suivant les saisons, les terrains et les engrais.
D'après les expériences de VAUQUELIN,
DARCET et PERTUIS, on voit que :
100 kil. bois de chêne, hêtre, tremble charme donnent en salin de. . 160 à 200 gram.
100 kil. sureau, faux-ébé-
nier, noisetier. . . . . 315 à 250
100 kil. orties, chardons des
grains, fougère, glayeuls 1000 à 500
100 kil. de marrons d'Inde. 1750
SECTION II. — Cendres gravelées.
Sous le nom de cendre gravelée, on désigne plus spécialement la potasse qui provient de la combustion des lies de vin. Cette opération peut se pratiquer avec avantage dans tous les pays vignobles; elle repose sur l'existence du bitartrate de potasse dans lalie. Ce sel y existe en assez grande quantité, mais il y est mêlé de diverses matières organiques, de sulfate de potasse et de quelques autres sels. Quand on peut le faire, il vaut mieux en extraire le bitartrate de potasse, qui a bien plus de valeur que la potasse qu'il peut fournir, et il suffit pour cela de dissoudre à chaud, laisser déposer et cristalliser: toutefois, si les dépôts sont pauvres en tartrate, on les traite de la manière suivante :
Quand le vin est soutiré, on rassemble les lies qui en proviennent dans des tonneaux, où on les laisse en repos. Au bout de quelques jours, on soutire le vin qui s'est séparé du dé pôt épais, et on place celui-ci dans des sacs, que l'on met sous presse. Dans chaque sac on met 18 kilog. de lie décantée; quand la matière est suffisamment pressée, on la sort des sacs sans briser le pain qu'elle forme, puis ou termine la dessiccation à l'air. Chaque pain est courbé en forme de tuile faitière, et posé debout sur un plancher ou un sol battu, pendant quelques jours. On peut exposer au soleil à cette époque tous les pains essorés, et les sécher ainsi, au point de pouvoir être cassés net et avec bruit; chaque pain doit peser environ 3 kilog.
La lie est alors bonne à brûler. On opère cette combustion au dehors, sur une aire bien battue, que l'on a entourée d'un mur ou abri de 2 mètres de diamètre sur 25 centimètres de hauteur. Ce mur est fait en briques ou tuiles, sans mortier. Au milieu de cette enceinte, on dispose un fagot de menu bois, que l'on entoure d'une vingtaine de pains de lie pour commencer la combustion. Dès que ceux-ci sont bien enflammés, on en ajoute de nouveaux. On continue de la sorte, en élevant le petit mur à mesure que l'on accroît le tas. On s'arrête quand on a mis environ mille pains de lie dans le four. La combustion doit se faire de manière à n'être ni trop lente ni trop active. On a observé qu'elle s'opérait mieux avec les lies récentes qu'avec celles qui avaient éprouvé une fermentation dégageant des gaz putrides.
3000 kilog. de lies ainsi brûlées fournissent 500 kilog. de cendres gravelées. Celles-ci sont ordinairement blanches et parsemées de morceaux tachetés de bleu ou de vert; leurs saveur est brûlante, elles donnent environ la moitié de leur poids de potasse de bonne qualité.
Les diverses cendres dont on a extrait des sels solubles par les moyens ci-dessus indiqués en retiennent toujours quelques traces; elles contiennent d'ailleurs plus ou moins de carbonate de chaux. Par ces deux raisons elles peuvent être employées sur les terres en culture comme de bons amendements calcaires, doués d'une légèreaction stimulante, capables d'ailleurs d'alléger graduellement la couche arable des sols argileux et compactes.
Certaines cendres neuves, trop pauvres en alcali pour être employées à l'extraction de la potasse ou même au lessivage et blanchissage du linge, comme celles de la tourbe et du bois flotté, peuvent être utilement appliquées à l'absorption de divers liquides chargés de matières azotées (sang, urine, etc.) et servir ensuite d'engrais. Nous indiquerons, à la fin de cet article, la composition et les usages communs et spéciaux des diverses potasses et soudes commerciales.
SECTION III. — Soude de warech.
On connait dans le commerce sous le nom de soude de warech un produit que sa composition range en réalité parmi les potasses. Cette substance se prépare sur les côtes de la Normandie, au moyen de plantes marines connues sous le nom de goëmon ou fucus, qui peuvent flotter sur l'eau. Cette propriété permet d'en former des radeaux que l'on fait arriver aisément aux endroits où ils doivent être des séchés et brûlés.
La combustion du goëmon se fait dans une fosse, et à mesure que le résidu de l'incinération entre en fusion il ser rassemble en masses; c'est la soude brute qu'employient les verre-ries à bouteilles. Pour en extraire les sels de warech, on lessive cette soude et on évapore la liqueur par des moyens analogues à ceux que nous avons décrits ci-dessus. Les caux-mères retiennent les combinaisons d'iode; c'est de là qu'on extrait ce corps simple employé notamment en médecine pour le traitement des goîtres, dans les arts pour la préparation de l'iodure de mercure, et dans les laboratoires pour déceler la présence de l'amidone, etc. Les sels qu'on extrait des soudes brutes de warech par le lessivage contiennent en poids:
Sur 100 parties { Sulfate de potasse. . . 19
Chlorure de potassium 25
Sel marin. . . . . . . 56
M. GAY-LUSSAE a donné cette composition comme la moyenne de plusieurs essais. Ces sels sont d'un grand intérêt par leur richesse en potasse, qu' permet de les appliquer à la fabrication de l'alun et à celle du salpêtre. On reconnaît les sels de warech à la présence de quelques traces d'iodure de potassium; ou peut en séparer une grande partie du sel marin par précipitation à chaud; les autres sels cristallisent par refroidissement. Le sel marin ainsi obtenu peut servir aux bestiaux ou être employé dans les mélanges réfrigérans.
Le carbonate de soude, qui constitue la substance utile des sourdes naturelles, s'extrait, on France, en Espagne, etc., des plantes qui croissent sur le bord de la mer. Celles-ci contiennent de l'oxalate de soude qu'on trans-