un pelargonium de collection à fleur de forme régulière.
B. — Boutures.
Les pélargoniums de collection, quels que soient les soins qu'on leur donne, ne vivent pas au-delà de trois ans sans dégénérer; il est donc nécessaire de les renouveler constamment de boutures, pour maintenir les collections au complet et dans tout leur éclat. Les boutures reprennent en tout temps avec une étonnante facilité; les deux époques les plus favorables sont les premiers jours du printemps et la fin de juillet jusqu'à la première quinzaine d'août. Plus tard, les boutures n'ayant pas le temps de prendre assez de force avant l'hiver, auraient beaucoup à en souffrir; elles fleuriraient mal au printemps suivant, et l'on en perdrait une grande partie. Les pélargoniums de collection sont soumis, comme nous le dirons plus bas, à une taille régulière qui fournit toujours assez de sujets propres à servir de boutures. A l'époque du rabattage, on met à part les branches les plus saines et les plus vigoureuses, en terre légèrement humide, dans une situation ombragée; elles y restent jusqu'au moment de s'en servir. A cette époque, on rafraichit leur extrémité inférieure au moyen d'une lame très affiliée, et l'on supprime en même temps leur pousse terminale, de manière a ce que leur longueur totale n'excède pas 0m ,10 à 0m ,12. Les boutures se font en bonne terre de bruyère ordinaire; elles ne doivent pas être enfoncées de plus de 0m ,03. Si les pots où elles sont placées peuvent en admettre plusieurs, il faut les espacer à 0m ,03 ou 0m ,04 l'une de l'autre. On peut placer ces pots dehors, à l'ombre ou dans la serre tempérée, également à l'abri de l'action directe des rayons solaires; il suffit ensuite de les arroser de temps en temps avec modération; ces boutures ne manquent jamais de s'enraciner.
Lorsqu'on désire hâter la reprise des boutures de pélargoniums faites un peu tard, dans le mois d'août, afin que leurs pousses soient consolidées avant l'hiver, on place les pots qui les contiennent dans une couche tiède recouverte d'un châssis. Cette couche doit être assez remplie pour ne laisser entre les pots et le verre du châssis qu'un espace de 0m ,20 à 0m ,25 au plus, en sorte que les boutures s'y trouvent très près du verre, ce qui dispense d'ajouter au châssis la protection d'une cloche. On traite d'ailleurs ces boutures, une fois qu'elles sont reprises, comme du plant obtenu de graines.
Il arrive assez souvent qu'une variété nouvelle de pélargonium obtenue récemment de semis ou bien achetée fort cher à l'étranger, végète faiblement, et ne donne pas assez de pousses pour pouvoir être multipliée de boutures. On a recours dans ce cas au bouturage des feuilles, procédé pratiqué avec tant de succès par M. Chauvière, horticulteur, qui s'occupe spécialement des pélargoniums. Chaque feuille détachée avec son pétiole le plus près possible de son insertion, mais sans endommager la ti-
ge, est plantée isolément dans un petit pot ou
godet, de 15 à 20 millimètres seulement de dia-
mètre, remplie de terre de bruyère passée 'au
crible fin ; le pédoncule ne doit être enfoncé
dans la terre du pot que de 3 ou 4 millimètres.
Les pots sont enterrés jusqu'au bord dans une
couche tiède recouverte d'un châssis qui ne
laisse presque pas d'intervalle entre les feuilles
bouturées et le vitrage. Un œil qui devient bien-
tôt une jeune pousse ne tarde pas à se montrer
au bas de chaque pétiole des feuilles bouturées;
quand ces pousses prennent leur seconde feuille,
il est temps de commencer à leur donner de
l'air peu à peu en soulevant les châssis; on les
traite ensuite comme des boutures ordinaires.
Ce procédé, pour réussir, exige une grande ha-
bileté et des soins minutieux. Les boutures de
feuilles craignent également la sécheresse et un
excès d'humidité; il est essentiel de ne les déta-
cher de la plante qu'au moment de les mettre
dans les pots, afin que la surface coupée prenne
l'air le moins possible. Les pots sont changés à
mesure qu'ils deviennent trop petits en raison
de l'accroissement des jeunes plantes.
C. — Détails de culture.
Les pélargoniums, pour donner des fleurs parfaites, ont besoin d'une terre appropriée à leur végétation ; voici la recette donnée par MM. Chauvière et Lemaire dans leur Traité de la culture des pélargoniums ; elle mérite d'autant plus de confiance, que M. Chauvière n'en emploie pas d'autre dans son bel établissement, et ses pélargoniums y végètent admirablement.
| Terre de bruyère sableuse.... | 5 parties. |
| Terre franche normale.... | 5 |
| Terreau de feuilles, très consommé. | 5 |
| Poudrette ou colombine.... | 1 |
| 10 parties. |
Le mélange de ces substances doit être in-time; on le prépare longtemps d'avance et l'on a soin de le remuer assez souvent avant de l'employer. Il ne convient qu'aux plantes que nous pourrions nommer adultes, qui ont atteint tout leur développement; il serait trop excitant pour le jeune plant de semis ou de boutures.
Beaucoup de jardiniers retranchent de cette recette la poudrette et la colombine ; au Jardin du Roi, où l'on admire de très beaux pélargoniums, ces deux ingrédients ne sont jamais employés.
La taille est l'opération la plus délicate de la culture des pélargoniums. Cette plante, ainsi que nous l'avons dit, ne peut être livrée à sa végétation naturelle. Si l'on veut en obtenir une riche floraison, il faut la restreindre dans de justes limites, la forcer à répartir sa sève également entre toutes ses branches, et faire tourner son énergie vitale au profit de la production des fleurs.