faire leur associé et leur conseiller; elles acquerraient aussi un titre de plus à leur tendresse, et comme un chef de famille ne peut avoir de meilleur conseiller qu'une personne dont tous les intérêts sont aussi intimement liés aux siens, la communauté y gagnerait à tous égards.

Une ménagère de campagne a deux ménages à diriger : celui de sa famille et celui de la ferme; ils ne peuvent être communs; tous deux demandent les mêmes soins et une égale surveillance. Si la direction est quelquefois modifiée par les exigences de l'exécution, l'économie et l'ordre doivent présider à tout dans les deux cas.

La basse-cour doit être entièrement sous la direction immédiate de la maîtresse de la maison, et cette basse-cour comprend la vacherie, la porcherie, l'éducation des volailles; les jordins et les vergers, ainsi que le troupeau, feront aussi partie de ses attributions. Elle doit être au courant de tous les travaux qui s'exécutent dans la ferme, afin de pouvoir les faire continuer en cas d'absence ou de maladie de son mari et pour le seconder dans sa surveillance. Il est donc indispensable qu'elle connaisse toutes les pièces de terre de l'exploitation et l'assolement auquel elles sont soumises. Les femmes de la ferme seront sous sa dépendance. Elle doit tenir un compte exact des dépenses et des recettes de tout ce qu'elle dirige, afin de pouvoir facilement juger des pertes et des profits de la basse-cour, et se rendre compte de la dépense du ménage de la ferme et de celui de sa maison.

Notre ménagère sera aussi chargée des soins qu'exige la santé de toutes les personnes qui composent la maison; de leur faire la distribution des médicaments qu'ordonne le médecin et de veiller à ce que ses prescriptions soient bien exécutées. Il sera donc absolument nécessaire qu'elle acquière quelques connaissances en médecine domestique, pour les cas simples qui, bien dirigés au début, ne s'aggravent pas, et afin de juger du moment où il devient nécessaire d'appeler les secours de l'art.

La distribution des aumônes est de son domaine ; c'est la plus douce récompense des peines qu'elle se donne.