lité du bois est encore meilleure quand il végète dans des terrains un peu secs et remplis de gravier.

SOULANGE BODIN.

ART. II. — Arbres résineux ou conifères.

1 SAPINS (Abies).—SAPINETTE blanche, A. alba (en angl. White ou Single spruce).Cet arbre (fig. 87) appartient aux régions les plus

Fig. 87.

froides de l'Amérique du nord, du Canada au Massachusetts, où il prospère dans un sol sablonneux et humide. Il s'élève de 40 à 50 pieds en pyramide régulière, moins branchue et touffue que dans l'Abies nigra. Il tire son nom de ses feuilles, d'un beau vert pâle bleuâtre, entourant les branches comme celles de l'autre, mais moins nombreuses, plus pointues, et offrant avec les branches un angle plus ouvert. Les fibres des racines macérées dans l'eau sont à la fois flexibles et solides; et dépouillées ainsi de leur pellicule, les Canadiens s'en servent pour assembler les écorces du Betula papyracea, dont ils forment leurs canots, recouvrant après les coutures avec une résine que le même arbre leur fournit. L'écorce donne un tan moins bon que celui de l'hemlock spruce.

SAPIN baumier, Baumier de Gilead (en angl. American sylverfir) (fig. 88). Habitant les mê- réuni en masses de bois, mais disséminé et mêlé avec les autres espèces, il excède rarement 40 pieds, et forme, quand il est isolé, une belle pyramide régulière, qui commence presque au niveau du sol. On en extrait par incision une résine connue dans le commerce sous le nom de baume de giléad, quoique tout le monde sache que le vrai baume de giléad est fourni par l'Amyris gileadensis, plante native de l'Asie. Cet arbre, quand il réussit, fait un bon effet dans les jardins; il lui faut, pour prospérer, un sol sablonneux et frais.

Fig. 88.

mes régions très-froides, où il se trouve non

SAPINETTE du Canada, A. Canadensis (en angl. Hemlock spruce). Egalement naturel aux régions très-froides, on commence à le voir à la baie d'Hudson; il remplit les forêts des environs de Quebec, forme les trois quarts des arbres verts de ces contrées septentrionales, et disparaît en s'avancant vers le midi. Il atteint la hauteur de 70 à 80 pieds; et dans nos contrées il peut contribuer beaucoup à l'embellissement de nos paysages, par l'élégance de son port et la disposition de ses branches; mais il perd ces avantages pitto-resques en vieillissant. Son bois et sa résine sont de peu de valeur; mais il offre, dans les pays où il croît, une qualité inestimable, par son écorce qui est employée, dans les tanneries, en place de celle de chêne.

SAPINETTE noire, A. nigra (en angl. Black ou Double spruce). On lui donne aussi quelquefois le nom de red spruce. Cette espèce croît en forêts épaisses et presque non interrompues dans les contrées comprises entre les 44e et 53e degrés de latitude, et les 55e et 75e degrés de longitude. Les plus beaux massifs se voient dans les vallées dont le sol est noir, humide, profond et couvert d'une mousse épaisse. L'arbre s'élève de 70 à 80 pieds, et son sommet présente une belle pyramider régulière, dont la forme est déterminée par la direction horizontale des branches. Ses qualités distinctives sont la force, la légèreté et l'élasticité; il fournit les meilleurs mâts de perroquet et les meilleures vergues qu'on puisse désirer; il entre encore dans d'autres parties de la construction des vaisseaux, en remplacement du chêne, et l'on en fait des madriers d'une grande dimension. Il n'est pas employé moins avantageusement dans les constructions civiles. Cette espèce n'est pas assez résineuse pour donner de la térébenthine comme article de commerce. C'est avec ses jeunes branches qu'on fait la boisson salutaire connue sous le nom de spruce beer, qui, dans les longs voyages, est un excellent préservatif du scorbut.

2. CYPRÈS (Cupressus).—CYPRÈS distique, CYPRÈS chauve, CYPRÈS de la Louisiane, C. disticha (Schubertia) (en angl. Cypress) (fig. 89). C'est dans les marais des Etats du sud, principalement ceux de la Louisiane, où il occupe des milliers d'acres désignés sous le nom de cyprières, que cet arbre atteint son plus grand développement. Les plus grands individus ont 120 pieds de hauteur, et de 25 à 40 pieds de circonférence au-dessus de la base conique qui, à la surface de la terre, est toujours 3 ou 4 fois aussi grosse que le tronc proprement dit : disposition qui oblige