vité, en sorte qu'ils arrivent moins altérés dans le récipient C.

Cependant, la disposition qui nous reste à décrire réunit bien mieux encore toutes les conditions favorables; elle est d'ailleurs très avantageusement employée dans l'Amérique septentrionale, contrée d'où l'on tire les meilleurs goudrons.

On voit à la 1re inspection de la fig. 446 que Fig. 446.

la forme des parois de la cavité A, en entonnoir peuévasé, permet de placer toutes les büchettes debout, légèrement inclinées. Une grille ou une plaque circulaire B, perforée de trous ayant 8 à 10 lig., facilite l'arrangement de la fiè rangée, et laisse un libre écoulement aux produits fluides.

On remplit de la même manière toute la cavité, mais on n'élève pas de bûchettes au-dessus de ses bords; on se borne à recouvrir de débris, de branchages et de copeaux toute la superficie. On place sur ces derniers des feuilles ou de la paille, puis des gazons ou quelquefois des plaques en pierre; on ménage une cheminée au centre et plusieurs ouvertures, afin de commencer la combustion au-dessus du dernier rang de bûchettes. Cette combustion s'entretient lentement par les gaz inflammables émanés peu à peu des couches inférieures et la température ne s'élevant que par degrés de haut en bas, opère mieux que par les deux précédentes méthodes l'extraction des matières résineuses, puis ensuite la carbonisation du bois dont les produits condensés se rassemblent dans le récipient C.

Goudrons obtenus par ces différens procédés.

De même que celui qui est meilleur et que l'on se procure à l'aide des débris plus résineux, tels que tresses en paille ayant servi à la filtration de la térébenthine, ourles ou cicatrices des écorces des pins épuisés, copeaux des racines, etc., tous ces goudrons, après avoir été séparés de l'eau acide et soumis un instant à l'ébullition, peuvent être employés pour imprégner les bois, les cordages, etc., et les défendre de l'action de l'eau ou de l'air humide. La meilleure qualité dans laquelle on fait fondre un poids égal de galipot donne un brai peu foncé dit brai américain, que l'on regarde comme le meilleur pour le calfatage des vaisseaux.

On prépare une autre sorte de brai en faisant bouillir le goudron jusqu'à ce qu'il ait perdu assez d'huile essentielle pour avoir la consistance convenable; lorsque cette opération se fait en chaudières ouvertes, toute la vapeur huileuse est perdue. Il est donc bien préférable de rapprocher au même degré le goudron dans une sorte d'alambic analogue à celui que nous avons décrit pour la fabrication de l'huile de résine (voir p. 395).

Le produit volatil se distille alors, et, condensé dans le réfrigérant, il fournit une huile essentielle foncée applicable à rendre siecatives les peintures foncées, sur les objets à l'extérieur des habitations, ou quel'on peut encore destiner à la fabrication du gaz propre à l'éclairage.

Le brai gras peut être utilise, non-seulement aux usages ordinaires de la marine, mais encore dans la confection d'un mastic bitumineux, dont les applications acquièrent chaque jour plus d'importance, et dont la fabrication ainsi que celles d'huiles très volatiles, mieux épurées et appliquées dans ces derniers temps, utilise les résidus de l'éclairage au gaz (goudrons et brai gras de houille, de résine et des bitumes naturels).

SECTION V. — Usages principaux de la résine du galipot et des térébenthines.

Les térébenthines entrent dans la composition de plusieurs vernis gras et alcooliques; on les emploie dans la thérapeutique et surtout dans la médecine vétérinaire; elles servent à préparer plusieurs mastics pour assurer la fermeture hermétique des grosses bouteilles et dames-jeannes, et pour la cire commune à cacheter les bouteilles à vin; on en ajoute quelquefois une petite quantité dans les cires à cacheter usuelles, afin de les rendre plus faciles à s'enflammer. On les méange en certaines circonstances avec les résines exotiques; enfin on en distille la plus grande partie pour en extraire la résine sèche et l'huile volatile ou essence.

Les applications de la résine sont nombreuses et de jour en jour plus importantes; les plombiers et chaudrouniers en font fréquemment usage pour prévenir l'oxidation de l'étain pendant leurs soudures. En l'épurant par fusion, repos et décantation, on en prépare de la belle colophane translucide; distillée à sec, elle donne quelques centièmes d'essence de térébenthine, puis se convertit presque totalement (à 10 ou 15 p. 0/0 près) en huile fixe, comme nous l'avons vu plus haut. On applique soit cette huile, soit la résine directement à préparer le gaz-light, qui, sous un volume moitié moindre, éclaire autant que le gaz de la houille, et ne contient pas comme ce dernier d'acide sulfhydrique (hydrogène sulfuré). Ces 2 particularités expliquent la préférence qu'on donne pour la fabrication du gaz portatif, et dans quelques établissements à la résine ou à son huile; on trouve dans les produits condensés du gaz de résine une huile fixe brune et une huile essentielle très volatile, que l'on peut épurer; toutes ces huiles peuvent s'appliquer à la peinture et la dernière dans la préparation des vernis. Un mélange de térébenthine et de cire donne un mastic hydrofuge, employé avec succès à chaud pour rendre le plâtre imperméable. Dans les environs des pi-