rait les gâter inutilement; une jolie main, ou, au moins, une main un peu soignée, est un charmant ornement pour une femme.

Un manteau en laine, de couleur solide, d'étoffe chaude et bien doublé, est indispensable; il peut avoir un capuchon qui se rabatte sur la tête dans les cas où l'on se trouve surprise par la pluie, et des manches comme on les fait aujourd'hui. Ce manteau ne doit pas être assez long pour entraver la marche. L'usage des caracos ou casaques, nouvellement introduit par la mode, semble avoir été inventé pour les femmes qui habitent la campagne, et notre ménagère devra en avoir plusieurs, plus ou moins chauds selon la saison, et lors même que la mode s'en passerait à la ville, elle devrait en conserver l'usage. C'est un des vêtements les plus commodes qu'on eût exécutés pour les femmes dont les occupations demandent du mouvement.

Ce costume sera parfaitement commode et chaud, et aura une sorte de rusticité qui prouvera que la femme sensée qui l'aura choisi se sera, avant tout, occupée du confortable; mais e'le aurait tort de croire qu'il ne sied pas bien, au contraire il aura ce qu'on appelle bonne façon, parce qu'il sera bien approprié à la position de notre ménagère.

Les dimanches et les jours de fête, qui sont les seuls où notre fermière peut disposer de son temps à son gré, elle pourra quitter son costume journalier pour en prendre un plus élégant, plus conforme à la mode, et qui puisse satisfaire un peu son amour-propre ; mais je ne puis assez l'engager à conserver cette excessive simplicité, qui est le type du bon goût et que ne doit jamais exclure la richesse même.

En été elle pourra porter des robes fond blanc, bon teint, qui puissent se laver, décolletées si notre ménagère est jeune, avec un fichu très simple, en mousseline ou en jaconas pour le printemps ; l'automne, des robes un peu plus foncées, mais toujours bon teint. Pour les jours de fête, les robes blanches sont le plus joli costume à la campagne. La soie ou les étoffes qui ne se lavent pas ne conviennent nullement à notre mé-