3° Transport àu fumier aux champs. M. Schmalz admet que 4 bons chevaux de forte taille transportent dans les champs, à une distance moyenne, 10 à 12 chars de fumier de 1m,50 cube (42 pi. cub.) chacun, et ceux de petite taille, de 1 mèt. seulement (29 pi. cub.). — M. Kreissig pense que pour une distance moyenne on peut admettre qu'un attelage de 4 chevaux peut transporter 15 chars de fumier dans les champs en 10 heures de travail, en chargeant également 1m,50 cube (ou 11 quint. mét.) pour les forts chevaux, et 1 mèt. (7 quint.) pour les petits. Il ajoute qu'en hiver, lorsqu'on transporte le fumier sur des traineaux, 2 forts chevaux suffisent pour un chargement de 1m,50 cube et 2 petits pour un chargement de 1 met. cube. En moyenne, dit-il, on peut admettre qu'en un jour

Un fort cheval transporte 6 mèt. cub. (180 pi. cub.) ou 44 quint. mét.

Un petit cheval transporte 3m ,70 (107 pi. cub.) ou 27 quint. mét.

En supposant que la moitié de la charge au moins est transportée par traineau.

Voici maintenant les résultats présentés à ce sujet par M. Block.

Si on suppose qu'en moyenne un cheval de taille ordinaire, dans les jours longs et courts de l'année, attelé à un char, parcourt 50 kilom. (7 lieues de 2,200 toises), moitié chargé et moitié à vide, et qu'il y ait des chars de rechange, tant dans les cours de chargement du fumier qu'aux lieux de déchargement, auxquels on attelle les animaux aussitôt qu'ils arrivent pour ne pas les laisser à rien faire pendant ces opérations, et que la charge pour un char attelé de 2 chevaux soit de 1m ,25 cub. ou 9 quint. mét., voici pour différentes distances le nombre de chars de fumier normal, de mètres ou pieds cubes ou de quintaux qui seront transportés aux champs:

DISTANCE A PARCOURIR.FUMIER TRANSPORTÉ
EN CHARS.EN MÊTRES CURS.EN PIEDI CURS.EN QUINTAUX MÊTRIQUES.
a. Pour une dist. de 1 à 300 mèt. des bâtiments d'exploitation.22,2327,75800200
b.idem.600idem.15,4019,25560158,60
c.idem.900idem.11,7514,65420105,75
d.idem.1,100idem.9,5011,8534085,50
e.idem.1,500idem.81050073
f.idem.1,800idem.6,908,6024562
g.idem.2,100idem.6,007,5522054,50
h.idem.2,400idem.5,406,7520048,50
i.idem.2,700idem.4,906,1218044
k.idem.3,000idem.4,405,5016040

En prenant la moitié de ces nombres on aura le travail journalier d'un cheval de taille moyenne dans ces diverses circonstances.

Quand les chemins sont en mauvais état ou dans les pays de montagnes où l'on est obligé de moins charger et où les attelages vont plus lentement, il faut compter sur 1/3 de moins de travail.

5e Déchargement du fumier. Un homme aux champs décharge en une journée de 10 heures de travail 40 à 42 mét. cub. de fumier (1,200 pi. cub.), ou 290 à 310 quint. mét.

4º Epandage du fumier. Une femme, en 10 heures de travail, répand dans les champs 14 mét. cub. (environ 400 pi. cub.) de fumier ou 100 et quelques quin- taux (KREISSIG). — Une femme répand dans le même temps, en fumure normale, du fumier sur 50 à 36 ares (BLOCK).

Voyons maintenant, comme exemple, d'après ces documens, combien il faudrait de journées de travail d'homme, de ferme et d'animaux pour charger et conduire, à une distance moyenne de 1,500 mètres des bâtimens d'exploitation en pays de plaine sur des chars à 2 chevaux, décharger et épandre 50 mèt. cubes (environ 1,500 pi. cub.), ou à peu près 365 à 570 quint. de fu-mier normal dans les champs.

JOURNÉESDE CHEVAUX.JOURNESD'homme.JORANIESde femme.
Gros.Petits.
1°Chargement. . . . . . . . .2 ■1,75
2°Transport. . . . . . . . . .10 ■15 ■5 ■
3°Déchargement . . . . . . . . .1,25
4°Épandage. . . . . . . . . . .3,75
TOTAL, pour 50 mét. cub. . . . .10 ■15 ■8,255,50

SECTION II. — Travaux de labourage.

« L'étendue de terre labourée dans un jour, dit SINCLAIR, doit varier selon la qualité du sol, la largeur de la bande de terre qu'on prend à chaque raie, la profondeur du labour, la longueur du champ, la saison de l'année où le labour est exécuté. Dans un sol moyen, et qui n'est pas trop durci par la sécheresse, une paire de chevaux peut labourer 40 ares dans une journée de 9 heures de travail, divisée en 2 attelées; une longueur de 200 mèt. sur une largeur de 20 mèt. forme cette étendue. Cette largeur fait 86 sillons de 24 centim. (9 po.) de largeur chacun; de sorte que les chevaux, en prenant une bande de terre de cette largeur, parcourent une longueur de 17 kilomèt. 200 mèt, sans compter les tournées. Si on suppose que les tournées font 1/10 en sus, les chevaux parcourent un peu moins de 19 kilomèt. Cette quantité d'ouvrage est assez pour 2 chevaux; cependant, 19 kilomèt. en 9 heures supposent un pas fort lent. Dans un sol meuble, plat et bien ressuyé, une bonne paire de chevaux laboure 48 ares dans sa journée, 56 ares dans un sol argileux et souvent pas au-delà de 32 ares. Dans les 2e et 3e labours, pour les turneps (sols légers), en été ou au printemps, ils peuvent faire 64 ares, et dans quelques sols très faciles jusqu'à 80 ares. En Norfolk, la journée ordinaire de travail est de 40 à 60 ares. Dans cecomté, les chevaux marchent généralement à raison de 5 kilomèt. à l'heure environ, et le tirage est si léger que les animaux le sentent à peine. Pour labourer 60 ares, avec des sillons de 24 centimèt. (9 po.) de largeur, les chevaux parcourent une longueur de près de 27 kilomèt. (6 1/3 lieues de 2,200 toises), et avec un sillon de 21,66 centimèt. (8 po.) de largeur, environ 30 kilomèt. (7 lieues). La longueur des sillons influe beaucoup aussi sur la quantité de travail qu'on peut exécuter dans une journée. Il paraît d'après les expériences, que, lorsque les sillons n'ont que 70 mèt. de long, (36 toises), les tournées font perdre 4 heures 39 min. dans une journée de 8 heures; tandis que, lorsque les sillons ont une longueur de 242 mèt. (124 toises), les tournées ne prennent que 1 heure 19 min. Dans la partie du Norfolk où le sol est argileux, on ne laboure qu'environ 40 ares par jour. »

En formant 3 divisions dans les terrains, suivant leur cohésion, c'est-à-dire en les partageant en terres fortes, moyennes et légères, ou bien d'après le tableau de la page 340, en partageant les labours en labours forts, moyens et légers. M. Kreissig donne le tableau suivant du travail des hommes et des animaux pour le labour d'un hectare,