C) De l'appareil lacrymal. — Cet appareil, destiné à la sécrétion et à l'excrétion des larmes, comprend :

1° Un organe sécréteur, la glande lacrymale, située en dessous de l'arcade orbitaire; 2° les conduits excréteurs de cette glande au nombre de dix à douze, qui viennent s'ouvrir à la face interne de la paupière supérieure où ils déposent les larmes; 3° les points lacrymaux, espèces de pertuis, au nombre de deux, un pour chaque paupière, par lesquels s'écoulent les larmes; 4° les conduits lacrymaux, au nombre de deux, étendus des points lacrymaux au sac lacrymal; 5° enfin le sac lacrymal et le conduit du même nom, constituant un seul et même canal, qui s'étend de l'angle nasal de l'œil au meât inférieur des fosses nasales, où les larmes sont déposées.

Parties essentielles.

De même que tous les organes des sens spéciaux, l'œil offre dans son organisation un appareil nerveux spécial et agent immédiat de la fonction, c'est le nerf optique (U) et son épanouissement, la rétine, au-devant duquel est placé un appareil de dioptrique, une chambre noire dans laquelle les rayons lumineux sont réfractés, concentrés et gradués.

Les parties composantes du globe oculaire sont des membranes et des humeurs. La figure 84 représente une coupe antéro-posté-

Fig. 84.

rieure du globe oculaire, et la direction que prennent les rayons lumineux en traversant les différens milieux de l'œil.

a) La sclérotique, membrane blanche très-résistante, présente deux ouvertures l'une postérieure, par laquelle le nerf optique pénètre dans l'air, l'autre antérieure, beaucoup plus grande, sur la circonférence de laquelle s'enchâsse la cornée lucide, à la manière d'un verre de montre sur son drageoir.

b) La cornée lucide, ainsi nommée à cause de sa transparence, est une membrane lamelleuse, à laquelle la moindre infiltration donne de l'opacité. A raison de sa forme convexe et de sa densité supérieure à celle de l'air, la cornée lucide réfracte les rayons lumineux qui la traversent.

c) La choroïde, membrane éminemment vasculaire dont le brillant métallique de la face interne forme le tapis, est percée en arrière d'une ouverture destinée au passage du nerf optique. Antérieurement, la choroïde, après s'être attachée à une zone grisâtre circulaire nommée cercle, anneau ou ligament ciliaire (D), donne naissance à une multitude de prolongemens plissés et recourbés sur eux-mêmes; ce sont les procès ciliaires choröïdiens (E), qui s'engrènent, en s'avançant vers la circonférence du cristallin, avec d'autres procès ciliaires appartenant au corps vitré.

d) L'iris, ainsi nommé en raison des couleurs variées qu'il présente, est une cloison membraneuse, érectile, percée à son centre d'une ouverture nommée pupille, au moyen de laquelle s'établit la communication entre les deux chambres de l'œil; par sa grande circonférence, l'iris est attaché au cercle ciliaire.

c) La rétine, membrane pulpeuse blanchâtre, formée par l'épanouissement du nerf optique et moulée sur le corps vitré, semble se terminer à la circonférence des procès ciliaires hyaloïdiens auxquels elle adhère assez fortement. La rétine est l'organe immédiat de la vision.

E) Des humeurs de l'œil. — Ces humeurs, qui sont le corps vitré, le cristallin et l'hu- meur aqueuse, forment avec la cornée lucide déjà indiquée les différens milieux au travers desquels s'opère la réfraction des rayons lumineux qui pénètrent dans l'œil.

a) Du corps vitré.— Le corps vitré (H), ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec du verre fondu, constitue une masse sphéroïde excavée antérieurement pour loger le cristallin. Ce corps est formé par un liquide contenu dans une membrane nommée hyaloïde (J), qui, après lui avoir formé une enveloppe générale, fournit des prolongemens lameilleux qui le séparent en une multitude de petites masses. Parvenue près du cristallin, cette membrane parait se diviser en deux lames, dont l'une passe en avant, et l'autre en arrière de ce corps; de la séparation de ces deux lames, résulte un canal triangulaire, qui a été décrit par PETIT, sous le nom de canal godronné (J); de la partie antérieure de cette membrane, l'on voit se détacher une lame circulaire rayonnée, c'est la couronne ciliaire (K) ou les procès ciliaires du corps vitré qui s'engrènent avec ceux de la choroïde.

b) Du cristallin. — Le cristallin (L) est un corps lenticulaire mollasse, et transparent comme le cristal, situé au fond de la chambre postérieure de l'œil, dans l'excavation que lui présente le corps vitré; une capsule propre, nommée cristalline (M), contient la substance propre du cristallin et en offre la transparence.

c) De l'humeur aqueuse. — On donne ce