§ 1er. — Organes des sens.

Les organes des sens sont les parties au moyen desquelles les animaux établissent leurs relations avec les objets extérieurs. Placés à la limite du corps, ces organes reçoivent les impressions venues du dehors, et les transmettent aux centres nerveux avec lesquels ils communiquent au moyen de nerfs spéciaux.

La peau est l'organe du tact, la langue est l'organe principal du goût, la membrane pituitaire est le siège de l'odorat, les yeux sont les organes de la vision, les oreilles composent l'appareil de l'audition.

1o Du tact.

La peau, dont nous avons fait connaître l'organisation en traitant du système tégumentaire, est l'organe du tact. Elle forme à la surface du corps un vêtement qui, par sa sensibilité, met les animaux en rapport avec les propriétés des objets extérieurs, et, par sa résistance, les garantit jusqu'à un certain point de leur action malfaisante. L'enveloppe cutanée, dont les facultés tactiles sont tous jours plus développées là où elle offre le moins d'épaisseur et une moindre quantité de poils, est en outre un organe d'exhalation et d'absorption.

2º Du goût.

La langue est regardée comme l'organe principal de cette sensation. Ses parties constituantes sont : 1° une membrane muqueuse hérissée de papilles; 2° une masse musculeuse qui promène et applique cette membrane sur les corps introduits dans la bouche. Les nerfs spéciaux de ce sens sont le lingual et le glosso-pharyngien de chaque côté.

3º De l'odorat.

Situé dans l'épaisseur de la face, à l'entrée des voies respiratoires, l'appareil de l'odorat se compose de deux cavités anfractueuses, les cavités nasales, que tapisse une membrane d'une structure éminemment vasculaire et érectile. Les nerfs spéciaux de cette sensation sont l'éthmoidal et plusieurs branches du trifacial.

4 De l'audition.

Les oreilles, organes au moyen desquels les animaux perçoivent les vibrations de l'air, sont constituées par une succession de cavités qui sont dans l'ordre physiologique :

1° L'oreille externe, sorte de cornet cartilagineux ou de pavillon collecteur des ondes sonores, que l'animal dirige à volonté dans tous les sens et avec une très-grande rapidité.

2° L'oreille moyenne ou tympan. Cette cavité intermédiaire entre l'oreille externe et le la- byrinthe est traversée par une chaîne d'osse- lets, et fermée par deux membranes sèches, qui son' opposées comme le sont les deux peaux d'une caisse militaire, à laquelle cette partie de l'oreille a été comparée. Le tympan,

que l'on regarde comme un modérateur des sons, communique avec l'arrière-bouche au moyen des trompes d'Eustachi.

3° L'oreille interne ou le labyrinthé, partie essentielle de l'audition, est une cavité très-irrégulière, divisée en plusieurs compartimens, qui sont le vestibule, les canaux demi-circulaires au nombre de trois, et le limaçon, dans lequel s'épanouit le nerf auditif par lequel les vibrations de l'air sont perçues et transmises au cerveau.

5º De la vision.

Les organes préposés à l'exercice de cette fonction sensoriale, sont : 1° les yeux, que contiennent et protégent les cavités orbitaires ; 2° les paupières; 3° des muscles, 4° enfin l'appareil lacrymal, destiné à lubrifier le globe de l'œil et à favoriser l'exercice de ses fonctions.

A) Parties accessoires. Des paupières.— Placées au-devant du globe de l'œil qu'elles recouvrent ou laissent à découvert, suivant qu'elles s'écartent ou se rapprochent, les paupières sont au nombre de deux principales, l'une superieure, l'autre inférieure; une troisième, située en dedans de l'angle inférieur que forment les deux premières en se réunissant, a reçu le nom de corps clignotant; un cartilage en forme la base.

Les parties qui entrent dans la structure des paupières proprement dites sont :

1° Deux segmens cartilagineux, nommés cartilages tarses, qui empêchent le plissement de leur bord libre; 2° une membrane fibreuse qui nait du rebord de la cavité orbitaire et vient s'insérer aux cartilages précédemment indiqués; 3° du tissu cellulaire séreux; 4° une couche cutanée, remarquable par sa ténuité. Les cils, dont l'usage est d'arrêter les corpuscules tenus en suspension dans l'air, sont une dépendance de ce dernier vètement; 5° une couche musculeuse formée par le muscle orbiculaire, à laquelle s'ajoute, dans la paupière supérieure, l'aponévrose d'un muscle particulier qui en détermine l'élévation, 6° un revêtement muqueux formé par la conjonctive, membrane qui unit les paupières au globe de l'œil; 7° des follicules sébaces, encore nommés glandes de Meibomius, sécrètent une matière poisseuse qui enduit le bord libre des paupières et s'oppose à l'écoulement des larmes au-devant de ces voiles protecteurs; 8° enfin la caroncule lacrymale, autre groupe de follicules placé, à la manière d'une petite borne, en dedans de l'angle interne des paupières, et entre les deux points lacrymaux, vers lesquels elle dirige les larmes, après les avoir, pour ainsi dire, tamisées au moyen des poils dont sa surface est hérissée.

Les paupières protégent les parties essentielles de la vision contre l'action de la lumière, de l'air et des corps étrangers que ce fluide gazeux tient en suspension. Elles essuient continuellement le globe de l'œil et étalent les larmes à sa surface.

B) Des muscles de l'œil.—Les muscles moteurs du globe de l'œil, au nombre de sept, et distingués en droits et obliques, sont contenus avec un coussinet adipeux dans une gaine fibreuse de forme conique, qui complète la cavité orbitaire.