Les fagots qui ne sont pas depuis de feuilles se vendent moins cher que les autres, excepté dans les contrées où la feuille des arbres forme une partie importante de la nourriture des bestiaux. Les fagots de menus brins sont moins chers, et même, dans les pays très-boisés, les petites branches et tous les brins qui n'ont pas un pouce de tour ne servent qu'à fabriquer de la potasse. Le prix des fagots de gros brins de 6 pieds de longueur sur 26 pouces de tour (8 centièmes de stère) dans les départements où le bois est cher, est de 50 centimes chacun. Ce prix porte le stère à 6 fr. 25 c. Sur les ports de la Saône, entre Châlons et Lyon, un fagot de gros brins, pesant 17 kilogrammes dix mois après l'exploitation, se vend 25 centimes. Dans les forêts où l'on fabrique du charbon, il ne reste que les plus petits brins qui produisent, par hectare, 800 bourrées qui valent 6 fr. le cent ; déduisant 1 fr. 50 c. pour la façon, le produit net est de 4 fr. 50 c. par cent ou de 36 fr. par hectare.

2c Cercles de futailles.

Les meilleurs bois pour fabriquer les cercles ou cerceaux des futailles dans lesquelles on met le vin et les liqueurs spirituenses, sont le châtaignier, le coudrier et le marsault. Les cercles de cette dernière essence conviennent très-bien pour les caves humides. Les plus mauvais bois pour cet usage sont le chêne, le charme et le hêtre.

Les meilleurs cercles de cuves sont ceux de châtaignier, de bouleau, d'orme et de frêne.

Les petites perches de coudrier, marsault, etc., font ordinairement chacune deux cercles de futailles; les plus fortes en fournissent chacune 3, 4, 5 et même 6; on les lie en paquets appelés couronnes ou môles qui contiennent chacune 25 cercles (fig.132). Les

Fig. 132.

perches destinées à cette fabrication ne doivent pas être coupées pendant l'ascension de la sève, car l'écorce se détacherait, et les cercles qui en seraient dépouillés ne se vendraient pas.

Le travail du cerclier consiste à fendre adroitement les perches et à enlever ensuite, à l'aide d'une plane Fig. 133.

(fig. 133), le bois qui ne doit pas rester dans le cercle qu'il fait ensuite entrer à coups de maillet dans le

parquet (fig. 134). Ce parquet est composé

Fig. 134.

d'une plate-forme en bois autour de laquelle sont solidement fixés des piquets formant une enceinte circulaire dans laquelle l'ouvrier ajuste et range ses cercles. Il fait disparaître les nœuds et les courbures à l'aide du maillet et de la plane. La façon des cercles de tonneau de 3 mètres de longueur se paie au cerclier à raison de 35 centimes la couronne ; la façon des cercles de 22 à 25 décimètres se paie 25 centimes la couronne. La façon de chaque cercle de cuve coûte 50 centimes. Ces cercles se vendent 20 francs la douzaine.

Le travail du cerclier produit un paquet de petits copeaux par couronne ; chaque paquet vaut 10 à 12 centimes pris à l'atelier.

Le transport des cercles de futailles de 220 litres dans les chemins de traverse coûte 15 centimes par couronne et par lieue.

3º Echalas.

On distingue les échalas de bois fendu, et les échalas appelés paisseaux, qui sont des brins entiers de 20 à 25 lignes de circonférence. On emploie ces derniers dans les vignes après avoir aiguisé le pied pour le faire entrer dans la terre et enlevé les petites branches et les nœuds qui en garnissaient la tige. Les meilleurs paisseaux sont ceux de genévrier et de pin; mais ils sont rares. Ceux de coudrier et de marsault sont passables; mais les paisseaux de charme, hêtre, tremble, chêne et bouleau pourrissent très-promptement.

Un moule de bûches de chêne propre à faire des échalas a les dimensions suivantes: 4 pieds sur 2 faces; la longueur des bûches est de 4 pieds 8 pouces. La solidité est de 74 pieds cubes 1/10. Ce moule rend 2,500 échalas ou 50 bottes, composées chacune de 50 échalas. Le prix dans la forêt est d'un franc la botte, ce qui fait 20 fr. le mille d'échalas.

Nous allons donner le compte d'un moule fabriqué :

2,500 échalas à 20 fr. le mille valent en tout 50 fr. . . . . . . . . . . . 50 fr.

Il faut déduire la façon qui est de 4 fr. par mille en abandonnant les copeaux au fendeur. . . . . . . . 10

Produit net. . . . . . 40 fr

Le moule se vend 30 fr. dans la forêt; le profit de l'acheteur est par conséquent de 10 fr.

Le tremble et les autres bois blancs ser vent à faire de bons échalas de fente qui toutefois ne doivent être employés que lorsqu'il sont parfaitement secs.