lait, et 1 fr. 50 c. par cochon gras, 10 c. par tête de volaille tuée pour le service de la maison, ou vendue au marché. On trouvera cette indemnité un peu forte; mais si l'on considère les soins minutieux qu'exige une volaille avant d'être bonne à manger, et la fragilité de son existence, on ne la trouvera plus trop élevée.
La femme de ménage, ou toute autre chargée de la confection du beurre et de la traite des vaches, reçoit 5 c. par demi-kilogramme de beurre.
Les domestiques qui sont sous la direction de notre ménagère doivent être gagés par elle, avec l'assentiment de son mari, et recevoir les ordres d'elle. A ce propos, je ferai ressortir l'importance d'un parfait accord entre le maître et la maîtresse de la maison pour tout ce qui a rapport à l'exploitation et la tenue de la maison. Les ordres donnés par l'un ne doivent jamais être révoqués par l'autre, sauf à s'expliquer entre eux, lorsqu'ils seront seuls, s'il y a quelque méprise; mais jamais en présence des domestiques. Il convient donc que le maître de la maison communique à la maîtresse certains ordres qu'il aura donnés, pour les travaux à exécuter, afin qu'elle puisse au besoin le remplacer dans la surveillance, comme nous l'avons déjà dit.
Il est bon quelquefois de consulter les domestiques sur l'exécution de certaines choses qui sont à leur portée; cette confiance les flatte et les dispose à bien faire; d'ailleurs, ils peuvent donner de bons avis sur les détails qui échappent aux maîtres.
Le succès d'une exploitation agricole dépend en grande partie de la bonne direction donnée aux domestiques et des moyens employés pour les engager à bien remplir leurs devoirs. On ne peut donc être trop circonspect dans son choix, et l'on ne doit jamais oublier que presque toujours les bons maîtres font les bons valets.
Si vous parvenez à donner à votre maison, par votre conduite envers vos serviteurs, la réputation d'une bonne maison, vous aurez toujours les meilleurs sujets du pays, et cette espèce de libéralité qui semblera régner dans vos récompenses