geux et ceux de pure craie. MALESHERBES a fait planter la première espèce dans un sol de marne argileuse où aucun autre arbre n'avait pu réussir, et il a converti ce terrain, jusque là stérile, en un bois de bon rapport. On peut donc en faire des taillis qui seront bons à couper tous les 9 à 10 ans. Les cytises ne prennent point de boutures; les marcottes sont très-longues à s'enraciner; il faut, pour les multiplier, en semer les graines, ce qui doit se faire à la fin de l'hiver, dans un terrain bien labouré.

Plusieurs animaux ruminans, et particulièrement les moutons et les chèvres, mangents sans inconvénient les feuilles des cytises; mais elles sont émétiques et purgatives pour l'homme. Le bois de ces arbres est très-dur, souple, élastique, et il résiste long-temps à la pourriture. Ce bois est brunâtre, et il devient noirâtre dans les arbres âgés; il prend facilement un beau poli: les ébénistes et les tourneurs l'emploi à différens ouvrages. Dans les pays où les cytises sont communs, on se sert des tiges de 6 à 10 ans pour faire des cercles, des échalas, des rames, etc.

Löiseleur DESLONGCHAMPS.

10. ERABLE (lat. Acer; angl. Maple; all. Ahorn; ital. Acero).—Les Erables forment un genre assez nombreux. Plusieurs espèces croissent naturellement dans nos forêts; un plus grand nombre a été introduit dans nos parcs et nos grands jardins. Nous ne parlerons article que des arbres indigènes.

L'ÉRABLE commun ou champêtre (A. campestre, Lin.). Cet arbre s'élève à 25 ou 30 pieds, sur une lige dont l'écorce est dure et crevassée. Ses feuilles ont 5 lobes obtus à leur sommet et à leurs angles. Son bois est dur, d'un grain homogène, liant, blanc ou jaune, et susceptible d'un beau poli. Le pied cube sec pèse 51 à 52 livres; il fait très-peu de retraite en séchant. Les tourneurs, les ébénistes, les luthiers le recherchent pour en faire des ouvrages de tabletterie ou de lutherie. Il chauffe bien et produit un bon charbon. Ses jeunes tiges servent à faire des fouets pour les cochers. Ses feuilles sont très-recherchées par les bestiaux, surtout par les chèvres. Il peut être employé avec succès à former des haies vives, qui, par une taille répétée, deviendront très-épaisses et très-serrées. Il sera bien placé aussi dans les massifs des jardins français. Cet arbre se plaît dans les terrains frais, parmi la bonne terre végétale, les sables et les graviers. Il redoute l'humidité. On le multiplie de graines semées en automne et recouvertes de six lignes environ de terre; elles lèvent souvent au bout de six mois, mais quelquefois elles restent un an et 18 mois dans la terre. L'entretien des semis consiste à les biner et à les sarcler pendant les 2 ou 3 premières années. Ce n'est qu'à la 5e que les arbres mis en pépinière en doivent être tirés pour être plantés à demeure.

L'ÉRABLE sycomore (A. pseudo-platanus, Lin.) (fig. 45). C'est un arbre de la 1re grandeur, et remarquable par son port et son beau feuillage. Son bois est blanc, marbré, d'un tissuserré, et susceptible de recevoir un beau poli. Lorsqu'il est sec, le pied cube pese 50 livres environ. Son bois est employé par les charrons, les ébénistes, les tourneurs, les sculpteurs et les facteurs d'instrumens de musique et surtout de violons. On en fait aussi des montures de fusils. L'accroissement de cet arbre est très-prompt comparativement aux autres. Il aime un terrain formé de terre végétale, de sable et de gravier; il se plaît surtout dans les plaines et au revers septentrional des montagnes. Il vit 100 à 200 ans. Elevé en taillis, il s'exploite tous les 25 à 30 ans; en futaie, à l'âge de 100 et 120 ans. Sa culture est la même que celle de l'érable champêtre.

Fig. 45

L'ÉRAPE plane (A.platanoides, Lin.) (fig.46)

Fig. 46.

diffère du précédent par ses feuilles vertes des deux côtés, bordées de dents aiguës, inégales et écartées, et par ses fleurs disposées en co-orymbes. Il s'élève de 45 à 60 pieds, c'est-à-dire un peu moins que le sycomore. Son bois, dans la jeunesse de l'arbre, est blanc; moiré et d'une couleur tirant sur le gris; dans un âge plus avancé. Le pied cube sec pèse 43 à 44 livres. On l'emploie aux mêmes usages que celui du sycomore. Son accroissement est très