laquelle exprime le revenu de 140 hectares, en sorte que le revenu par hectare est de 36 francs.
En Allemagne, une forêt âgée de 140 ans contient 20,000 pieds cubes de bois, terme moyen, par hectare, en sorte qu'en exploitant un hectare par an, le produit total est de 20,000 pieds cubes de bois de chêne, hêtre ou sapin, qui, à 60 centimes le pied cube pris en forêt, valent. . . . . . . . . . . . . 12,000 fr.
On procède à l'expurgade des bois blancs et des plants qui sur-
chargent le massif 4 fois dans la
révolution de l'aménagement, c'est-
à-dire tous les 35 ans, coupe qui,
réduite à un terme moyen annuel,
s'étend sur 4 hectares et produit à
raison de 600 fr. par hectare la
somme totale de....2,400
Total. . . . . 14,400 fr.
Ainsi, le revenu annuel d'un massif de futaie, traité par la méthode allemande, est de 14,400 francs pour 140 hectares, ce qui revient à 102 fr. 85 cent. par hectare, somme qui dépasse de beaucoup le revenu des forêts semblables traitées suivant l'ancienne méthode du jardinage.
Exemples de forêts bien peuplées: Forêt de Riquervirch (Haut-Rhin); il y a dans ce massif 1400 sapins par hectare estimés 21,000 fr.; forêt de Nideck (Bas-Rhin).
Nous allons calculer pour dernier terme de comparaison le revenu moyen d'une futaies sur taillis, exploitée suivant la méthode française dans un sol assez fertile et dans laquelle on a choisi des réserves dont le nombre est gradué dans la proportion indiquée au § précédent. Ce revenu est calculé pour la coupe d'un hectare dans un bois de 25 hectares aménagé à 25 ans.
1° On trouve 50 baliveaux âgés de 25 ans, et comme on en réserve 18, il en reste 32 à abattre. Dans ce dernier nombre la moitié ne sert qu'à faire du bois de chauffage, il en reste 16 dont les tiges contiennent chacune deux pieds cubes 3/10, et comme le pied cube métrique de petit bois vaut communément un franc, la valeur de 16 arbres sur taillis est de 36 fr. 80 cent. . . . . . . . . . 36 f. 80 c.
Les 16 autres arbres sur taillis, propres seulement au chauffage, valent ensemble, avec les branches des premiers. ..... 12
2° On trouve 18 modernes ou arbres de 75 ans par hectare, 8 sont réservés et 10 sont coupés; dans ce dernier nombre 7 sont propres au service, les trois autres ne peuvent guère servir que pour le chauffage. Les 7 premiers cubent chacun 15 pieds métriques et valent 15 francs. Leur valeur totale est donc..... 105
Les trois modernes de qualité inférieure valent avec les branches des premiers. . . . . . . 35
3° On trouve 8 arbres anciens, âgés de 100 ans, par hectare, 3 sont réservés, les autres sont abattus; ces derniers cubent chacun 30 pieds métriques et valent, à raison d'un franc 20 centimes le pied cube, 36 francs chacun, ce qui fait pour tout. ..... 180
4° Il reste 3 arbres de cent ans et au-dessus; on peut en couper deux, qui valent ensemble, y compris les branchages. ..... 112
Le taillis de 25 ans produit 6,400 pieds cubes de bois propre au chauffage ou à la carbonisation qui, à 15 centimes le pied cube, valent. . . . . . . . . . . . . . 960 »
Valeur totale de la coupe. . . .1,440 f. 80 c
Comme cette coupe est le seul revenu d'une forêt qui contient 25 hectares, il en résulte que l'hectare rapporte annuellement 57 francs 63 cent. Cette somme est bien supérieure au taux moyen du revenu des forêts de l'Etat, qui ne dépasse pas communément 20 francs par hectare; mais nous calculons sur une forêt située dans les plaines du nordest de la France, où les débouchés sont faciles et les moyens de consommation assurés.
Ainsi, en réduisant les produits à leur valeur en argent, nous trouvons qu'une forêt de haute-futaie jardinée produit annuellement par hectare, terme moyen... ... 36 f. » c.
Qu'une forêt semblable traitée par la méthode allemande produit. 102 85
Et qu'une forêt exploitée en taillis et futaie sur taillis produit 57 63
Cette comparaison donne lieu aux ré-
flexions suivantes :
Le système des massifs de futaie qui s'étend sur les 9/10es des forêts de la France n'est plus en vigueur, puisque généralement on ne réserve pas des arbres en assez grand nombre et d'un âge convenable pour remplacer ceux que l'on exploite. La méthode du jardinage n'est plus généralement suivie, mais aucun mode fixe n'y a encore été substitué. On peut remarquer seulement que la pratique générale qui s'établit en France, par une foule de faits isolés, tend à adopter en définitive pour unique base de l'aménagement forestier les produits en argent. C'est par une suite de calculs faits avec plus ou moins d'exactitude sur cette base qu'une grande partie de nos futaies ont été abattues, et que l'époque de l'exploitation des taillis a été devancée; les revenus sont considérables parce que l'on exploite beaucoup à la fois; mais ils s'épuiseront, et l'on ne pourra en créer de nouveaux que parl'adoption d'un bon système de culture forestière, lequel consiste principalement à accélérer la croissance des taillis et des futaies en dépensant à propos l'argent nécessaire pour en soigner la production.
Cette culture consiste : 1° à approprier les espèces de bois au sol et au débit; 2° à composer chaque aménagement d'une espèce d'arbres ou de deux espèces analogues; 3° à ne conserver dans chaque massif que des plants de la même force, du même âge et convenablement espacés autant que possible;