leurs raisons et conserver un calme parfait pendant qu'eux-mêmes ont perdu leur sang-froid, c'est le seul moyen de maintenir sa dignité; bien réfléchir avant de condamner l'un ou l'autre, et, lorsqu'elle l'a fait, employer toute son influence et sa raison pour calmer celui qui se trouve offensé, et engager l'autre à faire le premier les avances de la réconciliation. S'il s'y refusait, il faudrait le prendre en particulier, obtenir cette réconciliation et effacer les dernières traces de la rancune qui pourrait exister encore. De la bonne intelligence qui règne entre les domestiques dépend, en partie, la bonne exécution des travaux auxquels ils doivent se livrer en commun.
Une maîtresse de maison doit exiger que tous les domestiques lui parlent avec déférence, et que les hommes n'entrent jamais dans la maison du maître sans se découvrir; en retour, elle conservera avec eux une bienveillante politesse, et lorsqu'elle se trouvera présente à leurs repas et qu'ils se lèveront par respect, elle les fera se rasseoir. Si quelques-uns d'entre eux ne conservaient pas cette déférence, absolument nécessaire au maintien de l'ordre, elle devra les reprendre doucement, et si la réprimande était inutile, en parler à son mari, qui alors emploierait son autorité. Si elle était sans effet, il deviendrait indispensable de renvoyer le délinquant. Cela arrivera bien rarement si la maîtresse a su conserver sa dignité.
Mais si quelque domestique avait encouru la rigueur du maître par quelque faute grave, mais excusable, c'est à elle de jouer le rôle de conciliatrice, et à obtenir un pardon qui peut porter d'heureux fruits; elle doit être l'ange tutélaire de tout ce qui l'entoure.
Si, à l'époque du jour de l'an, elle juge à propos de donner quelques récompenses, elle les distribuera avec discernement de manière à ne pas exciter de jalousie.
Un des meilleurs moyens de maintenir le zèle des domestiques, et de les attacher aux intérêts de la maison, est de leur donner une faible part dans les résultats obtenus par leur travail. On demande que les domestiques prennent in-