quelquefois rameuses, avec ou sans faisceaux d'épincs, mais toujours sans feuilles distinctes de la tige;

5° Epiphylles. Les fleurs, comme le nom l'indique, naissent sur les feuilles, c'est-à-dire sur les bords des tiges aplaties, allongées et découpées, qui, superposées les unes aux autres, font en même temps l'office de feuilles chez ces plantes singulières;

6° Opuntias. La disposition générale de ces plantes est la même que celles des épiphylles; mais elles s'en distinguent aisément par leur plus grande épaisseur et la ressemblance de chacune de leurs articulations avec une raquette;

7° Pereskies. Ces plantes, par leurs tiges presque ligneuses et leurs feuilles très distinctes, s'éloignent beaucoup de toutes les autres cactées, auxquelles elles ne se rattachent que par des rapports peu saillants.

8° Rhipsalis: La différence de ces plantés avec les autres cactées est aussi fort grande; les rhipsalis vivent dans leur pays natal aux dépens des grands végétaux, comme le gui dans nos forêts.

Les pereskies et les rhipsalis s'écartent essentiellement des autres cactées; elles exigent d'autres soins de culture, et semblent former l'anneau qui rattache la famille des cactées au reste de la végétation.

Les mélocactes, dans leur pays natal, atteignent quelquefois des dimensions énormes; on en voit souvent à la Jamaïque, dont la masse n'a pas moins de 0m ,75 de hauteur sur 2 ou 3 mèt. de circonférence; ces plantes ne parviennent jamais en Europe à la moitié de cette taille. Leur fruit, d'un beau rouge, de la grosseur d'une prune de mirabelle, se mange en Amérique; elles fructifient rarement en Europe. Les chèvres recherchent les mélocactes, qu'elles savent très bien détacher avec leurs cornes, des rochers auxquels ils sont fixés par les racines; puis elles les roulent sous leurs pieds pour en détacher les piquants qui ne tiennent pas beaucoup, et pouvoir manger le reste sans se blesser la bouche.

Quelques cierges ou cactus, proprement dits, portent des fruits mangeables dans leur pays natal; tels sont en particulier ceux du cactus Répandus. D'autres, tels que les opuntias, ont une grande importance économique; on sait que la cochenille vient sur un opuntia; les fruits d'une autre espèce d'opuntia sont tellement sucrés qu'on en peut extraire du sucre très pur en grande abondance; ces deux espèces forment des clôtures à la fois fruitières et défensives, en Afrique, en Grèce et en Sicile; elles réussissent également bien en pleine terre à l'air libre, dans nos départements méridionaux.

Les plus belles plantes d'ornement de la famille des cactées appartiennent au genre céreus (cierges ou cactus, proprement dits). Le règne végétal possède peu de productions aussi remarquables que la fleur du céreus - grandiflorus; malheureusement ce cactus, comme presque tous ses congénères, fleurit pendant la nuit, et ses fleurs ne restent ouvertes que pendant quelques heures seulement; mais elles valent bien la peine qu'on veille pour les admirer; elles n'ont pas moins de 0m ,30 de longueur y compris le calice; le diamètre de la corolle, dont les pétales sont d'un blanc pur, dépasse souvent 0m ,25; elles commencent à s'ouvrir entre 7 et 8 heures du soir; vers 11 heures elles sont tout-à-fait épanouies; elles s'affaissent entre 3 et 4 heures du matin, et sont tout-à-fait flétries avant le jour. Le cactus-grandiflorus fleurit en juillet; il a souvent jusqu'à 7 ou 8 fleurs ouvertes à la fois, et quand la plante est vigoureuse, ces fleurs se succèdent plusieurs nuits de suite. Elles répandent une odeur délicieuse, analogue à celle de la vanille.

Depuis quelques années, rien n'est plus commun que le céreus-speciosissimus dont la fleur rouge et pourpre n'a pas d'égale dans cette famille, quant à l'éclat des couleurs. Plusieurs épiphylles en approchent beaucoup, sans toutefois l'égaler. Le cactus flagelliformis fleurit avec une excessive abondance au mois de mai; ses fleurs restent ouvertes pendant plusieurs jours; ses tiges arrondies et molles, couvertes de piquants mous et inoffensifs, ont besoin d'être soutenues. Tous ces cactus contribuent puissamment à l'ornement des jardins et des serres, tant par la richesse de leur floraison que par le contraste de leurs formes avec celles des autres végétaux.

A. — Multiplication.

Tous les cactus se multiplient très aisément de boutures ; quelques-uns d'entre eux, surtout parmi les opuntias , ont une disposition étonnante à émettre des racines et à s'attacher au sol sur lequel on dépose, même sans l'enterrer, le moindre de leurs fragments. Nous avons vu, dans le Var, des débris d'opuntias provenant de l'élagage de quelques plantes endommagées qu'on avait dû tailler pour les rétablir , s'enraciner sur les bords d'un torrent , parmi des cailloux roulés après avoir été entraînés, pendant plus de 20 kilom., par une pluie d'orage, et devenir en peu de temps des plantes vigou-reuses ; on n'avait pourtant retranché et jeté à l'eau que des parties malades sur la reprise des- quelles on n'aurait certes pas dû compter, si elles avaient été plantées comme boutures.

On emploie ordinairement pour boutures les extrémités des tiges âgées d'un an, extrémités que, dans quelques espèces, on retranche pour forcer les plantes à fleurir. Il faut laisser la plaie se cicatriser à l'air libre avant de mettre la bouture en terre; faute de cette précaution elle pourrirait et ne donnerait pas de racines; ces boutures se font dans des pots, en terre de bruyère, sous cloche ou sous châssis; pour les espèces délicates provenant des contrées équatoriales, il est bon d'enterrer les pots dans une couche tiède pour faciliter leur reprise.

On multiplie de graines les espèces dont le