§ II. — Description des principales greffes.
Les greffes qu'on emploie le plus fréquemment dans les pépinières pour les grands vé- gétaux ligneux à feuilles caduques, sont les suivantes :
La greffe en fente ordinaire. (Voy. un peu plus loin, fig. 17.)
La greffe anglaise (fig.10), que sa grande solidité et sa facile reprise rend très-utile pour les arbres à écorce mince et à bois dur.
La greffe Lee, ou par entaille triangulaire, (fig. 11), qui convient surtout aux végétaux dont la moëlle ne doit pas être attaquée, et aux grosses tiges dont l'écorce vieillie offre peu de sève.
La greffe Varin, à rameau posé entre l'aubier et l'écorce, comme une greffe en couronne (fig. 12), qui réunit les avantages des deux précédentes.
Fig. 12.
Fig. 11.
Fig. 10.
Fig. 13. La greffe Cels (fig. 13), sur raci-
nes séparées des arbres et plantées par tronçons avant d'être opérées, qui permet de multiplier sur eux-mêmes des individus dont on ne possède pas de congénères.
Enfin rarement celle en écusson. (Voy. un peu plus bas les fig. 15 et 16.)
La greffe herbacée des arbres forestiers résineux, telle qu'on la pratique presque exclusivement depuis une douzaine d'années, est
d'une exécution fort simple et d'un résultat assuré. — Elle a permis de transformer par milliers, dans la forêt de Fontainebleau, des pins sylvestres en Laricio d'une superbe venue. — On peut croire qu'elle présenterait le même avantage sur les terrains crétacés de la Champagne pouilleuse.
Selon que la greffe est de diamètre égal à celui du sujet ou un peu moindre, on la
Fig. 14.
coupe triangulairement (fig. 14), ou en biseau prolongé, pour l'insérer dans une entaille correspondante à la sommité de la tige principale de l'arbre. — Dans tous les cas, on choisit, pour faire l'opération, le moment où cette tige encore herbacée a atteint les deux tiers environ de son développement, c'est-à-dire de 1 à 2 et 3 décim. environ (6 à
8 et 10 po.), selon la vigueur de la végétation;
— on la casse bien net au tiers inférieur ou à moitié de sa longueur; on ne laisse à la greffe également herbacée que 2 à 5 cent. (1 ou 2 po.); puis, après avoir incisé et réuni les parties comme il vient d'être dit, et les avoir consolidées par une ligature de laine, on les entoure d'un cornet de papier destiné à empêcher pendant les 10 à 15 premiers jours les effets de l'évaporation.
Les greffes herbacées ne sont pas seulement propres à la multiplication des conifères; la plupart des arbres à feuilles caduques, ceux même qui reprennent difficilement par tout autre moyen analogue réussissent généralement avec celui-là : je citerai seulement le chêne et le noyer.
Pour les arbres fruitiers, les greffes en écusson, en fente, en couronne et en flûte, sont presque exclusivement employées.
La greffe en écusson (fig. 15 et 16) convient également à presque tous; on la pratique à peu près exclusivement sur l'amandier, le pêcher, l'abricotier, presque toujours sur le prunier, le cerisier, l'olivier, et très-fréquemment sur le poirier, le pommier et même l'oranger.
La greffe en fente (fig. 17, 18, 19, 20 et 21) a, pour les arbres fruitiers à noyaux, le grave défaut de donner naissance à des extravasions de gomme; aussi ne l'emploie-t-on presque jamais sur le pêcher et l'abricotier. — Elle a moins d'inconvénient sur le prunier, quelques cerisiers, et même l'amandier; — elle n'en a aucun sur l'olivier, le pommier, le poirier, la vigne. — On s'en sert de préférence quand les sujets, arrivés à un certain âge, ont une écorce épaisse et rugueuse peu favorable à la pose des écussons.
Parmi les greffes en écusson, la greffe Lenormand, avec un léger fragment d'aubier sous l'œil (fig. 15), est la plus facile, la plus prompte Fig. 15. Fig. 16.
ainsi, dès la première année, obtenir les branches-mères d'un espalier.
Parmi les greffes en fente, la greffe Atticus (fig. 17) se trouve la première.
La greffe Palla-
dius (fig.18) en fen-
te, à deux rameaux,
se pratique sur des
sujets plus gros;
elle offre une dou-
ble chance de réuss-
site.
La greffe Trochereau (fig. 19) présente cette particularité, qu'au lieu de fendre le
Fig. 18. Fig. 19. Fig. 17.