l'ont précédée, des principaux symptômes que l'on a observés. On passe ensuite à l'examen de l'état présent, on s'assure de l'âge de l'animal, et par la même occasion on voit l'état de la bouche; puis on passe à l'examen des naseaux, on regarde la couleur des yeux, on tâte la ganache, et l'on explore le pouls avec toute l'attention possible. On examine ensuite la poitrine, et l'on apporte à cette exploration d'autant plus de soin que l'on est plus porté à soupçonner que l'affection a son siège dans cette cavité. On passe ensuite à l'examen du ventre et de la digestion, on se fait rendre compte de la nature des exerémens et des urines; on explore enfin successivement toutes les fonctions, et on ne termine qu'après avoir fixé son opinion par un résumé fait avec calme.
Le pronostic est le jugement què le praticien porte d'avance sur le cours et la terminaison de la maladie.
\S \text {V.} - \text {Thérapeutique}.
La thérapeutique a pour objet le traitement des maladies. Un grand nombre d'affections sont susceptibles de guérir sans traitement, par la seule force de la nature; mais le plus souvent les secours de l'art sont nécessaires.
SECTION II. — Pathologie spéciale.
La pathologie spéciale envisage chaque maladie en particulier, fait connaître ses causes, ses symptômes, sa marche, son traitement, etc. Que l'on ne s'attende pas à trouver ici un cadre complet de toutes les maladies qui peuvent sévir sur les bestiaux; un pareil travail serait ici un hors-d'œuvre. Je ne m'attacherai qu'aux maladies principales à celles qui se rencontrent le plus fréquemment. Je commencerai par décrire les maladies communes à la plupart des animaux domestiques, en les groupant autant que possible par systèmes d'organes; cela fait, j'examinerai pour chaque animal en particulier les maladies spéciales auxquelles cet animal est sujet, et que l'on ne remarque pas sur les autres.
ART. Ier . — Maladies communes à plusieurs quadrupèdes domestiques.
Λ. Maladies qui peuvent attaquer la plupart des organes.
\S , \mathrm{I} ^ {\mathrm{er.}} - \text {De l'inflammation.}
On peut définir l'inflammation une irritation donnant lieu à un afflux de sang plus ou moins considérable dans la partie qui en est le siège, et caractérisée par la chaleur, la douleur, la rougeur et le gonflement, par un seul ou par plusieurs de ces symptômes suivant sa force. — La plupart des tissus du corps peuvent être le siège de l'inflammation.
Relativement à ses causes, l'inflammation a été distinguée en accidentelle et spontanée. La première est due à des causes externes évidentes (contusions, plaies, feu, caustiques, etc.). La seconde se développe sous l'influence de causes qui nous échappent souvent :
toute la série des causes prédisposantes et occasionnelles que j'ai passées en revue plus haut, peut la faire développer.
Les symptômes peuvent être divisés en locaux et en généraux. Les premiers ne sont pas toujours également faciles à reconnaître; plusieurs même échappent à notre observation lorsque l'organe a son siège à l'extérieur; la rougeur est dans ce cas; ce signe n'est pas toujours bien appréciable chez les animaux domestiques, dont la peau, recouverte de poils, n'est pas susceptible de prendre cette teinte. La chaleur n'est pas un signe plus constant que la rougeur; cependant, lorsque l'inflammation est située extérieurement, ce signe est quelquefois précieux pour le praticien, et supplée à la teinte inflammatoire que l'on ne peut apprécier. La douleur est un des phénomènes les plus constans de l'inflammation; les animaux la ressentent aussi bien que l'homme. Toutes les fois que le tissu enflammé est susceptible de se dilater, d'acquérir une expansion suffisante sans contracter une grande dureté, la douleur n'est pas très-forte; mais elle devient très-aiguë lorsque cette expansion est difficile et bornée; c'est pour cela que les inflammations des parties fibreuses, et celles qui se développent dans le pied des animaux pourvus de sabot, sont accompagnées de douleurs si vives. Le gonflement ou la tumeur, quatrième symptôme de l'inflammation, résulte d'un afflux plus considérable de sang dans le tissu enflammé. Ce gonflement est d'autant plus fort que la partie enflammée est plus pourvue de vaisseaux, plus lâche, plus dilatable, et que l'inflammation est elle-même plus forte.
Lorsque l'inflammation est très-intense, à ces signes locaux, vient bientôt s'ajouter un trouble général plus ou moins grave; le pouls augmente de fréquence, la respiration s'accélère, la digestion est troublée, les sécrétions sont en partie suspendues, etc. C'est à ces phénomènes généraux que l'on donne les noms de fièvre inflammatoire, fièvre de réaction, etc.
La durée de l'inflammation varie de quelques jours à un mois et plus.
La terminaison peut avoir lieu: 1° par la disparition subite ou graduelle des symptômes; 2° par suppuration : il se forme alors, à la surface ou dans l'intérieur des tissus enflammés, un liquide nommé pus, qui, lorsqu'il est de bonne nature, est blanc mat ou jaunâtre, crémeux, plus pesant que l'eau, légèrement salé et d'une odeur fade; ce liquide se présente sous quatre formes, relativement à l'organe qui le fournit : tantôt en couche étendue sur une membrane; tantôt sous forme d'épanchement ou de collection dans une cavité naturelle fermée de toutes parts; tantôt sous forme d'infiltration; tantôt enfin, sous celle d'abcès ou de collection formée hors des cavités naturelles du corps; 3° par gangrène, c'est-à-dire par la mort de la partie enflammée, c'est la terminaison la plus redoutable; 4° enfin par l'induration qui a lieu lorsque, les phénomènes de l'inflammation étant disparus, la partie reste gonflée et gorgée de fluides.
Le traitement de l'inflammation comprend: 1e les moyens qui diminuent directement l'irritation des tissus (saignées générales et locales, application du froid, topiques émol-