrosages, ce qui diminue les frais et les produits. Nous allons indiquer les uns et les autres par approximation.
Dans une culture aussi soignée que celle de l'expérience que nous venons de décrire, les frais de la première année sont augmentés du prix du plant et de celui de la main-d'œuvre pour plantation, ce qui les porte à la somme de
240 fr. environ, somme qui serait plus considérable s'il ne fallait défalquer une partie de la main-d'œuvre, les cueilles étant moins fréquentes et moins abondantes que durant la seconde année. Appliquant la même considération à la troisième année, nous poserons les chiffres suivants.
FRAIS.
| Première année. | 240f |
| Deuxième id. | 212 |
| Troisième id. | 188 |
| Frais des trois années... | 640 |
Cette somme, répartie entre les trois années que doit durer la fraisière, donne 213 fr. 33 c. par année.
PRODUITS.
| Première année. | 556f 40 |
| Deuxième id. | 595 60 |
| Troisième id. | 290 |
Produit des trois années... 1,020
Soit, pour chaque année 340 fr. de produit brut, et 126 fr. 67 c. de bénéfice net, représentant 12,667 fr, pour un hectare. Nous sommes certain qu'en réunissant les produits de plusieurs petites fraisières de 8 à 10 ares chacune, pour composer le produit d'un hectare, on irait même au-delà de cette somme, dans quelques années particulièrement favorables.
Dans la culture en grand les résultats sont bien différents : souvent, comme cela est arrivé cette année (1842), la sécheresse fait périr tous les fraisiers qu'on ne peut arroser ; cette plante est sujette à des maladies dont on ignore la cause; les vents d'est au printemps la font jaunir et languir; alors presque toutes les fleurs avortent, et la récolte est nulle. En tenant compte de toutes ces considérations, nous trouvons, par approximation, les chiffres suivants:
FRAIS.
| Location d'un are de terrain pour trois ans... | 9f |
| Fumier,...... | 60 |
| Plant et main-d'œuvre,...... | 270 |
| TOTAL pour trois ans... | 559 |
PRODUITS.
| Première année | 150 |
| Deuxième id. | 170 |
| Troisième id. | 92 |
| TOTAL...... | 592 |
Différence ou bénéfice net pour trois ans. 55
Le produit d'un hectare n'est dans ce cas que de 5,300 fr. pour trois ans, ou 1,776 fr. par année ; mais il y faut ajouter le prix d'une récolte de choux d'Yorck obtenue la première année, à raison de 360 choux par are, vendus de 5 à 10 c. avant la première floraison des fraises, moyenne 8 c., soit 28 fr. 80 c., ce qui porte la recette totale à 8,180 fr., et la recette annuelle à 2,726 fr.
Tels sont, à défaut d'une exacte comptabi-