après, remplis de sel. Après les avoir enlevés, on les laisse égoutter et se dessécher à l'é-tuve, puis après avoir nettoyé l'extérieur à la brosse ou les envoie à la vente.

SECTION II. — Extraction du sel des eaux salées.

On obtient du sel en menus cristaux par l'évaporation spontanée ou artificielle des eaux de la mer ou des eaux de sources salées; et enfin par l'évaporation de l'eau que l'on a saturée de sel, en la faisant séjourner dans les cavités au milieu des mines mêmes. Ce dernier mode d'extraction est même généralement préféré, en raison de ce que les produits qu'il donne sont immédiatement applicables, tandis que le sel extrait en blocs exige un triage, un broyage et souvent la refonte de la plus grande partie; qu'enfin les frais d'évaporation sont très peu plus dispendieux. Le sel marin, que l'on obtient par tous ces procédés, revient à très bon marché; c'est, de tous les sels solubles trouvés dans la nature, celui qui coûte le moins de prix d'extraction.

Dans les pays méridionaux, pendant l'été, l'évaporation des eaux de la mer se fait spontanément par les courans naturels de l'air atmosphérique. À cet effet, on forme, dans un terrain argileux, des fossés d'une grande étendue et très peu profonds, séparés les uns des autres par des languettes de la même terre; à l'aide de rigoles ou y introduit l'eau de la mer et l'on ferme l'accès par une sorte de vanne; on en ajoute ainsi de nouvelles quantités au fur et à mesure que l'évaporation a lieu. Ces dispositions du sol, connues sous le nom de marais salans, forment une série de réservoirs creusés sur les bords de la mer; nous les indiquerons successivement en y montrant la marche des eaux qui s'y doivent concentrer.

§ 1er. — Exploitation des marais salans.

L'eau de la mer, outre le sel marin, contient plusieurs sels moins abondans dont les proportions sont indiquées ci-dessous. Cette eau renferme en outre des substances organiques dont l'une d'entre elles produit, au moment du salinage, un phénomène curieux que nous décrirons plus loin.

Composition de l'eau de mer.

Sel marin ou chlorure de sodium. . .2,50
Chlorure de magnésium. . . . . . .0,35
Sulfate de magnésie. . . . . . .0,58
Carbonate de chaux et de magnésie.0,02
Sulfate de chaux. . . . . . . .0,01
Eau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96,54
100,00

La quantité d'eau à évaporer est donc fort grande; mais, dans les marais salans bien placés l'évaporation est assez rapide pour qu'on obtienne le sel-à un prix très modique. Il est convenable de placer les marais sur une plage unie dont le sol soit argileux et mis à l'abri des marées. L'eau de la mer est conduite d'abord dans un 1er réservoir A (fig.515), appelé jas, par

Fig. 515.

une écluse ou varaigne E. Ce réservoir doit contenir une hauteur de 2 pi. d'eau au moins et 6 pi. au plus. Dans ce jas l'eau de mer commence à dégager de la vapeur, mais surtout elle se déponuille des corps qu'elle tenait en suspension. Au moyen d'un tuyau souterrain ou gourmas, on la fait passer dans une suite de bassins moins profonds c. c, c, nommés couches ; de ceux-ci, au moyen du faux-gourmas (autre tuyau souterrain placé en f), elle passe dans le mort M; c'est un canal qui fait tout le tour du marais et auquel on donne jusqu'à 4,000 mèt. de développement. Le mort amène l'eau dans de nouveaux bassins t, t,