Les pélargoniums se façonnent avec une grande docilité sous la main du jardinier; le jeune plant, soit de semis, soit de bouture, peut être arrête sans en souffrir à la hauteur qu'on desire lui donner; cette hauteur varie de 0m ,15 à 0m ,30 jusqu'à la naissance des tiges; elle se calcule d'après la place que les plantes toutes formées doivent occuper sur les gradins. On les laisse filer droites jusqu'à ce qu'elles dépassent cette élévation de 0m ,04 ou 0m ,05 ; alors on leur supprime la pousse terminale en laissant seulement 2 ou 3 pousses latérales pour former la tête; les autres pousses situées plus bas le long de la tige sont retranchées, en laissant toutefois subsister les feuilles dans l'aisselle lesquelles elles ont pris naissance, parce que a présence de ces feuilles sert à la fois à donner de la force à la tige et à favoriser la formation des jeunes racines.
L'époque la plus convenable pour tailler les pelargoniums est le mois d'août et le commencement de septembre; ils sont alors depuis longtemps à l'air libre; on a eu soin trois se maines ou un mois d'avance de les arrosér seulement pour les maintenir verts, afin que leurs tiges puissent devenir moins aqueuses et plus consistantes. Deux conditions sont essentielles dans cette opération, l'emploi d'une lame parfaitement affiliée et une coupe exactement horizontale. On ne laisse en général aux plantes dans toute leur force que trois branches, quatre au plus, d'égale force, espacées entre elles de manière à donner lieu à une tête de forme régulière. Les plus jeunes ne doivent conserver que deux branches; quant aux pélargoniums de 4 ans et au-delà, auxquels leur force permettrait de laisser un plus grand nombre de branches, nous pensons qu'ils ne doivent plus à cet âge figurer dans la collection, dont les vides annuels peuvent toujours être remplis au moyen d'une pépinière de jeune plant élevé de boutures. Quelques traités conseillent d'utiliser pour faire des boutures les vieilles plantes usées, dont les touffes très ramifiées peuvent en effet fournir beaucoup de boutures; mais comme la matière pour cet usage ne manque jamais, puisque toute la collection subit une taille générale tous les ans, nous ne pouvons conseiller de bouturer les tiges des vieilles plantes; nous sommes d'avis qu'on ne doit au contraire employer pour boutures que les branches provenant de la taille des pélargoniums jeunes et dans toute leur force.
Les branches conservées aux pélargoniums se taillent sur deux yeux, à partir de leur insertion sur la tige principale.
Les pélargoniums ont besoin d'être changés de pots tous les ans, soit pour être placés dans des pots plus grands, s'ils sont encore dans leur période de croissance, soit pour recevoir de nouvelle terredans le même pot; cette plante, en raison de l'activité de sa végétation, épuise très vite la terre.
L'opération du rempotage peut suivre immédiatement celle de la taille; cependant, comme il est avantageux de rempoter les pé-
largoniums par un temps pluvieux ou du moins
couvert, calme et humide, si au moment de
la taille qui ne peut être retardée sans inconvénient, la température est chaude et sèche,
et qu'il règne des vents violents, il vaut mieux
laisser s'écouler quelques jours pour opérer par
une journée favorable.
La motte enlevée du pot et tenue dans une situation renversée, est d'abord grattée légèrement pour détacher tout autour une portion de l'ancienne terre qui entraîne avec elle un peu de racines endommages; on coupe net le bout des grosses racines qui peuvent alors se trouver à découvert. La quantité d'ancienne terre à supprimer ne peut être précisée; on ôte à peu près les deux tiers de la motte des plantes grandes et vigoureuses, et un tiers seulement de celle des plantes plus jeunes ou plus faibles. Les pots nouveaux où l'on va replacer les pélargoniums, ont ordinairement 0m,01 ou 0m,02 tout au plus de diamètre de plus que les pots d'où les plantes viennent d'être retirées. Le trou situé au milieu du fond des pots doit être bouché avec un morceau de poterie cassée; il ne faudrait pas qu'il fût fermé trop hermétiquement; il doit au contraire laisser filtrer l'eau superflue des arrosages. On étend par-dessus ce tesson un lit de mousse très mince, légèrement comprimée, précaution fort utile qui empêche l'eau qui s'échappe par l'ouverture inférieure des pots d'entraîner avec elle les parties nutritives du sol qu'elle tient en suspension. Cela fait, on commence à mettre dans les pots assez de terre pour que la motte posée dessus affleure à peu près l'orifice supérieur du pot qu'on achève de remplir en versant la terre pulvérulente, tout autour de la motte; un léger arrosage doit toujours suivre le rempotage pour assurer la reprise des plantes.
Si après cette opération il survient des pluies trop prolongées, les pélargoniums ne doivent pas y rester exposés; il vaut mieux, dans ce cas, les mettre momentanément à couvert que de coucher simplement les pots sur le flanc, comme le font beaucoup de jardiniers, pour empêcher la pluie de les mouiller trop fortement.
Quelques anciens jardiniers seulement tiennent encore à la vieille méthode de ne laisser les pélargoniums en plein air qu'au milieu de la belle saison; les horticulteurs de nos jours, éclairés par l'expérience, savent que ces plantes ne donnent une floraison parfaite que lorsqu'elles ont profité de bonne heure de l'air libre qui ne leur fait que du bien toutes les fois que la température ne descend pas au-dessous de zéro.
Les pots contenant les pélargoniums destinés à orner le parterre peuvent être enterrés dans les plates-bandes dès qu'il a cessé de geler. Ceux des pélargoniums de collection qui doivent fleurir sur les gradins de la serre sont placés dehors, dans une position abritée, depuis la fin des gelées jusqu'au commencement de leur