cendre, selon l'obstacle plus ou moins grand qu'elles rencontrent, de sorte qu'elles agissent par leur propre poids; mais comme les meules roulent sur une surface plane, que leur contour est cylindrique et qu'elles décrivent un cercle sur la meule dormante, elles pivotent sur le milieu de leur épaisseur, de sorte que la graine est non-seulement écrasée par le poids des meules, mais encore froissée par ce mouvement de torsion et refoulée des 2 côtés. Ce mouvement empêche la graine de s'entasser et de faire corps sous la pression des meules. Les râcloirs H I fixés aux traverses tournent avec les meules, et ramènent sous leur action, le 1er la graine qui s'échappe vers le centre, le 2e celle qui s'échappe vers la périphérie. Lorsque le froissage de la graine est achevé, on décroche le bras du levier K; et le ramasseur J, se trouvant en contact avec la surface de la meule dormante, entraîne toute la graine par son mouvement et la fait tomber dans le bassin par la vanne G, qu'on ouvre pour lui livrer passage.
Les meules verticales sont maintenues, aux extrémités de leur essieu B, par des rondelles d'écartement l, qui appuient contre l'arbre C, et par des têtes assurées sur le bout de l'essieu par des clavettes. On peut faire varier l'épaisseur des rondelles d'écartement de manière que les 2 meules ne se trouvent pas à la même distance du centre du mouvement et que la surface battue soit plus grande. L'œil des meules est garni d'une boite de fonte portant des grains de bronze, et maintenue dans chaque meule au moyen de rondelles assujéties avec des boulons p, q.
Dans quelques huileries il y aplusieurs paires de meules, dont les unes servent à froisser et les autres à rebattre; dans d'autres, la même paire sert aux 2 opérations. Les meules sont souvent en granit; le porphyre, le grès, le marbre et la pierre calcaire dure et compacte sont aussi propres à cet usage. En Russie on se sert quelquefois de meules de fonte. Les meules des moulins ordinaires ont, le plus communément, de 2m à 2m,3 (6 à 7 pi.), sur une épaisseur de 0m,40 à 0m,45 (15 à 16 po.), non compris le biseau qu'on pratique à la face qui doit être placée extérieurement, et qui a 0m,06 à 0m,07 . Le poids d'une paire de meules est estimé de 7 à 8,000 kilogr. Les Hollandais en font qui ont jusqu'à 3m . (9 pi.) de diamètre sur une épaisseur de 0m,54 (20 po.).
Les meules font en général 11 tours par minute, et le temps du froissage d'une charge de 3/4 d'hectolitre (60 à 75 kilogr., suivant la nature des graines) est de 15 à 20 minutes, de sorte que dans une journée de travail on peut faire passer sous ces meules 15 à 20 hectolitres de graines, à peu près.
§ IV. — Du chauffage des pâtes.
Quand les graines ont été suffisamment froissées sous les meules verticales, souvent avec l'addition d'un peu d'eau, il faut soumettre la farine ou pâte à l'effort d'une presse puissante pour en extraire l'huile qu'elle contient. Quelquefois cette pâte est portée directement sous la presse, où elle fournit, au tordage, une huile vierge qui est plus agréable au goût et plus propre à servir d'aliment; c'est ce qu'on appelle faire de l'huile à froid. Mais en général les huiles, avant le tordage, sont exposées à une certaine température dans un appareil nommé chauffoir.
Les huiles se trouvent mélangées dans les graines avec de l'albumine végétale et du mucilage qui en altèrent la pureté, et qui, en s'écoulant avec elles sous l'action de la pression, donnent une combinaison pâteuse qui s'éclair-cit difficilement et passe promptement à la rancidité. D'ailleurs, on n'obtient pas ainsi par expression la totalité de la matière huileuse que les graines contiennent, et, pour l'extraire en totalité, il faut avoir recours à une élévation de température qui non-seulement donne plus de liquidité à l'huile, mais qui, en coagulant l'albumine et en desséchant le mucilage, permet à celle-ci de couler plus pure et en plus grande abondance.
Les chauffoirs sont ordinairement des vases de cuivre ou de fonte, dans lesquels on chauffe et on agite la farine de graines, jusqu'à ce que, pressée entre les mains, elle laisse couler facilement l'huile qu'elle contient. Ces chauffoirs sont à feu nu, au bain-marie ou à la vapeur. Voici la description d'un chauffoir à feu nu, construit par M. MAUDSLEY.
La fig. 394 est l'élévation latérale de ce chauffoir; la fig. 395 l'élévation et coupe faite pa-
Fig. 395. Fig. 394.
rallèlement à la face antérieure. A, foyer fermé à la partie supérieure par la plaque en fonte B; C, payelle reposant sur la plaque B et dans laquelle on met la graine, afin de l'exposer à une certaine température; les goujons a la maintiennent de 3 côtés et servent à la retenir; mais on peut, au moyen de l'une des oreilles b, l'amener vers les entonnoirs ou marrols D et faire tomber la graine suffisamment torréfiée dans des sacs qu'on suspend aux crochets c; l'agitateur E est destiné à empêcher la graine de brûler; il est attaché à charnière à la boîte coulante F, qui tourne avec l'arbre G, sur lequel il peut glisser. Cet arbre prend son mouvement au moyen de la roue d'angle H qui engrène une 2e roue I, mon-