donne un bois fort estimé pour le chauffage.

CHÈNE-saule, Q. phellos (en angl. Willow oak). Parvenu à une certaine force, il fait dans les jardins d'agrément un effet assez pittoresque, par son feuillage vraiment singulier pour un chêne; mais sous le rapport de l'utilité il est sans intérêt.

CHÈNE rouge, Q. rubra (en angl. Red oak). Son parfait développement demande un climat froid et un sol fertile. Son bois est grossier et d'une qualité médiocre. On en fait du merrain pour le transport des marchandises sèches. Ses glands sont abondans et recherchés par les animaux. On fait un grand usage de son écorce pour le tannage des cuirs. Il est depuis long-temps introduit en France, où il contribuerait, s'il y était plus abondant, à l'ornement des jardins paysagers; car c'est un grand arbre qui porte à 80 pieds de haut une cime étalée et majestueuse.

CHÈNE quercitron, Q. tinctoria (en angl.

Black oak, Quereitron oak). Ce chêne (fig.83)

Fig. 83.

atteint la hauteur de 27 à 30 mètres, et n'a pas besoin, pour prospérer, d'un terrain aussi bon que le chêne blanc. On en trouve de très-beaux dans le sol maigre et graveleux qui caractérise certains districts de la Virginie. Excepté l'Etat de Maine, et les parties sep- tentrionales de ceux de New-Hampshire, Vermont et Tennessee, on le trouve dans tous les Etats-Unis des deux côtés des monts Alléghanis. Son bois, rougeâtre et d'un grain grossier, fournit une grande quantité de dou- ves propres au transport des marchandises sèches; et l'on assure qu'il donne le meilleur bois de chauffage après les hyckorys. L'écorce est généralement employée pour le tannage des cuirs, parce qu'elle est très-riche en principe tannin; seulement elle donne au cuir une couleur jaune qu'on est obligé de faire disparaître par un procédé particulier. C'est de la partie cellulaire de cette écorce que l'on retire le quercitron, dont on fait un si grand usage pour teindre en jaune la laine, la soie et le papier de ten-ture. C'est le docteur BANCROFT qui, le pre-mier, a appliqué cette substance à la teinture, et lui a donné le nom sous lequel elle est universellement connue. On peut lire dans les Annales de Fromont les détails de ce procédé. Le quercitron peut être substitué à la gaude pour les différentes nuances qu'on veut donner à la soie. La haute élévation à laquelle ce chêne parvient, la rapidité de son accroissement, même dans un mauvais sol et dans les pays les plus froids, la propriété précieuse de son écorce: tous ces titres le recommandent auprès des plan- teurs forestiers.

CHÈNE vert, Q. virens (en angl. Live oak). Le climat devient déjà assez doux pour cet arbre près de Norfolk, d'où il s'étend le long de la côte jusqu'à l'embouchure du Mississipi. L'air de la mer semble essentiel à son existence, car on le trouve rarement dans l'intérieur, et jamais au-delà de 15 à 20 milles du rivage. Il ne s'élève guère qu'à 15 ou 18 mètres; mais son bois est fort pesant, très-compacte, d'un grain fin et serré. Incomparablement plus durable que le meilleur chêne blanc, il est, à juste titre, très-estimé pour les constructions navales. Sa longue durée, lorsqu'il est très-sec, le fait employer presque exclusivement pour la charpente supérieure des vaisseaux. L'écorce donne un excellent tannin, et le bois est très-estimé pour le chauffage. Le chêne vert va bientôt disparaître de son pays natal, sous les coupes considérables que l'on en fait aux Etats-Unis; il serait donc une acquisition vraiment précieuse pour la partie maritime des départements méridionaux de la France, et pour les contrées analogues de l'Italie, où sa réussite doit être regardée comme certaine.

CHÈNE Velani (Q. Ægylops, Liu) (fig. 84).

Fig. 84.

C'est un chêne qui croît dans la Grèce, dans la plupart des îles de l'Archipel et sur la côte