connus sous le nom de tables; de ceux-ci elle passe dans une série de bassins semblables m, m, désignés sous le nom de muant; du muant l'eau arrive enfin dans les aires a, a, a, a où s'achève son évaporation; elle y parvient par des canaux b, b, b, nommés brassours, qui chacun versent l'eau dans 4 aires par des conduits souterrains qu'on ouvre et qu'on ferme à volonté à l'aide de tampons. L'eau arrive très concentrée dans les aires et ne tarde pas à y saliner. Le dépôt du sel s'annonce ordinairement par une teinte rougeâtre qui se développe dans l'eau et vient à la superficie. Cette coloration est due à la séparation d'une matière organique particulière inaperçue dans l'eau où elle était très étendue ou disséminée. M. DUMAS, qui en a recueilli une petite quantité, a reconnu que c'est elle qui exhale, aux alentours des tas de sel des marais, l'odeur de violette signalée par divers observateurs.
Le sel cristallise à la superficie de l'eau ; de temps à autre on brisé la croûte et, lorsqu'il s'est formé une couche assez épaisse, on ramasse le sel avec des râtissoirs et on le met en tas sur le chemin v, v qui sépare les aires et qu'on désigne sous le nom de vie. Dans certains marais, au lieu de briser la croûte de sel, on la recueille en l'écrémant avec un râteau à long manche.
Le travail des marais salans commence au mois de mars et se termine, en septembre. Au commencement de la saison, pour mettre le marais en état de fonctionner, on doit le nettoyer. Pour cela, on ferme la communication entre le muant et les tables et l'on ouvre le conduit souterrain C désigné sous le nom de coy. Les eaux du muant s'écoulent et entraînent avec elles les dépôts. On jette dans le muant toutes les eaux que contiennent les aires et l'on nettoie celle-ci. On ferme alors la communication entre les couches et les tables et l'on vide ces dernières dans le muant. Les tables étant nettoyées, on pourrait en faire autant des couches, mais ordinairement on s'en dispense,
Le marais étant nettoyé, on amène l'eau du jas dans les couches, de là dans le mort, les tables, le muant, les brassours, et enfin dans les aires. Quand il y a 1 po. d'eau au plus dans l'aire, on ferme la communication ; l'eau qui arrive dans les aires est, dans les 1er temps, peu saturée, parce qu'elle n'a pas séjourné assez de temps dans les bassins intérieurs et que la saison est encore peu chaude. Il faut alors 8 jours pour que le sel se produise dans l'aire; mais, dans la bonne saison et quand les eaux ont subi une évaporation convenable avant d'arriver dans l'aire, on saline 2 ou 3 fois par semaine, quelquefois même tous les jours.
Le sel se ramasse en tas coniques P, P, nommés pilots, ou en tas pyramidaux V, V, qu'on appelle vaches. Ces tas sont recouverts de paille ou d'herbages qui les garantissent de la pluie. Le sel, ainsi conservé en tas, s'égoutte et se purifie même, en ce que les sels déliquescens qu'il contient attirent peu à peu l'humidité de l'air atmosphérique et s'écoulent en solution.
Lorsque le sel a été ainsi suffisamment égoutté, on l'expédie dans le commerce où il est connu sous les noms de sel brut, sel marin, sel de cuisine, sel commun, etc. Les sels anciens sont toujours préférés aux sels nouveaux.
La récolte du sel est d'autant meilleure que la saison a été plus sèche et plus chaude; quelquefois elle est presque nulle, si la saison a été très pluvieuse. Alors le cours du sel marin augmente et il s'en fait peu d'expéditions.
§ II. — Exploitation des sources salées.
Ces sources résultent de la solution des dépôts salifères ou bancs de sel gemme par les eaux souterraines. L'exploitation s'en fait par des procédés qui varient suivant les circonstances locales, mais qui, généralement, comprennent l'évaporation spontanée ou à l'air libre, et l'évaporation à l'aide de combustibles.
Les eaux salines des sources renferment ordinairement du chlorure de sodium, du chlorure de magnésium, du sulfate de magnésie, du sulfate et du carbonate de chaux et quelquefois du carbonate de fer dissous par un excès d'acide carbonique. Dans ce dernier cas, elles laissent former un dépôt ferrugineux abondant au moment de leur sortie du sein de la terre, ou dans les tuyaux de conduite qui les amènent au lieu de l'exploitation, en sorte que, là, elles sont presque toujours dépouillées d'oxide de fer. Une partie du carbonate de chaux dissous par l'acide carbonique se dépose en même temps. Dans la boue qui résulte de ces 2 dépôts, croissent souvent des conferves qui s'y putréfient après leur mort et communiquent à l'eau une odeur infecte plus ou moins sensible, mais que l'évaporation et la cristallisation font disparaître des produits.
1° Des bâtimens de graduation.
L'eau étant parvenue dans la saline, on commence son évaporation dans les bâtimens de graduation. Ces bâtimens sont des hangars très longs, assez élevés, ouverts à tous vents, et dans lesquels on dispose des appareils destinés à diviser, pour l'aérer autant qu'on le peut, l'eau de source. On se sert généralement pour cela de fagots d'épines amoncelés par couches horizontales en parallélipipèdes rectangles. On a aussi employé des cordes tendues verticalement du haut en bas du hangar; quelquefois, enfin, les surfaces évaporantes sont des tables légèrement inclinées. Dans le 1er cas, l'eau qu'on veut concentrer est versée continuellement sur les fagots où elle se divise en couches excessivement minces, court d'une branche à l'autre et se trouve, pendant tout son trajet, en contact avec l'air qui circule au travers des fagots.
Lorsqu'on se sert de cordes, l'eau ruisselle autour d'elles; elle se divise donc encore beaucoup et offre à l'air de nombreux points de contact.
Dans les bâtimens à tables en bois, à rebords très peu élevés, deux rangées de cellesi sont disposées sous le hangar. Deux cuvettes sont légèrement inclinées alternativement, la première dans un sens, la deuxième dans l'autre; à leur partie la plus basse est