de la peau est abaissée, les excrémens sont secs, le poil est piqué, les muqueuses apparentes sont rouges et pointillées, la verge des mâles est presque toujours pendante; il y a en même temps de l'abattement et un peu de fièvre. La durée de la maladie est de trois semaines environ. Les causes en sont inconnues. Le traitement doit être entièrement tonique : une nourriture substantielle et contenant beaucoup de principes nutritifs sous un petit volume (féveroles, pois, sainfoin, avoine pesante), des boissons ferrées, quelques toniques à l'intérieur (n°5 26,29) contribuent à faire disparaître plus promptement la maladie.
§ VIII. — Inflammation des testicules (didymite).
Cette maladie, qui peut attaquer tous les animaux, mais qui se montre plus fréquemment sur les gros chevaux de trait, est ordinaire-ment occasionnée par des coups, des contusions, des compressions, des frottemens, des efforts violens, des travaux difficiles et pénibles, etc. Elle se reconnait à l'engorgement qui se manifeste aux testicules, à la chaleur et à la sensibilité de ces parties, à la tension des bourses, à la difficulté de la marche, à l'écartement des membres de derrière et à la roideur des reins. Quand l'inflammation est très-intense, le pouls devient dur et fréquent, l'animal perd l'appétit, s'agite et parait éprouver des douleurs abdominales très-vives. La maladie peut se borner à un testicule ou s'étendre aux deux, et se propager le long des cordons jusque dans l'abdomen. Enfin, après quelques jours de durée, la maladie se termine, soit par la guérison pure et simple, soit par le développement d'un abcès dans le testicule, soit enfin par l'induration de cet organe.
Traitement.— Les saignées au cou ou bien au plat de la cuisse, l'application des sangsues aux testicules, si l'on a affaire à un petit animal; les lotions émollientes sur ces parties; l'application de cataplasmes adoucissans soutenus à l'aide d'un bandage approprié; un repos absolu, un régime sévère, des boissons d'eau blanche légèrement nitrées, des lavements émolliens administrés à des époques rapprochées: tels sont les moyens à mettre en usage dans le principe; s'il se développe un abcès, on l'ouvre; si le testicule s'indure, on a recours aux frictions résolutives (n° 25), aux applications savonneuses.
\S \text {IX} \cdot - \text {Sarcocèle.}
C'est une tumeur formée par le gonflement squirrheux ou cancéreux du testicule. Cette lésion, toujours grave, doit être considérée comme la suite où le résultat des inflammations du testicule passées à l'état chronique; quelquefois, cependant, le sarcocèle se développe lentement, insensiblement, sans être précédé d'une inflammation appréciable, et sous l'influence de causes très-obscures; mais au bout de plusieurs mois, et quelquefois de plusieurs années, le testicule a acquis un volume assez considérable pour que la maladie devienne apercevable à tous les yeux. Le testicule se présente alors sous la forme d'une tumeur ovoïde ou sphéroïdale très-pesante peu chaude, sans fluctuation, sans changement de couleur à la peau, d'une grosseur très-variable, mais qui peut devenir énorme, puisqu'on en a vu chez les chevaux qui pesaient jusqu'à 50 livres. On a proposé différents remèdes pour faire fondre le sarcocèle; mais ces remèdes sont presque toujours infructueux; le meilleur moyen à employer, consiste à faire l'ablation du testicule malade.
F. Maladies de la peau.
\S \text {I} ^ {\text {er}}. - \text {Gale}.
Maladie cutanée essentiellement contagieuse, consistant en des vésicules légèrement élevées au-dessus du niveau de la peau, constamment accompagnées de démangeaison, transparentes à leur sommet, contenant un liquide séreux et visqueux, et pouvant se développer sur toutes les parties du corps des animaux, mais se montrant plus fréquemment dans les plis des articulations, sur les côtés du garrot, de l'épine, des côtes, de l'encolure, etc. Cette maladie parait due à la présence d'un petit insecte du genre acarus, dont la piquère produit les vésicules et qui se creuse à côté d'elle un sillon dans lequel il se loge et où l'on peut l'apercevoir à l'aide d'une loupe. — Tous les animaux domestiques sont sujets à la gale; mais le cheval, le mouton et le chien en sont beaucoup plus souvent attaqués que les autres.
Causes. La gale peut se développer spontanément par la malpropreté: elle se montre fréquemments sur les animaux qui travaillent beaucoup, qui ont une mauvaise nourriture, et sont exposés à toutes les intempéries. Une fois développée sur un animal, elle peut se communiquer aux autres animaux de la même espèce par contact immédiat, ou par l'intermede des objets qui ont été en rapport avec les animaux malades.
Symptômes. Chez tous les animaux la gale débute ordinairement par une démangeaison assez vive dans les parties où les vésicules doivent apparaître; cette démangeaison augmente le soir, et surtout la nuit par la chaleur des écuries. Bientôt les poils tombent dans des lieux variables et laissent à nu des portions plus ou moins étendues de la peau. Des pustules se montrent sur celle-ci et gagnent de proche en proche; la démangeaison est en rapport avec le nombre de ces pustules; les animaux ne peuvent la supporter lorsqu'elles sont nombreuses; ils se frottent les uns contre les autres, ou contre les corps durs, ou bien ils se grattent avec les pieds, se mordent, se déchirent, augmentent ainsi l'irritation qui a précédé le développement des boutons; ceux-ci ne tardent pas à s'ouvrir et à donner écoullement au liquide visqueux qu'ils contenaient, liquide qui, en se concrétant, forme des petites croûtes minces, légères et peu adhérentes.
Chez le cheval. La gale se montre très-souvent à l'encolure des chevaux de trait entiers, lorsque ces animaux ont cette partie très-développée, et pourvue de nombreux plis dans la portion qui supporte la crinière; c'est sur-