Joséphine, la reine Amélie, ou la duchesse d'Angoulême. Mais, en dehors de ces changements capricieux, quelques horticulteurs éminents, entre autres M. Lindley en Angleterre, et M. Vibert en France, ont cherché à asseoir sur des bases réelles une classification des rosiers d'après les caractères fixes des principales séries, bien que ces séries ne répondent pas à des variétés et des sous-variétés admises par les botanistes. L'adoption d'une bonne classification des rosiers n'est pas sans importance; une fois les séries admises et leurs caractères essentiels bien établis, l'amateur ne sera plus exposé, aussi souvent qu'il l'est actuellement, à faire venir à grands frais de fort loin une rose insignifiante, ou bien une bonne rose qu'il a déjà sous un autre nom. Pour ce motif, nous croyons devoir donner un aperçu de la méthode de classification de M. Lindley et des caractères principaux des tribus de rosiers, selon sa méthode.
Ire TRIBU. — Rosiers à fleurs de cistes.
Ils doivent leur nom à la ressemblance de leur fleur avec celle des cistes qui, sous le nom de muçugles, décorant au printemps les collines du midi de la France. Les fleurs de ces rosiers sont simples, et leurs pétales plus ou moins échancrées.
Les deux principales espèces de cette tribu sont : 1° La rose à feuille de berberis, remarquable entre toutes par son feuillage simple; la fleur est jaune, les pétales ont une tache pourpré à l'onglet; ce rosier est rare en France. 2° La rose Hardy, récemment obtenue dans les semis de M. Hardy, au Luxembourg; ses feuilles ont sept folioles.
IIe TRIBU. — Rosiers féroces.
Ils méritent leur nom par le nombre et la force de leurs aiguillons; les deux principales espèces sont : 1º La rose du Kamtchatka, violette simple; 2º la rose du Parnasse, violette double.
IIIe TRIBU. — Rosiers bractéolés.
Ils sont caractérisés par la longueur et le développement des bractées qui accompagnent le calice. Les rosiers de cette tribu réclament une position abritée; leurs fleurs sont doubles, les unes blanches, les autres carnées. Les deux principales sont : 1o la rose Marie-Léonida, d'un blanc pur; 2o la victoire-modeste, à cœur carné.
IVe TRIBU. — Rosiers cannelles.
Les caractères de cette tribu sont peu tranchés; elle comprend des fleurs simples, semidoubles et doubles, isolées et en grappes. Les plus remarquables sont la rose-soufre, jaune double très pleine, et la rose Boursault, semidouble, qui sert de type à toutes les variétés et sous-variétés de roses pyramidales. Ces rosiers, en général, ne font point partie des collections et ne se greffent point sur églantier; ils sont, par l'ampleur de leurs formes et la vigueur de leur végétation, très propres à la décoration des bosquets dans les grands jardins paysagers; ces rosiers ne se taillent point.
Ve TRIBU. — Rosiers pimprenelles.
Leur nom est tiré de la ressemblance de leurs feuilles à follioles petits et arrondis, avec la feuille de la pimprenelle (poterium sanguisorba). Les roses à fleurs simples, assez nombreuses dans cette tribu, sont fort jolies et donnent des milliers de fleurs; la plupart des roses pimprenelles sont semi-doubles et doubles; ces rosiers ne se greffent pas, ils s'élèvent en buissons, francs de pied; il ne faut les tailler qu'avec beaucoup de ménagement pour ne pas puire à leur floraison.
Les deux plus belles roses de cette tribu sont : 1° la reine des pimprenelles, rose tendre, semi-double; 2° la pimprenelle-Hardy, rose blanche très double, rayée de lignes pourpres, d'un très bel effet quoique peu développée.
VIe TRIBU. — Rosiers à cent-feuilles.
C'est la plus nombreuse de toutes les tribus; la nomenclature en serait plus facile à retenir si l'on en eut composé au moins trois tribus, ayant chacune de nombreuses subdivisions; toutefois, nous la donnons conformément à l'usage adopté parmi les amateurs de roses.
Les rosiers cent-feuilles proprement dits comprennent deux divisions : les roses à calice nu, et les roses mousseuses.
Les roses cent-feuilles, à calice nu, réunissent dans la même division des fleurs très différentes; la plus belle de toutes, celle qui mérite plus que tout autre le nom de reine des fleurs, porte le nom de rose des peintres (fig. 492).
Fig. 492.
Tout est remarquable dans cette tribu, depuis la belle rose foncée de Nancy, et l'unique blanche, admirables de forme et de volume, jusqu'à la petite rose pompon, la plus élégante des petites roses. Ces rosiers ne fleurissent qu'une fois, mais leur floraison est assez prolongée.
1. Roses mousseuses. — Ces roses ne diffèrent des précédentes que par l'espèce de végé-