bois, fin et compacte, mais pas assez dur, n'est pas fort employé, à cause de son peu de solidité ; mais il donne un excellent charbon.
MICOCOULIER d'Occident, C. Occidentalis (en angl. American nettle tree). Son bois, arrivé à maturité, est dur, compacte, souple et tenace, fait d'excellens cercles, des manches de fouet, des flèches de voitures, etc., ainsi que des ouvrages de sculpture. Il se développe, comme le précédent, dans les sols profonds, fertiles, ombragés et frais des états du milieu, de l'ouest et du sud.
7. CERISIER (Cerasus). — CERISIER de la Caroline, C. Caroliniana (en angl. Wild orange tree). On le trouve dans les îles de Bahama, et dans les îles le long des côtes des Carolines, de la Géorgie et des Florides. Il disparaît quand on s'éloigne de quelques milles des bords de la mer. Sa verdure persistante en fait le plus bel ornement de ces contrées, où il procure promptement aux habitans, qui le plantent autour de leurs maisons, un ombrage impénétrable; mais la petitesse de sa taille ne le rend propre à aucun usage économique.
CERISIER boréal, C. borealis (en angl. Red cherry tree). C'est un arbre du 3e ordre, commun dans les états du nord, le Canada et la Nouvelle-Ecosse, et tout-à-fait inconnu dans ceux du sud. Son fruit est extrêmement acide. Son peu de développement empêche d'en tirer parti dans les arts mécaniques.
CERISIER de Virginie, C. Virginiana (en angl. Wild cherry tree). Cet arbre est un des plus grands produits des forêts américaines; mais la rigueur du froid, l'excès de la chaleur, la grande sécheresse ou la grande humidité du sol, lui sont également contraires, et, suivant leur influence, défavorable ou propice, il s'arrête à 30 ou 40 pieds, ou s'élève jusqu'à 100, sur 12 à 16 de circonférence. Nulle part il n'est plus multiplié ni plus développé qu'au-delà des montagnes des états de l'Ohio, du Kentucky et du Tennessee, en Pensylvanie et dans la Virginie d'où il tire son nom. Son fruit, noirâtre quand il est mûr, est extrêmement amer. Son bois, compacte, d'un grain fin et brillant, d'une couleur rouge, qui devient plus foncée avec le temps, n'est point sujet à se déjeter quand il est bien mûr. La menuiserie et l'ébénisterie en font un emploi considérable; et, choisi près de la ramification du tronc, il offre des accidens qui le font rivaliser avec l'acajou. On le préfère au noyer noir, qui devient trop sombre à la longue. On l'emploie aussi dans le charronnage et dans la construction maritime.
8. PLAQUEMINIER (Diospyros). — PLAQUEMINIER de Virginie, D. virginiana (en angl. Persicus). Un froid vif est contraire à cet arbre, qui s'arrête aux rives du Connecticut, sous le 42e degré de latitude, et se propage à l'infini dans les forêts de l'ouest. Sa taille varie singulièrement, suivant la différence des sites; il fructifie abondamment dans les états du sud; mais son fruit, extrêmement âcre, n'est mangeable qu'après avoir été exposé à l'action du froid. Le bois est employé dans différens arts économiques. On le fait entrer dans la fabrication de la bière. L'écorce intérieure, extrêmement amère, est employée avec succès contre les
fièvres intermittentes.
9. HÊTRE (Fagus). — HÊTRE rouge, F. ferruginea (en Angl. Red beech). Cette espèce de hêtre forme souvent des forêts très-étendues dans les états de Maine, New-Hampshire et Vermont, où elle s'est emparée de terrains fertiles et propres à la culture du blé. Il égale en diamètre, mais non en hauteur, le Fagus sylvestris, qui, sur les bords de l'Ohio, s'élève jusqu'à 100 pieds. Ses fleurs sont aussi plus petites; mais c'est surtout dans le bois que la différence est plus importante; car un hêtre rouge de 15 à 18 pouces de diamètre a seulement 3 ou 4 po. d'aubier et 13 ou 14 po. de cœur, et c'est l'inverse de cette proportion que présente le hêtre blanc. Son bois, plus fort, plus dur et plus compacte, est employé à une foule d'usages, et l'on tire de son fruit une excellente huile.
10. FRÊNES (Fraxinus).—On en trouve six dans les catalogues de culture :
FRÈNE d'Amérique, F. Americana (en angl. White ash). Le frène d'Amérique ou frène
Fig. 80.
blanc est une des espèces les plus intéressantes entre tous les arbres américains, par les qualités de son bois; et c'est le plus remarquable par la rapidité de sa croissance et la beauté de son feuillage. On le trouve en abondance dans le New-Brunswick et le Canada, au nord de la rivière d'Hudson, et il est plus commun dans le Tennessee que dans la partie sud de New-York, le New-Jersey et la Pensylvanie. Un climat froid paraît avoir plus de rapport avec sa nature que tout autre. Le bord des rivières, le pourtour des marais et les déclivités des coteaux environnans sont pour lui les situations les plus favorables. Il atteint quelquefois la hauteur de 80 pieds, et son tronc, parfaitement droit, a souvent 40 pieds sous l'embranchement. Son bois est ordinairement estimé pour sa force, sa souplesse et son élasticité, et on l'applique avec un très-grand avantage à une foule d'usages. M. MICHAUX n'hésite pas à donner la préférence au frêne blanc d'Amérique sur notre frêne ordinaire (Fraxinus excelsior); il le considère comme une des plus précieuses acquisitions pour les forêts du nord de l'Eu-