il est composé d'un atome de potassium . . . . . . . . . . . . . . . 489,90 et d'un atome d'oxigène . . . . . . . 100 le poids atomique du protoxide de potassium est donc égal à . . . . . . 589,90
Ce que l'on connaît dans le commerce et dans les arts agricoles et manufacturiers, sous le nom de potasse, est en général formé de potasse caustique et de potasse carbonatée, mélangée avec plusieurs sels.
Les potasses viennent toujours de l'incinération de végétaux, et notamment en Amérique, en Russie, en Allemagne et en Toscane où les arbres sont très abondans sur certains points, et du lavage des cendres qui en résultent. La lessive, chargée de tous les sels solubles que contiennent les cendres, c'est-à-dire de carbonate de potasse, de sulfate de potasse, de chlorure de potassium (muriate de potasse), etc., évaporée à sec, procure le salin. Celui-ci, chauffé au rouge, donne la potasse vendable, le résidu insoluble (cendres lessivées) est composé de silice, d'alumine, de carbonate et de phosphate de chaux, d'oxide de fer, d'oxide de manganèse et de quelques parcelles de charbon échappées à l'incinération.
Le salin a presque toujours une couleur brune plus ou moins foncée, qu'il doit à la présence de l'ulmate de potasse, dont la proportion varie avec la température à laquelle il a été soumis. Par la calcination au rouge, l'acide ulmique se brûle; l'ulmate de potasse se transforme ainsi en carbonate, et la couleur brune du salin disparait, mais alors le résidu prend ordinairement une teinte rouge, ou bleuâtre. La première provient de la présence du péroxide de fer, la seconde est due au manganésiate de potasse, qui prend toujours naissance quand le salin contient du manganese et qu'on le chauffe au rouge avec le contact de l'air.
Par une calcination ménagée, la potasse devient blanchâtre, légère et pulvérulente. Si ou pousse davantage le feu, elle fond et produit des masses dures et compactes.
La préparation de la potasse est facile: On réduit d'abord en cendres les végétaux que l'on veut exploiter. Pour cela, on pratique, une grande fosse en terre; le fond et les parois doivent en être bien battus; on y jette successivement les arbres et les plantes que l'on veut brûler, après avoir mis le feu au tas, et on laisse le tout se consumer jusqu'à parfaite incinération. Si le feu était trop vif, il y aurait beaucoup de cendre entraînée par les courans d'air. On met ensuite les cendres à couvert dans un hangar, afin de les garantir des eaux pluviales. La cendre vieillie est plus facile à laver que celle qui est récente, parce qu'elle se mouille mieux, ayant déjà absorbé de l'humidité dans l'air. Il convient de l'humecter d'avance, à l'aide de 4 à 8 pour 0/0 d'eau, lorsqu'on ne peut la laisser assez long-temps à l'air.
Après avoir légèrement tassé les cendres sur un filtre A (fig. 420), formé d'un tonneau
Fig. 420.
défoncé, muni d'un faux fond percé de trous, on les soumet à 3 lavages. Le 1er fournit une lessive assez riche, le 2e une lessive plus faible, le 3e une lessive encore moins chargée; les eaux de lavages sont repassées sur de nouvelles cendres d'un 2e tonneau B, puis après avoir traversé celui-ci, sur un 3e C, jusqu'à ce qu'on les ait amenées à 15o de l'aréomètre de BAUMÉ, environ; alors elles sont bonnes à évaporer.
Pour que ces lavages se fassent avec promptitude et pour qu'ils aient un effet assuré, il est bon d'y employer de l'eau chaude. A cet effet, on dispose une chaudière qui chauffe l'eau destinée au premier lessivage, ainsi que les lessives qu'on veut repasser sur de nouvelles cendres. Pour que le lessivage par filtration soit facile, on pose sur le double fond percé de trous une couche mince de paille avant de le charger de cendres humides. Un perfectionnement notable consiste à placer un tube vertical de 5 à 6 lig. de diamètre, qui laisse échapper l'air chassé entre les deux fonds; enfin on doit laisser la superficie des cendres toujours couverte de liquide, en ménageant l'écoulement au robinet; cela régularise la filtration et prévient les fausses voies. Il est bon de laisser pendant 8 ou 10 heures les cendres ainsi immergées avant de commencer le soutirage, qui peut ensuite être continu mais très lent.
On commence l'évaporation des lessives à 15° dans des chaudières de tôle; on la termine dans une chaudière en fonte. Le résidu qu'on obtient ainsi est le salin, que l'on détache à l'aide d'un ringard et que l'on emmagasine. La disposition générale d'un atelier est facile à comprendre : Un long fourneau (fig. 421) supporte trois chaudières accoïées; deux