dans toutes les conditions de la vie, une femme doit avoir une tenue qui lui permette de se présenter devant des étrangers sans avoir à rougir de sa négligence. Y a-t-il rien de plus ridicule qu'une femme qui se sauve lorsqu'elle aperçoit un étranger qui demande à lui parler? Elle aurait tort de croire que son désordre est moins désagréable à son mari qu'à d'autres personnes; elle doit au contraire mettre tous ses soins à lui plaire, et ne pas s'oublier un instant. Le soin que je l'engage à prendre d'elle-même est un des moyens d'y arriver; cependant, elle ne doit point, je le répète, faire une occupation sérieuse de sa toilette: je suis loin de lui donner un aussi mauvais conseil.
Je prie les femmes qui auraient des penchants à se laisser aller à la négligence, comme celles qui ont un goût trop prononcé pour la toilette, de relire ce chapitre avec soin; elles verront que c'est la saine raison qui me l'a dicté.
CHAPITRE IV.
De la maison de maître,
SECTION Ire. — Distribution et mobilier.
Je ne donnerai point un plan pour construire une maison de campagne; si on en était là, ce n'est pas moi qu'il faudrait consulter, mais bien un bon architecte. La direction de cette construction ne serait pas non plus confiée à notre ménagère; elle pourrait tout au plus donner des avis et demander ce qui lui conviendrait. Voici les pièces que je crois nécessaires.
Au rez-de-chaussée, une cuisine avec son office; une salle à manger; un salon ou plutôt une pièce toujours libre, où notre ménagère puisse se tenir habituellement; une petite pièce à côté, servant de bibliothèque et de cabinet de travail; c'est là que se trouveraient les livres de comptabilité; qu'on pourrait travailler en repos et qu'on recevrait les gens qui