formés par le pic-vert contiennent toujours du bois pourri.
La pourriture sèche est une maladie qui attaque les bois employés à la construction des vaisseaux; elle est devenue très-commune; la plupart de nos bâtimens de mer ne durent guère plus de 8 à 10 ans; on a perdu dans les chantiers de nos ports plusieurs millions de pieds cubes de bois qui sont tombés en pourriture. On ne devrait jamais employer des arbres sur le retour sans avoir pris la précaution de les fendre en quatre parties par le centre.
§ II. — Division des futaies.
1º Pièces de marine et de charpente.
Les chênes de toutes dimensions sont propres au service de la marine lorsque le bois en est sain; les plus petits servent à faire des chevilles. Les vaisseaux sont construits en grande partie de bois courbes. La longueur de ces courbes de toute espèce varie de 8 à 30 pieds. Leur prix est d'autant plus élevé qu'elles sont plus rares. On les vend jusqu'à 4 fr. le pied cube.
Les chênes et les ormes courbes conviennent aussi très-bien pour les roues de moulin, pour le charronnage de l'artillerie, pour faire des cintres de voûtes et des ponts.
Les chênes de 3 pouces 1/2 d'écarrissage servent à faire des chevrons, des contrefiches et autres petits bois de charpente. Les pièces de 5 à 7 pouces d'écarrissage servent à faire les poutres, tirans, etc.
Les longs chênes très-courbes qui sont trop faibles où trop défectueux pour être employés dans la construction des vaisseaux ou la charpente des bâtimens, servent à la construction des bateaux; on les débite en planches de 8 à 16 lignes d'épaisseur que l'on redresse facilement en les passant sur un petit feu de copeaux au moment de les employer.
Les frais de transport des bois écarris, par terre et sur les chemins ordinaires, sont de 3 francs par stère et par lieu.
Les frais de transport sur les rivières navigables sont de 1 franc par stère et par lieue, terme moyen.
Ecarriissage des bois. L'écarrissage des bois exige beaucoup d'adresse, surtout pour les bois courbes ou méplats ; ces derniers ont les côtés inégaux en largeur, mais on les emploie de champ pour augmenter leurs forces. L'écarrissage des bois de 6 à 8 pouces d'épaisseur coûte 5 centimes le pied courant; de 10 à 12 pouces, 8 centimes le pied courant; de 13 à 16 pouces, 20 centimes le pied courant. Ce prix comprend l'écarrissage sur les 4 faces. L'écarrissage des courbes, ne devant être exécuté que par des ouvriers habiles et exercés à ce genre d'ouvrage, coûte moitié plus cher.
2º Ouvrages de fente.
Merrain. On pourrait fabriquer le merrain et la latte à la scie; mais comme les fibres seraient coupées, les pièces seraient bien moins fortes que lorsqu'elles sont fendues. Cependant les barils à mettre les harengs sont débités à la scie. Il en est de même du merrain qui sert à fabriquer les grandes fufailles.
Les arbres qui fendent le mieux sont le chêne et le hêtre; mais ce dernier ne s'emploie pas encore dans la fabrication du merrain de tonneaux.
Les meilleures futailles à mettre le vin sont celles de chêne, lorsque ce bois n'est pas gras et spongieux, et celles de châtaignier; on fait aussi des barils propres au même usage en mûrier blanc, faux acacia et merisier. Le merrain provenant des bois blancs, comme le sapin, le tremble, le peuplier et le saule, sert à la fabrication des futailles qui doivent contenir des marchandises sèches.
On juge qu'un arbre se fend bien lorsque l'écorce est lisse et ne présente pas des nœuds. Les arbres nouéu ou contournés se mettent en sciage.
Dans un arbre dont le volume total, y compris l'aubier et l'écorce, est de 30 pieds cubes, et dont le volume cubé au 5me déduit est de 15 pieds cubes, on ne trouve, terme moyen, que 10 pieds cubes de merrain, en supposant même que l'on puisse en faire dans toute la longueur de l'arbre; le reste est composé du rebut, de l'aubier, de l'écorce et des copeaux.
Voici les dimensions de plusieurs espèces de merrain.
| Noms des pièces. | Longueur. | Largeur. | Épaisseur. | Cubage de 1000 pièces. |
| Pouces. | Pouces. | Lignes. | Pieds cubes. | |
| Douves . | 50 | 6 | 15 | 217 » |
| Fonds. . | 37 | 7 | 18 | 224 8/10 |
| Douves.. | 48 | 6 | 15 | 208 3/10 |
| Fonds. . | 34 | 7 | 16 | 183 6/10 |
| Douves.. | 45 | 6 | 12 | 156 2/10 |
| Fonds. . | 30 | 7 | 13 | 131 » |
| Douves.. | 36 | 5 | 8 | 69 4/10 |
| Fonds. . | 24 | 6 | 9 | 62 5/10 |
| Douves.. | 35 | 4 | 11 | 74 2/10 |
| Fonds. . | 24 | 4 | 11 | 50 9 10 |
Le millier marchand de merrain dont les dimensions sont indiquées dans les deux dernières lignes de ce tableau, se compose de 2,575 pièces, savoir, 1717 douves et 858 pièces de fond. — Ce merrain sert à faire des tonneaux de 200 à 220 litres.
Le prix de la façon d'un millier marchand est de 70 fr. — Le prix moyen de ce même millier de merrain rendu dans le vignoble est de 625 fr. — Le merrain propre à fabriquer les petites futailles de 110 litres se vend à raison de 275 fr. le millier marchand; la façon coûte 60 francs.
Les frais de transport du merrain se calculent ainsi qu'il suit, pour un millier de 2,575 pièces propres à faire des tonneaux de 220 litres :
| Par los chemins de traverse. | Par les routes. | |
| à 1 lieue 1/2. . . . . . | 9 fr. . . . 6 fr. | |
| à 2 lieues. . . . . . | 12 . . . 8 | |
| à 3 lieues. . . . . . | 18 . . . 12 | |
Boissellerie, Raclerie. Le débit des chênes en boissellerie est plus avantageux qu'en sciage; car on n'emploie pour ce dernier usage