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France et dans une grande partie de l'Europe. Le cornouiller mâle a produit par la culture plusieurs variétés, dont une à fruits jaunes, une autre à feuilles panachées. L'espèce se multiplie par les semis, les variétés par la greffe. Cet arbre croît très-lentement et est susceptible de vivre très-vieux. Bosc en cite un, de la forêt de Montmorency, qu'il croit avoir plus de mille ans d'existence. Dans les vieux cornouillers, le cœur est brun et l'aubier est blanc, avec une légère teinte rougeâtre. Ce bois est très-dur, fin, et susceptible de recevoir un beau poli; on en fait des rayons de roue, des échelons d'échelles, des coins, des chevilles; on en fabrique aussi des cerceaux, des échalas qui durent long-temps. L'écorce des branches et des rameaux est astringente; elle a été employée comme fébrifuge. Les fruits, qu'on nomme cornouilles, ont une saveur aigrelette et un peu acerbe; on ne les mange guère que dans les campagnes.
CORNOUILLER sanguin, vulgairement femelle, Bois punais (C. sanguinea, Lin.). Cette espèce est un arbrisseau de 12 à 15 pieds de hauteur, dont les rameaux sont d'un rouge brun, garnis de feuilles ovales, pointues, et se terminant par un bouquet de fleurs blanches disposées en corymbe, paraissant en juin et juillet. auxquelles succèdent des fruits arrondis, noirâtres, d'une saveur amère et astringente. Elle croît spontanément dans les bois et les buissons de tout le midi de l'Europe. On en connaît une variété à feuilles panachées. La disposition que cet arbrisseau a de pousser beaucoup de rejetons de son pied, et la facilité qu'il a de pouvoir réussir presque partout, le font employer pour former des haies; mais ses rameaux étant toujours droits et effilés, rendent ces clôtures de peu de defense. Ses jeunes rameaux peuvent servir à faire des liens et des ouvrages de vannerie commune; les plus longs et les plus droits sont bons dans les jardins pour faire des tuteurs aux jeunes arbrisseaux et aux plantes qui ont besoin d'être soutenues. Communément on fait, avec la coupe des tiges et des rameaux, des bourrées pour le chauffage. Les fruits, qui sont oléagineux, peuvent fournir une huile d'une odeur désagréable, mais propre à la fabrication du savon et à l'éclairage.
9. CYTISE (lat. Cytisus).—Les cytises sont de petits arbres, ou le plus souvent des arbrisseaux, de la famille des Légumineuses. Nous ne parlerons ici que des premiers.
CYTISE aubours, faux-ébénier(C. laburnum, Lin.) (fig. 44). Cet arbre s'élève à 15 ou 20 pieds Fig. 44.
sur un tronc de 2 à 3 pieds de circonférence. Ses rameaux, recouverts d'une écorce verdâtre, sont garnis de feuilles petiolées, composées de trois folioles ovales - oblongues, glabres en dessus et un peu soyeuses en dessous; ses fleurs sont jaunes, papilionacées, disposées en longues grappes pendantes, et à calice court et campanulé; les fruits sont des légumes alongés, légèrement velus. Ce cytise croît naturellement dans les bois des montagnes, en France et dans plusieurs parties de l'Europe. On le plante communément dans les jardins et les bosquets, comme arbre d'ornement.
CYTISE des Alpes (C. Alpinus, Wild.). Cette espèce a été long-temps confondue comme variété de la précédente; elle s'en distingue par le dessous de ses feuilles et ses légumes glabres, par un rebord particulier qui garnit le dos de ces derniers, et enfin parce qu'elle forme un arbre plus élevé, qui ne craint pas les froids les plus rigoureux, tandis que dans le nord de l'Europe la 1re périt souvent par suite des fortes gelées. Le cytise des Alpes se trouve dans les montagnes du Dauphiné, de la Savoie, de la Hongrie et de l'Ecosse. On le plante, comme le précédent, dans les jardins et les bosquets. Ces deux arbres fleurissent en mai et en juin.
Ils sont très-rustiques et viennent aisément partout, excepté dans les terrains maréca-