seules du ressort de l'agriculture; la 4°, exigeant des capitaux et des bâtimens assez considérables, des connaissances étendues et une surveillance de tous les instans, rentre dans le domaine des manufactures et ne doit pas nous occuper ici.

Tout le monde connaît la manière de filer au fuseau, et sait que la matière textile, lin ou chanvre, est chargée mollement sur une quenouille, bâton de roseau ou de bois léger, et que la fileuse tenant cette quenouille à sa gauche, attire peu à peu la filasse avec sa main gauche, forme un boat de fil qu'elle roule sur l'extrémité du fuseau, qu'elle fait aussitôt tourner avec sa main droite, pour donner à ce fil le degré de tors convenable. L'aiguillée étant faite, c'est-à-dire le fuseau étant arrivé à terre, la fileuse envide le fil sur ce fuseau et recommence comme précédemment. Elle asoin, pour unir son fil, de le mouiller, soit avec sa salive, soit avec de l'eau contenuedans un petit gobelet de fer-blanc placé convenablement pour qu'elle puisse y tremper les doigts. Le fuseau, long d'environ 5 à 6 po., est en bois léger, de forme arrondie, renflé au milieu. La pointe par laquelle on lui imprime le mouvement est en fer; son extrémité est sillonnée en vis allongée, et se termine par une petite coche sous laquelle passe et s'arrête le fil, où il éprouve un léger frottement, qui suffit pour soutenir le fuseau en l'air.

Ce mode de filage n'est pas expéditif et n'est guère pratiqué que par des femmes âgées qui ne pourraient se livrer à d'autres travaux, ou par des bergères; mais il procure un beau et bon fil, qu'on emploie plus particulièrement à coudre.

On file au rouet de bonne femme des fils de toutes les grosseurs, et c'est avec cet instrument qu'on travaille les fils de Malines ou fils de mulquinerie, qui servent à la fabrication et au raccommodage des dentelles, et à faire les batistes et les linons, et qui se vendent depuis 2 jusqu'à 3,000 francs la livre.

Il existe des rouets de différentes formes, et qui se tournent les uns avec le pied, les autres à la main. Les rouets sont en général composés d'une roue très légère de 20 à 24 po. de diamètre, qu'on fait tourner à l'aide d'une manivelle ou d'une pédale, et qui met en mouvement, au moyen d'une corde ou d'une petite courroie, une broche horizontale garnie d'une petite poulie ou noix placée dans le plan vertical de la roue. Cette broche porte une bobine et des ailettes comme les broches des machines à filer le coton par mouvement continu. Le fil, partant de la quenouille, est passé dans l'œillet de l'aillelette qui le maintient perpendiculairement à la bobine et facilite son enroulement sur elle; alors la fileuse, faisant tourner la roue, continue de tirer la filasse par portions égales et à tourner d'un mouvement léger, doux et régulier; et c'est de la combinaison de ce mouvement et de celui de l'aillelette que résulte lerenvidge et le degré de lors du fil.

L'art de la fileuse, soit au rouet, soit au fuseau, consiste à ne prendre chaque fois que ce qu'il faut de filasse pour former un fil fin égal et fort en même temps, et à lui donner toujours le même degré de tors. La beauté et la qualité de ce fil dépendent en grande partie des

AGRICULTURE.

soins et de la dextérité de l'ouvrière, et la filasse la mieux choisie produit des fils de différens prix, suivant l'habileté de la fileuse. La finesse, la force et l'uni constituent la perfection dans ce genre.

Afin de ne pas accumuler trop de fil au même endroit sur la bobine, ce qui ferait changer son degré de tors et sa force, on a cherché à le distribuer également sur toute la longueur de la bobine. Le moyen employé depuis longtemps consistait à garnir l'aillelette sur les côtés de crochets en laiton ou épingliers sur lesquels on rejetait successivement le fil, à mesure que les tours ou rangées formaient sur le point correspondant de la bobine un bourrelet ou renvidage suffisant. Ce moyen, comme on le voit, est imparfait, et on doit préférer pour cet objet le rouet continu anglais de SPENCE, où le fil se roule également sur la bobine à mesure que la fileuse le produit, sans qu'elle ait besoin de s'arrêter pour changer le fil de crochet ou d'épinette.

Voici la description de ce rouet (fig.338 et 339):

Fig. 338.

Fig. 339.

AB plateau horizontal en bois sur lequel sont fixés les 2 montars C, E, D, F, qui portent vers le milieu l'axe à manivelle PV de la roue GH, et vers leur sommet la broche CD qui tourne dans des oreilles de cuir. I, poulie fixée sur la broche dans le même plan vertical que la roue GH. K, bobine placée librement sur la broche, dont une des têtes porte une gorge comme la poulie, mais d'un diamètre plus petit d'environ un quart. Une même corde les embrasse l'une et l'autre, et, d'après leur diamètre, la bobine tourne un quart plus vite que la broche. L'aillette a la faculté, tout en tournant avec la broche, de se mouvoir dans le sens de sa longueur, de manière à distribuer le fil sur toute la longueur de la bobine. A cet effet, le levier N, articulé au point O et embrassant à fourchette la tête de l'aillette, reçoit un mouvement de va et vient, au moyen de l'excentrique M, attaché à une roue d'engrenage que mène la vis sans fin Q. Un ressort R tient toujours le levier N appliqué contre l'excentrique. Les têtes de la broche et de l'aillette sont forées, et c'est par ce

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