pieds que les souliers minces et découverts que portent ordinairement les femmes ; c'est le contraire lorsqu'ils ne serrent pas trop le pied, et ils le conservent mieux, le déforment moins et résistent davantage à l'exercice que doit prendre notre ménagère. Enfin, une chaussure un peu forte permet d'alle : dans une cour ou des chemins assez sales sans craindre l'humidité et le froid aux pieds. Si les souliers sont bien faits, cette chaussure n'aura point mauvaise grâce; d'ailleurs, je suis convaincue qu'elle est la seule qui puisse convenir l'hiver. Un de ses avantages aussi est d'empêcher que les cailloux et l'inégalité du terrain ne blessent les pieds, ce qui rend la promenade quelquefois très pénible à la campagne aux femmes chaussées en souliers minces. Lorsqu'il fait beaucoup de boue, il faut avoir recours à des sabots légers, qui puissent se mettre par-dessus les souliers : cette chaussure est indispensable à la campagne. La force des souliers permettra de porter des sabots plus découverts, et par conséquent moins lourds, sans être incommodée de quelques gouttes d'eau ou d'un peu de boue qui passerait par-dessus le bord, tandis qu'avec des souliers minces ou des chaussons le pied serait mouillé à l'instant.
La coiffure, pour sortir, peut se composer du petit bonnet indiqué et d'un chapeau noir tout uni fermant bien sur les oreilles, et d'une étoffe qui ne puisse être gâtée par un peu de pluie. Un chapeau de castor noir conviendrait parfaite-ment, mais il est parfois si éloigné de la mode qu'il serait ridicule, même à la campagne; on peut le remplacer par un capuchon en mérinos noir, doublé de mousseline de laine.
Notre ménagère ne doit jamais oublier d'avoir des gants dans sa poche, et de les mettre aussitôt qu'elle sort de la maison, car s'il n'est pas nécessaire qu'elle ait les mains aussi blanches que les femmes qui vivent dans leur boudoir, au moins faut-il qu'elle leur conserve cette apparence qui annonce toujours une femme bien élevée. Dans sa maison, elle pourra porter des mitaines. Je l'engage donc à ménager ses mains, sans affectation, et à éviter ce qui pour-