dont on a fait choix est le foin de prairie naturelle de 1re qualité. Ainsi, quand on dit que les pommes de terre ont 200 pour valeur nutritive, cela signifie qu'il en faut 200 parties en poids pour remplacer 100 de foin sec de prairie et qu'elles ne possèdent que la moitié de la valeur du foin sous ce rapport, ou, en d'autres termes, que, pour soutenir au même degré l'énergie vitale d'un animal ou pour que ses organes digestifs trouvent une même quantité de matière assimilable, il faut un poids de pommes de terre double de celui du foin.
Plusieurs chimistes, et entre autres EINHOFF, H. DAVY, SPRENGEL se sont occupés de rechercher, par l'analyse chimique, la quantité de parties nutritives que contiennent diverses substances alimentaires. Ces recherches ont jeté peu de lumière sur cette question et fourni peu de documens pour les applications pratiques; cependant, comme ces travaux, rapprochés des expériences et des observations des praticiens peuvent leur servir de contrôle, il serait important, pour ceux qui s'occuperaient d'expériences sur cette branche intéressante des sciences agricoles, de les consulter et d'en faire la comparaison.
Les agronomes praticiens ont à leur tour dressé des tableaux de la valeur nutritive des diverses substances alimentaires destinées au bétail, les uns en s'appuyant en partie sur l'analyse chimique et en partie sur l'expérience, les autres, en partant de cette dernière base seulement. Les résultats auxquels les uns et les autres sont parvenus sont loin d'être d'accord entre eux, et, dans l'impossibilité où nous sommes de pouvoir déterminer le degré de confiance que ces résultats méritent, nous avons préféré présenter en un seul tableau les nombres auxquels chaque agronome s'est arrêté en faisant suivre le tableau de quelques remarques sur la manière dont ces nombres ont été obtenus. Seulement, nous rappellerons que dans la plupart des cas les expérimentateurs ne paraissent pas avoir tenu compte d'une circonstance observée depuis long-temps et dans tous les lieux, c'est que les alimens frais et verts pris en certaine quantité fournissent plus de lait que cette même quantité d'alimens pris à l'état sec, et qu'au contraire, sous ce dernier état ils paraissent plus propres à donner de la graisse ou à soutenir l'énergie musculaire dans le travail; en un mot, qu'ils n'ont pas eu égard à l'état de dessiccation des alimens sur l'abondance ou la nature des produits ou la quantité du travail.
On serait peut être tenté de prendre une moyenne-entre tous ces résultats, comme exprimant avec plus d'exactitude la valeur nutritive comparative des diverses substances alimentaires, mais nous pensons que par cette méthode on ne parviendrait qu'imparfaitement au but désiré, parce que, comme nous venons de le dire, les expérimentateurs ne sont pas tous partis de la même base et n'ont pas été guidés par les mêmes principes; nous croyons qu'il serait préférable de faire choix des résultats des divers agronomes qui se rapprochent entre eux et quand ces résultats dont pas été empruntés les uns aux autres.
Tableau des rapports de la valeur nutritive de diverses substances alimentaires comparées à 100 kil. de foin de prairie naturelle de 1er qualité.
| NOMS ET ÉTATdes substancesalimentaires. | RAPPORTSEUTANT DIVERS AGRONOMES | |||||
| THAIEN. | BLOCK. | PETRI. | SCHWIERK. | DECAUD. | PABET. | |
| a. Fourrages socs.1. Foin de prairie, ire qualité. | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
| 1. — de trèfle . | 90 | 100 | 90 | 100 | 90 | 100 |
| 2. — de luzerne | 90 | 90 | 100 | 90 | 100 | |
| 3. — de sainfoin | 90 | 85 | 90 | 90 | ||
| 4. — de vesces . | 90 | 125 | 90 | 100 | ||
| 5. — despergule | 90 | |||||
| 6. — de tiges de millet . . . . | ||||||
| 7. Paille de trèfle porte-graine . . . | 8 | 103 | 100 | |||
| b. Fourrages varts.1. Trèfle , luzerne , sainfoin , vesces , sarrasin et scigle verts . . . | 450 | 450 | 425 | |||
| 2. Luzerne et vesces de qualité moyenne, colsa, graminées . . . | 500 | 475 | ||||
| 3. Mais . . . . | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 175 |
| 4. Sporgule . . . | 8 | 8 | 8 | 8 | 8 | 325 |
| 5. Topinambour tiges et feuilles. | 8 | 325 | ||||
| 6. Choux, feuilles. . . . . . . | 8 | 666 | 600 | |||
| 7. Betteraves feuilles . . . . . . | 8 | 600 | 600 | 600 | ||
| c. Palles.1. Froment et 4pautre . . . . . | 500 | 200 | 360° | 300 | ||
| 2. Seigle . . . . . | 666 | 300 | 500° | 550 | ||
| 3. Orge . . . . . | 150 | 190 | 155° | 400 | 200 | |
| 4. Avoine . . . . | 190 | 200 | 131° | 400 | 200 | |
| 5. Pois, lentilles, vesces. . . . . . | 130 | 166 | 142 | 150 | ||
| 6. Millet . . . . . | 8 | 8 | 180° | |||
| 7. Mais . . . . . | 8 | 8 | 400 | |||
| 8. Tiges de topinambours. . . . | 8 | 150 | ||||
| 9. Gousses de colza . . . . . . | 8 | 200 | ||||
| d. Feuilles.Sèches de puplier , tilleul, etc. . . . . . . | 8 | 75 | 225 | |||
| e. Ractnes.1. Pommes de terre . . . . . | 200 | 216 | 200 | 200 | 210 | 200 |
| 2. Betteraves . . . | 410 | 366 | 500(?) | 350 | 155 | 250 |
| 3. Choux. . . . . | 333 | 300 | 300° | 500 | 135 | 250 |
| 4. Raves. . . . . | 490 | 533 | 600 | 450 | 515 | 450 |
| 5. Carottes . . . . . | 166 | 366 | 250 | 170 | 160 | 250 |
| 6. Topinam-bours . . . . . | 8 | 200 | 250 | |||
| 7. Choux pom-més. . . . . . | 600 | 500 | 600 | 600 | 600 | 500 |
| f. graines.1. Mais . . . . . | 8 | 50° | ||||
| 2. Froment. . . . | 64(?) | 27 | 40 | |||
| 3. Seigle. . . . . | 70 | 33 | 50 | |||
| 4. Orge. . . . . . | 76 | 37 | 61° | 50 | ||
| 5. Avoine . . . . | 83 | 39 | 71° | 50 | 60 | |
| 6. Serrasin. . . . . | 8 | 64° | ||||
| 7. Pois, févero-les , vesces. . . . | 66 | 29 | 40 | |||
| 8. Son de seigle | ||||||
| 9. Tourteaux de graines oléag. . . . | 8 | 42 | 108 | |||
| g. Châtaignes et glands. . . . . | 8 | 42 | 50 | 50 | ||
Les résultats donnés par THAER reposent en grande partie sur les analyses déjà anciennes d'EINHOFF; quelques-uns, cependant, sont empruntés à des observations directes, entre autres ceux qui concernent les betteraves, les choux et les raves.
Ceux de M. Block ont tous pour base des observations pratiques; mais l'auteur les a combinés, du moins en partie, avec d'autres données relatives à la