feuilles ternées ; leur caractère distinctif est tiré de la disposition des étamines dont les an-
thères sont dépourvues des poils qui les accom-
pagnent dans les espèces précédentes, et ren-
fermées le plus souvent dans la corolle. On re
marque dans cette section l'érica-versicolor,
dont les fleurs sont ordinairement de deux cou-
leurs.
Les détails dans lesquels nous sommes entrés sur la culture des éricas s'appliquent intégralement aux épacris, jolies plantes de la Nouvelle-Zélande, aujourd'hui aussi répandues dans nos serres que les éricas. Les épacris, indépendamment des semis et des boutures qui réussissent très bien, se multiplient de marcotte avec beaucoup plus de promptitude et de facilité que les éricas, auxquelles elles ressemblent beaucoup; la fig.505 représente l'épacris grandiflora;
Fig. 505.
ses corolles tubulées rouges, terminées par un limbe découpé, blanc, liseré de vert, ne le cèdent en rien aux bruyères les plus remarquables; on compte dix-huit genres distincts d'épacris, tous riches en espèces, sans les variétés dont les semis tendent à grossir le nombre. Les épacris, comme les bruyères, semblent se plaire beaucoup entre elles; avec les mêmes soins de culture dans des conditions parfaitement semblables d'ailleurs, les épacris ne prospèrent pas lorsqu'on les cultive en mélange avec d'autres plantes.
\S \text {III.} - \text {Cactées.}
Les plantes de la famille des cactées ne ressemblent à celles d'aucune autre famille végétale; la singularité de leur aspect et la variété de leurs formes bizarres justifient, autant que la rare beauté de leur floraison, la faveur toujours croissante dont elles sont l'objet. Cette faveur est portée en Angleterre à un degré inconnu partout ailleurs; plusieurs grandes maisons d'horticulture de ce pays font rechercher dans toutes les contrées encore inexplorées des deux hemisphères les cactées nouvelles pour les introduire dans les serres d'Europe; les collecteurs de cactées s'exposent à toute sorte de fatigues et de périls pour conquérir de temps en temps une fleur inconnue ; c'est dire assez à quels prix élevés reviennent les plantes récemment introduites. Les cachées se prêtent très bien aux croisements hybrides auxquels on doit déjà un grand nombre de très belles variées dans les plus beaux genres de cette famille.
Les cactées, cactus ou cactiers, car les auteurs les désignent sous ces différents noms, ont reçu le nom de cactus ou cactos, d'un naturaliste grec, Théophraste, qui l'appliquait spécialement au cactus-opuntia, dont le fruit servait de son temps et sert encore aujourd'hui de nourriture aux Siciliens, pendant une partie de l'année. On a étendu plus tard cette dénomination aux plantes, où, comme chez les opuntias, la tige et les feuilles ne font qu'un; presque toutes sont armées d'épines, les unes moltes et inoffensives, les autres dures et piquantes, disposées par faisceaux divergents; tel est surtout le mélocacte, que Linné nommait le hérisson des végetaux.
Le plus grand nombre des cactées habite le nouveau continent, où on les rencontre depuis le cours supérieur du Missouri, dans l'Amérique septentrionale, jusqu'au pays des Patagons, à l'extrémité de l'Amerique méridionale. Ces contrées immenses, encore imparfaitement connues et très rarement visitées par les naturalistes, doivent contenir bien des cactées inconnues; on pense que nous n'en connaissons pas encore tout-à-fait la moitié, bien que les collections contiennent environ 600 espèces, et plus de 100 variétés.
Les botanistes ne sont point d'accord sur la classification des cactées, nous devons laisser cette discussion aux botanistes; nous ferons observer seulement qu'il doit nécessairement y avoir beaucoup de provisoire dans la classification regulière d'une famille de plantes dont on connaît à peine la moitié; à quoi il faut ajouter cette particularité, que, parmi les cactees cultivées dans nos collections, il en est beaucoup qui n'ont jamais fleuri, et dont par conséquent les caractères botaniques les plus importants n'ont pas pu encore être exactement déterminés. Les principales tribus de la famille des cactées sont :
1° Melocactes. Ces plantes doivent leur nom à leur ressemblance avec un melon à côtes; les fleurs naissent au sommet, sur une excroissance qui semble une plante greffée sur une autre;
2e Echinocactes. L'ensemble de leurs formes est sphérique, ainsi que celle des mélocactes ; leurs arêtes très prononcées, sont hérissées d'epines, disposées par faisceaux divergents;
3o Mammillaires. Leur forme est arrondie ou oblongue; elles sont couvertes de mamelons disposés en spirales, et dont chacun porte une touffie d'épines ou de poils soyeux ;
4º Cierges (cactus proprement dits). Ils se distinguent par l'aspect tout particulier de leurs tiges anguleuses, droites, souvent simples,