parentes, celles du nez surtout, deviennent rouges; l'air expiré est chaud, la toux sèche et fréquente; les parties de la poitrine qui correspondent aux endroits enflammés rendent un son mat lorsqu'on les percute; le bruit respiratoire est remplacé par un bruit particulier appelé râle crépitant; bruit qui a beaucoup d'analogie avec celui que produit le sel de cuisine, lorsqu'on le fait décrépiter en le jetant sur des charbons ardens. Après quelques jours, la maladie marche vers une terminaison quelconque : tantôt la gaiété reparait, le pouls devient plus souple, les flancs sont moins agités, le râle crépitant cesse de se faire entendre, et est remplacé par le bruit respiratoire ordinaire : c'est la résolution; tantôt la maladie paraît rester stationnaire, il y a absence du bruit respiratoire et matité complète à la percussion de la poitrine; le pouls est petit et serré, la peau est sèche, l'animal ne se couche pas, la convalescence est très longue, et l'irrégularité des flancs persiste quelquefois longtemps; c'est l'induration ou l'hépatisation ; tantôt, enfin, la maladie fait des progrès rapides, les muqueuses pâtissent, l'air expiré a une odeur fétide, les naseaux donnent écoulement à une matière grisâtre ou roussâtre d'une odeur souvent insupportable; c'est la gangrene, dont la mort est la suite certaine.
Traitement.— La saignée générale est le moyen le plus puissant à opposer à cette maladie; elle doit être faite largement, répétée tant que la gène de la respiration et la plénitude du pouls ne diminuent pas d'une manière sensible, et à des intervalles assez rapprochés pour ne pas donner le temps à l'inflammation de reprendre sa force. Des boissons émollientes (n° 4), des électuaires adoucissans tous les matins (n° 2), une température douce, la diète sévère et le repos absolu doivent être ajoutés aux moyens précédens. Quand la première inflammation est passée, on applique des sétons au poitrail. Si la maladie prend une tournure fâcheuse, ou a recours aux sinapismes et aux vésicatoires sous le poitrine.
La pneumonie chronique est peu commune chez les animaux, excepté chez les vaches. Cette affection, considérée chez ces derniers animaux, a reçu les noms de pommelière et de phthisie calcaire; je m'en occuperai en parlant des maladies particulières aux bêtes à cornes.
La péripneumonie gangréneuse est une maladie très-grave qui règne quelquefois d'une manière épizootique sur les grands animaux domestiques, et principalement sur les bêtes à cornes. Cette redoutable affection exige un traitement préservatif, et des soins qui varient souvent avec les localités, et qui ne peuvent être prescrits que par des hommes de l'art; son histoire serait donc déplacée ici.
§ V. — Asphyxie.
On donne le nom d'asphyxie à la mort apparente occasionnée par la suspension de la respiration, entrainant avec elle l'arrêt de la circulation du sang, et la cessation de l'action du cerveau.—Les causes quila produisent peuvent se ranger dans deux séries : 1° le défaut d'air, 2° l'inspiration de gaz délétères. Le défaut d'air peut être occasionné par l'occlusion du nez, la strangulation, la compression de la trachée-artère par la présence d'un corps étranger dans l'œsophage, une angine laryngée grave ou bien un coryza aigu (voyez ces mots); la submersion dans l'eau, l'immersion dans une atmosphère raréfiée ou chargée de gaz qui, sans être délétères, sont cependant impropres à la respiration; un collier trop serré, un breuvage administré avec imprudence, et dont le liquide passe dans la trachée, etc.—Les principaux symptômes sont les suivans : les membranes muqueuses apparentes deviennent livides et gonflées, les yeux sont saillans, l'intérieur de la bouche est bleuâtre, les veines du cou sont pleines de sang et très-apparentes au dehors, tout le corps est agité, les excrétions ont lieu involontairement; bientôt tout mouvement disparait, et les signes de la mort surviennent.
Traitement.— Il faut avant tout éloigner la cause de l'asphyxie, mettre l'animal dans un endroit bien aéré, faire des frictions très-rudes sur les membres avec le liniment ammoniacal, le vinaigre, l'essence de térébenthine; diriger des vapeurs de tabac dans les naseaux, administrer des lavemens âcres et purgatifs; enfin, si l'asphyxie dépend d'un obstacle au passage de l'air, il faut pratiquer la trachéotomie entre cet obstacle et les poumons (voyez Chirurgie, article trachéotomie). La saignée est indiquée lorsque la circulation et la respiration sont rétablies, mais s'exécutent avec désordre, et lorsque le corps est bien réchauffé.
D. Maladies des systèmes séreux et cellulaire.
§ Ier. — Pleurésie (pleurite).
Inflammation de la membrane séreuse qui tapisse la poitrine et les organes qui y sont contenus (plèvre). Cette maladie peut être aiguë ou chronique.
La pleurésie aiguë est quelquefois la suite des affections des poumons; le plus souvent elle est produite par les refroidissements subits, les boissons très-froides lorsque les animaux ont chaud; en un mot, par tout ce qui peut produire ce que l'on nomme une sueur rentrée; les violences extérieures, les plaies pénétrantes de la poitrine peuvent encore la déterminer. Il n'est pas facile de distinguer, au commencement, la pleurésie de la fluxion de poitrine; car le frisson, l'anxiété, la gène de la respiration, la sécheresse de la bouche et de la peau sont des symptômes communs à ces deux maladies. Néanmoins, quand la pleurésie date de plusieurs jours et qu'elle est bien déclarée, la toux sèche, rare, petite et comme avortée, le pouls vite et serré, l'absence du râle crépitant, la faiblesse du bruit respiratoire dans presque toute l'étendue de la poitrine, la sensibilité des parois de cette cavité à la percussion, sont des signes qui ne permettent pas de la méconnaître. Du cinquième jour la pleurésie se termine par résolution ou par épanchement. La première terminaison s'annonce par la cessation graduelle de tous les symptômes, et le retour à la sapte. Lorsque l'épanchement a lieu, il y a matite,