grande partie de la vie des femmes dans les villes, ne doit occuper que bien peu de ses précieux instants. Cependant elle doit y apporter ce bon goût et conserver cette tenue qui conviennent en tout temps et en tous lieux à une femme bien élevée.

La simplicité doit toujours présider à sa toilette, ce qui n'exclut pas, si elle est riche, les belles et bonnés choses.

Une maîtresse de maison, à la campagne, doit s'habiller pour toute la journée aussitôt qu'elle a terminé le petit service intérieur de sa chambre pour elle et pour ses enfants, et fait sa visite du matin à la ferme et à la cuisine. Vers le milieu du jour elle remettra un peu d'ordre dans sa coiffure et dans sa toilette.

Je l'engage à ne pas suivre exactement la mode et les fantaisies qu'elle entraîne. Elle pourra choisir, pour la forme des vêtements, celle qui s'accommodera le plus facilement aux changements que cette reine des salons pourrait leur faire subir, afin qu'ils ne deviennent pas ridicules, et, pour cela, elle ne devra jamais adopter les modes exagérées, qui sont très souvent de mauvais goût et ne durent pas.

Si notre ménagère est riche, je l'engagerai à acheter de ces choses toujours belles, qui peuvent être employées dans presque tous les temps, sans rien perdre, pour ainsi dire, de leur mérite, plutôt que ces charmants objets qui n'ont plus de valeur en perdant leur premier lustre. Si elle n'est pas riche, elle fera néanmoins sagement de n'employer que des étoffes de première qualité, mais d'un prix moins élevé. Les colifichets ne doivent jamais paraître dans la toilette d'une ménagère de campagne.

Je pense que pour l'hiver une robe d'étoffe de lainé, qui puisse se brosser et même se laver, unie ou à carreaux, et bien doublée, est juste ce qu'il faut. Le drap me paraît trop sec et le mérinos pas assez solide; on trouve partout des étoffes de laine croisées, qui conviennent très bien; une robe de ces étoffes, faite avec goût et d'une jolie couleur, mise avec soin, sera fort convenable, et toujours préférable à une vieille robe de ville fanée. Le japon de dessous ouaté