pieds, dont les rameaux sont grisâtres, garnis de feuilles ovales ou arrondies, quelquefois ovales-oblongues, glabres en dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous. Ses fleurs, qui naissent avant les feuilles, ont les écailles de leurs chatons très-velues. Le marceau est commun dans les bois frais et humides de la France et de la plus grande partie de l'Europe.
Cet arbre croît avec beaucoup de rapidité, surtout quand il repousse sur sa souche; il n'est pas rare alors de le voir faire, dès la 1re année, des jets de 10 à 12 pieds de haut, ce qui le rend très-propre à former des taillis qu'on peut exploiter avec avantage tous les 6 à 7 ans.
Le bois qu'on retire du marceau cultivé en taillis est propre à faire des échalas, des cercles, des lattes pour les vaniers, des fourches, des perches, etc.; enfin les menus brins font des bourrées qui servent dans les campagnes pour chauffer les foyers, les fours, et pour cuire la brique, la chaux, le plâtre, etc. Ce bois produit un feu clair qui n'est pas de durée et ne donne pas beaucoup de chaleur, si on le compare aux bois durs, mais d'ailleurs préférable à celui de la plupart des autres bois blancs. Comme bois de travail, celui du marceau est d'un blanc tirant au rougeâtre; il a le grain fin, serré, et est facile à travailler; il est propre à faire des sabots, des planches pour la menuiserie; on peut aussi l'employer pour les pièces de charpente intérieure, quand on en rencontre d'assez gros pour ce genre de travaux. Taillé en tétard, comme le saule blanc et le saule fragile, il peut de même être émondé tous les 3 à 4 ans. Il prend facilement de boutures, quand on fait celles-ci dans un lieu frais et humide : nous l'avons même planté en gros plançons de 16 à 18 pieds de longueur et de 12 pouces de tour par le bas, et il a très-bien repris. Planté en petites boutures grosses comme le pouce, il est très-propre à regarnir avec économie les parties d'un taillis qui sont dépourvues de bois : il est encore bon à former des haies de clôture.
Tous les bestiaux, et surtout les chèvres, aiment les feuilles du marceau, et dans quelques cantons on le cultive exprès pour en donner la dépouille à ces animaux ; sous ce rapport, les haies de cette espèce peuvent être tondues 2 à 3 fois dans la belle saison. Enfin son écorce, amère et astringente, a été employée en médecine comme succédanée du quinquina, et dans quelques contrées on s'en sert pour le tannage des cuirs.
Le SAULE à oreillettes (S. aurita, Lin.), et le SAULE acuminé (S. acuminata, Smith), ont beaucoup de rapports avec le marceau; ils se trouvent comme lui dans les bois frais et humides; mais ils poussent avec moins de rapidité, et s'élèvent moins haut, ce qui les rend moins recommandables sous le rapport de leurs usages.
Le SAULE à feuilles soyeuses (S. holosericea, Willd.), qui se distingue du marceau par ses feuilles lancéolées, acuminées, revêtues en dessous d'un duvet très-soyeux, nous paraît pouvoir rivaliser pour les produits avec ce dernier. Cette espece est d'ailleurs peu répandue.
SAULE viminal, vulgairement Osier blanc (S. viminalis, Lin.). A l'état d'arbre ce saule Fig. 65.
s'élève rarement à plus de 20 pieds; ses jeunes rameaux sont effilés, très-droits, chargés, dans leur jeunesse, d'un duvet soyeux, garnis de feuilles linéaires-lancéolées, aiguës, légèrement ondulées en leurs bords, vertes et glabres en dessus, revêtues en dessous d'un duvet soyeux et argenté. Ses fleurs, plus précoces que les feuilles, sont disposées en chatons cylindriques et très-velus. Cette espèce est commune en France et dans une grande partie de l'Europe; on la trouve sur les bords des rivières.
SAULE hélice (S. helix, Lin.). Cette espèce n'est qu'un arbrisseau de 10 à 12 pieds d'élévation, dont les rameaux sont effilés, glabres, garnis de feuilles souvent opposées, rarement alternes, linéaires-lancéolées, d'un vert gai en dessus, glauqués en dessous. Ce saule se trouve en France et dans plusieurs parties de l'Europe, dans les lieux humides et aquatiques.
SAULE pourpre, vulgairement Osier rouge (S. purpurea, Lin.). Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente, et l'on ne peut guère l'en distinguer que par ses feuilles plus étroites. Elle croit dans les mêmes lieux.
Les 3 dernières espèces sont cultivées, à cause de la flexibilité fort grande de leurs rameaux qui les fait employer à des ouvrages particuliers; le saule osier, ou l'osier jaune de notre première section, se rencontre aussi fréquemment dans les cultures connues sous le nom d'oseraies; le saule précoce et le saule à feuilles aiguës, encore peu répandus, mériteraient aussi d'y trouver place.
III. Formation d'une Oseraie.
Pour former une oseraie, on fait choix d'un terrain convenable; le meilleur est un sol profond, situé à peu de distance d'une rivière, ou qui soit naturellement gras et hu-