prismes dont le côté le plus large est appliqué sur le cercle en fonte E, et sur le disque ou plateau extérieur F, où ils sont vissés d'abord et consolidés par deux larges cercles en fer HH, (fig.270, 272) fortement serrés et bien ajustés. L'ouverture longitudinale que ces liteaux laissent entre eux n'est que de 4 lignes à l'intérieur du cylindre, tandis qu'elle doit être d'un pouce à l'extérieur.
Le mouvement est ordinairement donné à ce laveur par une courroie qui enveloppe la poulie N; celle-ci doit être en fonte, afin de ne point se gauchir. Cette poulie tourne à frottement doux sur l'arbre du cylindre, et ne l'entraîne dans son mouvement de rotation, que quand on la fait avancer vers un embrayage qui est fixé sur ledit arbre par deux clefs. P est la trémie qui reçoit les betteraves. On voit qu'elle est construite de manière à ne pas les arrêter sur son fond; disposition utile que n'offrent pas ceux des laveurs, dont la manœuvre est souvent arrêtée par l'engorgement de la trémie.
Lorsque le cylindre fait 12 à 15 tours parminute il peut alimenter la râpe la mieux servie. Bien construit, il nécessite peu de puissance mécanique et consomme peu d'eau.
Il convient généralement, dans une fabrique de sucre de betteraves, de se servir de bants ou de vaches pour imprimer la puissance mécanique au laveur, aux râpes, presses, pompes, tire-saes, etc.; car ces animaux, nourris en grande partie avec le mare pressé de la pulpe, rendent, soit en accroissement de chair musculaire, soit en produit de lait, une valeur qui représente celle de ces résidus et les utilise ainsi. Un manège attelé de six animaux, ce qui en suppose 24 à l'écurie pour se relayer, suffit pour une usine traitant 5,000,000 kilog. de betteraves.
Les betteraves, telles qu'elles arrivent des champs, sont jetées dans la trémie P, à l'un des bouts du cylindre laveur; elles s'avancent, en frottant les unes sur les autres, au milieu de l'eau, puis sortent débarrassées de la terre et des pierrailles à l'autre bout du cylindre sur le plan incliné L. On change l'eau seulement lorsqu'elle est devenue trop bourbeuse et même on peut n'enlever que le dépôt et remplir d'eau.
La sommité de la tête, où sont insérées les feuilles (petioles), qui est plus dure et moins sucrée que le reste de la betterave, doit être réservée pour les bestiaux. Il est assez important d'y joindre la pointe du cône, formant le bout de la tête, et que l'on tranche également au couteau, parce qu'il renferme une sorte de dépôt d'un sue salé analogue à celui des petioles.
Il reste toujours, soit dans les épluchures à la main, soit dans la vase du laveur, de petites racines qu'on doit en extraire par un lavage sur un crible, pour les donner aux animaux; car, n'offrant que trop peu de prise, les râpes ne les réduiraient pas en pulpe.
Les betteraves, nettoyées par l'un des deux procédés ci-dessus, sont déchirées à la rape. Nous allons nous occuper de cette opération, en prévenant que nous indiquerons plus loin une autre machine appliquée depuis quelque temps à l'extraction du jus des betteraves.
§ II. — Du râpage des betteraves.
Plusieurs sortes d'ustensiles connus sous le nom de râpes sont destinés à déchirer les utri cules ou le tissu cellulaire qui, dans les betteraves, contiennent le sue liquide. Les différens systèmes des râpes, désignées sous les noms des constructeurs, sont ceux de CAILLON, de PICHON, de BURETTE, d'ODOBEL et de THIERRY.
Dans des fabriques où le râpage s'est fait à bras d'hommes, la râpe de Pichon, très commode, donnait de la pulpe très fine et bien effilochée; on pouvait proportionner aisément l'ouvrage à la force et au nombre (2 à 4) des hommes et aussi en raison de la dureté des betteraves; car il suffit de charger plus ou moins le charriot sans fin qui les amène au cylindre dévorateur.
La râpe de THIERRY, perfectionnée dans son exécution par M. MOULFARINE, et qu'on voit en coupe verticale par-devant dans la fig. 274 et de côté dans la fig. 275, est la plus généralement employée aujourd'hui. Elle se compose d'une trémie A, posant sur le bâti en fonte B, au moyen de la semelle a, qui y est maintenue par 2 boulons; cette trémie est divisée en 2 parties par une cloison b (fig. 276) fondue avec elle. C, tambour ou cylindre creux, dont le corps ne fait qu'une seule pièce avec les rayons et le mamelon c, ajusté sur l'arbre D qu'il ne touche que vers ses extrémités. A chacun des rebords d de ce cylindre, on a pratiqué une rainure circulaire, dans laquelle entrent à coulisses les lames dentées e (fig. 277 et 278) et les
Fig. 278.