trou que le fil passe et arrive sur la bobine où il s'enveloppe par l'effet de la différence de vitesse qui existe entre la broche et cette bobine. S est la pédale avec laquelle on fait tourner la roue, et T la quenouille.
On doit à M. LEBEC, de Nantes, un nouveau système de filature du lin et du chanvre avec un rouet à volant et à ressorts élastiques, et au moyen d'une poupée volante, qui offre le triple avantage de faciliter le travail, d'augmenter le produit et surtout de donner un fil d'une qualité supérieure. Commençons par décrire le rouet nouveau.
On sait que le renvidage du fils sur les rouets ordinaires se fait au moyen d'une pression légère qu'on exerce sur l'un des côtés de la bobine pour ralentir son mouvement; cette pression, qui est continue, a l'inconvénient d'occasionner deux frottemens : celui de la bobine contre la petite corde, et celui de cette bobine sur la broche. Ce double frottement, qui produit la rupture des fils fins, ne permet qu'avec difficulté de les obtenir sur le rouet ordinaire mû par le pied. Le rouet de M. LEBEC résout ce problème. Ce rouet est vu en élévation et de côté dans la fig. 340, par derrière dans la fig. 341. La fig. 342 est le plan de la partie supé- rieure du rouet, et la fig. 343, la bobine montée sur la broche, vue séparément. AA sont 4 montans assemblés par des traverses BCDE. Entre les montans est disposée une roue verticale J, dont l'axe porte une manivelle à laquelle est attachée d'une part une corde L, communiquant avec la pédale H que le pied de la fileuse fait mouvoir, et de l'autre un ressort à boudin élastique N, qui fait agir 2 leviers cintrés à bascule K, dont on verra plus bas l'usage. La roue J est entourée d'une corde O qui passe sur la poulie P, montée sur la broche v, et lui imprime un mouvement rapide de rotation. La pression de cette poulie contre la bobine y, au lieu d'être continue, est intermittente; elle s'exerce par 2 ressorts élastiques q, enveloppant une virole polie, faisant corps avec la bobine, l'un au-dessus et l'autre en dessous (fig. 342 et 343). L'intermittence se fait par la tige à bascule o, en acier, placée horizontalement et parallèlement à la broche; elle offre à la partie postérieure 2 petits leviers cintrés kk ; un plus court à droite pour soutenir un contre-poids t, qui concourt a faire remonter la tige o; l'autre plus long auquel est attaché le ressort élastique N (fig. 340 et 341). La tige à bascule o est munie d'un petit crochet auquel sont attachés les ressorts élastiques q, et de 2 coussinets pour la porter et la maintenir en place. En faisant tourner la roue J, on imprime à la tige à bascule o, et conséquemment à son crochet, des mouvements d'élevation et d'abaissement qui se communiquent aux ressorts q, lesquels, étant alternativement tendus et relâchés, exercent unepression intermittente sur la virole de la bobine y. Les ressorts q étantréunisàleur autre extrémité à un cordon passant sur une cheville s, on peut les tendre au degré convenable en tournant cette cheville. Il en est de même du grand ressort N, auquel est attaché le ressort u, muni également d'un cordon enveloppé sur une cheville s'. La pression sur la bobine étant très faible, au moyen de cette disposition, on peut filer les fils les plus fins. Le roueta toute la solidité et la fixité nécessaires pour ne pas éprouver de vibrations pendant le filage. Pour adoucir et régler les mouvements, un volant est placé sur la tête de la broche v; il se compose de 4 petites masses, dont 2 sont munies de tiges, servant, au moyen du crochet glissant o, d'épinglier. Les montans A sont implantés sur un plateau F, réuni au marche-pied G par une colonne I, au moyen d'un écrou.
Fig. 340.
Fig. 341.
Fig. 342.
Fig. 343.
La poupée volante est représentée en élévation et vue de profil dans la fig. 344, et pardessus dans la fig. 345. La fig. 346 est un peigne circulaire vide de face et ouvert, et la fig. 347, les 2 brosses vues de face et fermées. Elle se compose d'une planchette inclinée B, le long de laquelle monte et descend un chariot E, porté par de petits galets a a. Cette planchette, solidement fixée sur le socle A, lequel est assemblé avec les montans de gauche du rouet, est soutenue par un support C et munie à sa partie supérieure d'une traverse portant 2 poulies D F, sur lesquelles passent les cordons I et t. Le chariot E, ou la poupée volante proprement dite, est formé d'une petite planchette moins épaisse et moins longue que le plan B et portant de chaque côté des gui-