Frais à déduire. Supposons un sapin de 4 pieds 1/2 de tour qui rend 70 planches.
Les frais de transport de l'arbre à la scie-
rie sont de 3 fr. ci. . . . . . 3 fr. »c.
La façon du sciage est comptée à raison d'un franc la douzaine de planches, ce qui fait pour 70 planches. . . . . . . . . . 5 83
La main-d'œuvre pour le chargement s'élève avec les faux frais a. 1 50
Intérêts de l'établissement de la scierie à 15 0/0 et répartitions. » 15
TOTAL. . . . . . 10 fr. 48 c.
Nous avons vu que ce sapin avait rendu pour 52 fr. 50 c. de planches; déduisant les frais, il reste 42 fr. 02 c. pour le produit net de l'arbre: il faut distraire de cette dernière somme le bénéfice du marchand qui fait l'exploitation. Nous n'avons pas parlé des branches de l'arbre, ni de l'écorce; mais ces produits se compensent avec les frais d'abattage et ceux de surveillance.
Nous allons actuellement présenter le calcul du produit de ces arbres d'après leur volume au 5me déduit.
Le sapin n° 1 contient 9 pieds cubes; par conséquent son produit total est d'un franc 11 centimes par pied cube, ou de 10 fr. pour la tige entière. — Le volume du sapin n° 2 est de 16 pieds cubes 6/10, et comme sa valeur totale est de 20 fr. 40 c., le pied cube vaut 1 f. 23 c. — Le volume du sapin n° 3 est de 25 pieds cubes; sa valeur totale étant de 28 fr., le pied cube vaut 1 fr. 12 c. — Le volume du sapin n° 4 est de 43 pieds cubes 8/10; sa valeur totale étant de 36 fr. 75 c., il vaut par pied cube 84 c. — Le volume du sapin n° 5 est de 56 pieds cubes; sa valeur totale étant de 52 fr. 50 c., il vaut par pied cube 93 centimes. — Le volume du sapin n° 6 est de 96 pieds cubes; sa valeur totale étant de 80 fr. 66 c., il vaut par pied cube 84 cent. — Le volume du sapin n° 7 est de 122 pieds cubes, sa valeur totale étant de 104 fr., il vaut par pied cube 85 cent.
Un calcul semblable est indispensable dans toutes les exploitations, si le marchand veut connaître le meilleur emploi possible de son bois. Dans l'exemple ci-dessus, le débit en planches est le plus profitable pour les petits arbres; mais il faut calculer combien les arbres d'une grosseur moyenne produiraient si on les débitait en chevrons de 4 pouces d'écarrissage ou en plateaux. Il faut enfin discerner l'emploi qui établit le plus haut prix pour le produit net du pied cube.
Cel exemple fait voir qu'il est désavantageux de débiter en planches les gros sapins; on ne les emploie en effet à cet usage que lorsqu'on ne peut les exporter facilement.
Pour scier les sapins on ne fait qu'enlever l'écorce sans les écarrir; les planches ont toute la largeur de l'arbre; celles des côtés, que l'on nomme doses, sont arrondies sur une face et ont peu de valeur. L'écorce sert au chauffage.
Le sapin-épicéa est employé dans les montagnes du Jura et des Vosges à faire des ouvrages de boissellerie, tels que les vases à mettre le lait, qui sont formés d'un fond et de petites douves cerclées en bois, des barattes, d'autres ustensiles pour les laiteries et pour les caves, etc. Cet emploi, lorsque les arbres y sont propres, est toujours meilleur que le sciage.
Un stère de bois grossièrement écarri rend 300 pieds courans de planches de 1 à 12 pou. de largeur. Un stère de bois en grume rend 180 pi. courans de planches.
On paie aux scieurs de long pour la façon de 1000 pi. courans de bois de sciage assorti de planches, voliges et chevrons, 36 fr. si les bois sciés sont des sapins, des péupliers, des trembles ou d'autres bois tendres, et 45 fr pour le sciage de chêne. La façon du sciage pour le bois de cuves qui a 2 pou. d'épaisseur sur 7 po. de largeur moyenne, est de 42 fr. par mille pi. courans. Le prix du sciage des bois de bateaux est de 60 fr. par mille pi. courans.
Le prix du transport des bois de sciage sur un chemin de traverse est par milliers de pi. courans de planches assorties :
Pour 1 lieue . . . . . . . . . 3 fr.
Pour 2 lieues . . . . . . . . 6
Pour 2 lieues et demie. . . . . . 7
Pour 3 lieues . . . . . . . . 8
Pour 4 lieues . . . . . . . . 10
B. Produit d'ypréaux mis en planches.
Douze blancs de Hollande dont la grosseur donne un écarrissage de 12 à 15 pou. produisent 5,400 pi. courans de planches valant 9 cent. le pi. en bois vert et 13 cent. le pi. en bois sec. La façon du sciage des planches est de 2 cent. par pi. courant. Ainsi la valeur nette du pi. de planche est de 7 cent.
5,400 pieds de planches à 7 centimes valent . . . . . . . . . . . . . . . 378 fr.
Les cimes et les débris de l'écar-
rissage valent, à raison de 3 fr. par
arbre 36
Produit net . . . 414 fr.
Cette somme, divisée par le nombre d'arbres, donne 34 fr. 50 cent. pour le produit de chacun.
7° Bois de chauffage.
Dans les pays de grandes forêts, on met en bois de chauffage une partie des futaies de hêtre, qui sont fendues en grosses bûches pour cet usage, auquel on emploie aussi le chêne et le charme; mais lorsqu'on débite aussi d'autres arbres que ceux qui sont defectueux, on sort des règles d'une bonne exploitation et on manque d'industrie.
8º Branchages des futaies.
Dans un massif de futaies, les arbres n'ont pas de larges têtes et leurs branches sont peu volumineuses. Dans les futaies sur taillis il faut distinguer: si ce sont de grands taillis, les arbres sont médiocrement branchus; mais il faut encore avoir égard à d'autres circonstances. Lorsque les arbres sont très-épais, leurs têtes, quoique plus fortes que celles des arbres de même grosseur, dans un massif ne s'étendent pas sur de larges dimensions. Si au contraire les arbres sont peu