térêt aux affaires de leurs maîtres, sans songer qu'ils y soit étrangers, et qu'il leur faudrait les plus rares vertos pour satisfaire à de telles exigences.
Comme on ne doit jamais compter sur l'exception; et que d'ailleurs on ne peut espérer de la rencontrer dans tous les gens à son service, on fera beaucoup plus sagement d'employer le plus puissant moteur des actions humaines, l'intérêt personnel.
Je crois que les domestiques, dans une exploitation agricole bien conduite, doivent avoir une prime légère sur tous les produits dus à leurs travaux et à leurs soins; cette indemnité sera payée au centuple par l'ardeur et par le zèle qu'ils mettront à en augmenter les produits.
Ainsi, la bergère aura tant par tête d'agneaux arrivés à une époque déterminée; tant par mouton gràs vendu.
La vachère recevra également une prime sur les veaux et sur le beurre.
La fille de basse-cour la recevra sur les volailles, les jeunes porcs, et sur ceux engraisés, vendus ou consommés dans la maison.
Les laboureurs auront également leur primé sur les céréales, les plantes oléagineuses et les bestiaux engraissés. Le chef laboureur aura en sus tant pour cent sur les bestiaux trafiqués par lui avec profit.
Cette modique somme, variable selon le succès des récoltes, augmentera le salaire des domestiques sans avoir le désavantage d'élever le prix des gages (ce qu'on doit éviter avec soin), et entretiendra leur ardeur. Ils défendront les récoltes de leurs maîtres comme la leur propre, et feront tout ce qui dépendra d'eux pour l'augmenter.
On doit chercher à conserver les domestiques le plus longtemps possible; pour cela, il faut les prendre jeunes et les habituer à la maison, de manière qu'elle leur semble en quelque sorte leur chez eux.
On doit, en les prenant, leur donner le plus faible gage auquel on pourra les obtenir, avec la promesse d'une augmentation graduelle jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à un