connaissances humaines, on est heureux de trouver alors du temps à y consacrer. Enfin, lorsqu'on vit à la campagne, on s'habitue bientôt aux rigueurs de l'hiver et on est rarement privé de la promenade et du plaisir de visiter ses voisins. Quelques mauvais chemins ne sont pas un obstacle insurmontable au plaisir de fêter le joyeux temps du carnaval; alors les veillées, égayées par un bon feu et par le plaisir de se voir, plaisir d'autant plus vif qu'il est devenu plus rare, sont animées par de modestes galas offerts avec joie et sans cette arrière pensée, souvent si pénible, d'une augmentation considérable de dépense. La bonne ménagère saura employer toutes les ressources qu'offre la campagne, et se procurer cette abondance qu'on ne trouve à peu de frais que là et qui est une des jouissances de la vie. C'est dans ces réunions d'hiver qu'on sent le prix d'un talent en musique et d'un esprit orné et aimable; c'est alors, si le cercle est peu nombreux, que s'établissent de délicieuses causeries sur les occupations auxquelles l'hiver permet de so livrer, sur les travaux de l'année qui finit, sur ceux de l'année suivante, sur les plaisirs qu'on a goûtés et ceux qu'on espère goûter encore. Chacun prend part à la conversation, car chacun y a un intérêt particulier, et la petite société forme une sorte de famille préoccupée des mêmes soins et des mêmes besoins. Si la réunion est nombreuse, le savoir-faire de chacun mis à contribution la transforme bientôt en un joyeux bal, où chacun prend la part qui lui convient, sans distinction d'âge et sans crainte d'être exposé à la critique des oisifs et des fats. Enfin, les jeux d'échecs, de cartes, de dames, peuvent offrir une distraction, sans que le besoin d'intéresser, par un prix élevé, une partie dont on n'est pas rebattu, vienne troubler, par des pertes préjudiciables, le plaisir qu'on y prend. L'étiquette étant bannie des réunions à la campagne, où l'on ne fait rien sans but, au lieu d'aller à dix heures chez les voisins, on y va à six heures, et la veillée ne se prolongeant pas dans la nuit, n'empêche pas de se livrer au travail du lendemain; car, à la campagne, les journées ont toujours un emploi qui ne permet pas d'en di-

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