intérieures de l'étuve que les figures mêmes indiquent.
Des châssis en bois tendus de toile se glissent comme des tiroirs à l'aide de coulisses à rainures soutenues par des montans; leurs rebords ne sont en saillie que d'un po. au-dessus de la toile, excepté à leur face antérieure qui a 4 po. de hauteur, afin qu'elle ferme comme un tiroir chaque ouverture par laquelle on introduit le châssis; la fig. 374 d'un de ces châssis isolés fait aisément comprendre cette forme; on voit que tous les châssis à tiroirs étant placés, la devanture est entièrement close, tandis qu'à l'intérieur il reste entre tous les lits de fécule environ 3 po. d'espace libre pour la circulation de l'air chaud. Les chassis du premier rang en bas ont un fonds plein afin qu'ils ne perdent rien de la fécule qui passe au travers des fonds en toile des châssis superposés.
On ne porte habituellement la fécule à l'é-tuve qu'après qu'elle a perdu de 6 à 10 et quelquefois 15 centièmes de son poids d'eau; on la rend pulvérulente en la frottant légère-ment entre les mains ou à la pelle, puis on l'étend en couche d'un po. environ sur chaque châssis que l'on pose ensuite chacun à sa case.
Des bandes en fer-blanc doublées de lisières en drap, couvrent les joints extérieurs entre les tiroirs. Des taquets en bois OO, "les maintiennent; il est important que la température de l'air dans l'étuve ne s'élève pas au-delà de 55° surtout lorsque la fécule y est portée très humide, car tous les grains se gonfleraient, seraient déchirés et adhérant les uns aux autres formeraient des grumeaux que l'on ne pourrait plus ramener à la forme commerciale.
On s'assure aisément de l'état de dessiccation en tirant d'un ou de deux pi. plusieurs tiroirs et lorsqu'elle est assez avancée, ce que les ouvriers reconnaissent en frottant la fécule entre les mains, et ce que l'on peut vérifier en achevant la dessiccation d'une petite quantité étendue sur une assiette ou une lame de verre; arrivée à ce terme, la fécule est répandue sur une aire unie ou carrelage devant l'étuve, on écrase les plus grosses mottes à l'aide d'un rouleau en fonte semblable à celui qu'emploient les jardiniers, mais moins pesant; on relève ensuite la fécule en tas, puis on la porte au bluteur mécanique.
9° Blutage de la fécule. Cette opération est faite mécaniquement; on jette la fécule sur la trémie A, (fig. 375) dont le fond en gros fil de fer à claires voies ne retient que les grosses mottes qu'un léger frottement diviset force à passer; elle tombe sur une première passoire percée au fonds et latéralement de trous comme une écumoire; un croisillon B, garni de brosses tournant sur l'axe commun D, E, force la fécule à passer; elle tombe sur une semblable passoire F, mais en toile métallique où le même moyen pousse plus loin la division; enfin un troisième tamis, semblable, mais plus on, achève de diviser au point convenable, à l'aide du troisième croisillon garni de brosses, la fécule qui se rend par le fend plein incliné vers le conduit antérieur où un sac la reçoit, à moins que l'on ne veuille la
AGRICULTURE.
Fig. 375.
mettre en magasin, et dans ce cas un conduit en bois, marqué M dans le plan d'ensemble, la laisse couler spontanément dans la chambre au rez-de-chaussée.
10° Emmagasinage de la fécule. Le peu d'altérabilité de cette substance permet de la conserver à tous les étages d'une maison; toutefois il importe qu'elle ne soit pas accessible à la poussière qui la salirait et pourrait la déprécier; d'une autre part on tient à ce qu'elle ne perde ni ne gagne d'eau; puisqu'on l'a amenée au terme de siccité commercial, il convient de la tenir dans un magasin au rez-de-chaussée ou même à quelques marches sous le sol; le sol et les parois sont d'ailleurs planchéis en sapin uni et des courans d'air ménagés entre les lambourdes préservent le bois du contact de la maçonnerie.
11° Conditions de la vente. La fécule se vend sous les denominations de fécule sèche et de fécule verte. Cette dernière, simplement égouttée représente, terme moyen, seulement les 2/3 du poids de la première et se vend un prix moins élevé encore que dans cette proportion, puisqu'elle coûte moins de main-d'œuvre et n'exige pas de combustible pour le séchage, mais l'élévation des frais de transport ne permettait pas de la consommer avantageusement loin des lieux de sa production.
On distingue quelquefois encore dans le commerce la fécule bien lavée et épurée comme nous l'avons dit, de la fécule brute ou non lavée. Celle-ci, recueillie sans autre lavage après le premier dépôt, se vend moins cher et sous ce rapport est quelquefois préférée par les grands consommateurs, tels que les fabricants de sirops communs, les brasseurs, etc.
§ III. — Falsifications de la fécule.
En quelque état que se vende la fécule, les transactions devraient toujours être ba-
TOME III. — :