la tête un épais cataplasme de mauve et de farine de lin, de laver plusieurs fois par jour le nez, le mufle et les yeux avec de l'eau de mauve, d'administrer tous les jours plusieurs lavemens d'eau de son, de mettre l'animal à la diète et à l'eau blanche, et de le séparer des autres. Ordinairement, vers le quatrième jour, l'animal, s'il doit guérir, est hors de danger. Si, malgré ce traitement, on arrive au quatrième jour sans avoir arrêté les progrès de la maladie, l'animal peut être considéré comme perdu.
§ II.—Angine laryngée (étranguillon, mal de gorge, esquinancie interne).
C'est l'inflammation de la membrane mu- queuse du larynx. Cette maladie, ordinaire- ment occasionnée par les refroidissements, est caractérisée par la difficulté de la respiration qui s'exécute avec bruit, la dilatation des na- seaux, la gène que les animaux éprouvent à faire mouvoir la tête sur le cou, la tuméfac- tion de la gorge, la douleur que l'animal éprouve lorsqu'on explore cette partie, le bruit que l'on y entend lorsqu'on y applique l'oreille. Si la maladie augmente, il se déve- lopppe une fièvre plus ou moins forte, et il y a pour l'animal danger de suffocation. — Les bétes à laine atteintes de cette maladie s'é- brouent fréquemment, et présentent souvent un écoulement nasal.—Les chiens y sont assez sujets; quand ils en sont attaqués, le vulgaire suppose qu'ils ont un corps étranger dans le gosier; ils aboient d'une manière particu- lière, tiennent la bouche ouverte sans pou- voir la fermer complètement, et témoignent de l'horreur pour les liquides; aussi désigne- t-on cette affection sous le nom de rage-mue. — Il y a une variété de l'angine laryngée qui se termine rapidement par la gangrène de la gorge, et qui entraîne en peu de temps la mort des animaux qui en sont attaqués. Cette variété, qui a quelquefois régné d'une manière épizootique, a été désignée sous le nom d'esquinancie gangréneuse.
Le traitement de l'angine laryngée simple est en tout semblable à celui de l'angine pharyngée (voyez plus haut); seulement, lorsqu'il y a danger de suffocation, il devient nécessaire de procurer pour quelques jours un passage artificiel à l'air au moyen d'une ouverture pratiquée à la trachée-artère dans le milieu de la région du cou (voyez Trachéotomie). Quant à la rage-mue des chiens et à l'esquinancie gangréneuse, ce sont des affections presque toujours mortelles et dont le traitement ne doit pas trouver place ici.
§ III. — Catarrhe pulmonaire (bronchite, rhume de poitrine, morfondure).
On appelle ainsi l'inflammation de la membrane muqueuse des bronches, maladie qui peut être occasionnée par le passage subit du chaud au froid, l'impression d'une boisson froide, les animaux étant en sueur, etc.—Les symptômes de cette affection sont la gène et la difficulté de la respiration, une toux plus ou moins forte, sèche et fréquente au début, puis moins fréquente et plus grasse; l'écoulement par le nez d'une matière filante, blanchâtre, presque transparente d'abord, et qui, peu à peu, devient plus visqueuse, épaisse, opaque, et finit par prendre une teinte jaunâtre. Si la maladie est forte, il se développe de la fièvre. A ces différens signes s'en joignent d'autres tirés de l'auscultation de la poitrine, c'est-à-dire de l'étude des bruits que l'air, dans ses mouvements d'entrée et de sortie, produit en parcourant les conduits aériens des poumons; c'est en appliquant l'oreille successivement sur les différens points de la paroi extérieure de la poitrine, que l'on peut apprécier la nature de ces bruits. On donne le nom de bruit respiratoire pulmonaire à celui qui se fait naturellement entendre dans l'état de santé; il est difficile de le caractériser par des paroles, mais il suffit de l'avoir entendu une fois sur un cheval jeune et vigoureux pour s'en faire une excellente idée et ne jamais l'oublier. Dans le cas de catarrhe pulmonaire, les bronches se trouvant en partie obstruées par d'abondantes mucosités, l'air ne peut circuler que sous forme de bulles, qui, en surmontant l'obstacle que lui opposent ces mucosités, produit une sorte de bruit de glou-glou que l'on désigne sous le nom de râle muqueux. Il y a donc du râle muqueux dans les points où l'air peut passer; en même temps il y a absence du bruit respiratoire dans les endroits où il ya obstacle complet au passage de l'air. — La bronchite est une maladie généralement peu grave, et qui cède ordinairement en quinze ou vingt jours à un traitement simple.
Traitement. — Tenir l'animal chaudement, à une demi-diète et aux barbottages; lui faire prendre tous les matins un électuaire adoucissant (n° 2); saigner l'animal au cou s'il survient de la fièvre, et réitérer la saignée jusqu'à ce que les signes de l'inflammation aient disparu; puis passer un ou deux sétons au poitrail, les tenir bien propres et les panser tous les matins avec de l'onguent basilicum. Sur la fin du traitement, remplacer l'électuaire adoucissant par un électuaire tonique (n° 29); et enfin, terminer par l'administration des antimoniaux (n° 72, 73 et 74), lorsqu'on voit la toux continuer et la poitrine rester embarrassée après la disparition complète de l'inflammation, telles sont les règles à suivre dans le traitement du catarrhe pulmonaire.
§ IV.— Fluxion de poitrine (pneumonie, péripneu-monie).
On nomme ainsi l'inflammation du tissu du poumon, maladie grave, dont les causes sont analogues à celles de la maladie précédente. Elle peut être aiguë ou chronique. La première est caractérisée par les symptômes suivans : au début, il y a tristesse, naseaux dilatés, frissons quelquefois suivis de chaleur, pouls grand et fort, respiration plus ou moins accélérée, mouvements des flancs grands et réguliers. Si la maladie est étendue aux deux poumons, en appuyant l'oreille sur la partie du corps qui y correspond, on entend à peine le bruit de la respiration ; si elle est bornée à un seul poumon, ce bruit est plus fort dans le poumon sain. Si la maladie n'est pas arrêtée dans sa marche par une salgnée, la tristesse devient plus grande, les muqueuses ap-