grièches, les gallinacées, les freux, les pies, les corbeaux, leur font une chasse active et en détruisent beaucoup.

Fig. 166.

Le hanneton foulon S. fullo, L.) (fig. 166), long d'un pouce et demi, brun ou noirâtre, tacheté de blanc en dessus. On le rencontre particulièrement sur les côtes et dans les dunes. Il paraît en juillet et attaque les tilleuls, les peupliers et surtout les chênes qu'il dépouille de leurs feuilles. On peut lui faire la guerre comme au précédent.

2° Le bostriche typographe (bostrichus typographus, FAB.), dermeste typographe de LINNE, et scolyte typographe d'OLIVIER et de

Fig. 167.

LATREILLE (fig. 167); brun, velu, à élytres striés, tronqués et dentés à l'extrémité, long de 2 lignes 1/2. C'est à l'état de larve, depuis avril jusqu'en octobre, que cet insecte attaque divers arbres, et devient un véritable fléau pour les

forêts de sapins et d'épicéas, en s'insinuant entre l'écorce et le bois, et en y traçant une multitude de galeries qui arrêtent la circulation de la sève. Il exerce de préférence ses ravages sur les arbres malades ou mutilés et les bois gisans, mais il se jette aussi sur les arbres sains, et détruit en peu d'années de vastes forêts. Pour se garantir du typographe, on favorise la multiplication de ses ennemis, tels que les oiseaux de nuit, les campagnols, les pics, les mésanges, les pinçons et plusieurs autres espèces de passereaux; on enlève promptement, et en toute saison, les arbres malades, avariés ou abattus, ou au moins on écorce ces derniers; on extirpe aussitôt les souches après l'abattage, ou on les dépouille le plus tôt possible de leur écorce; on garantit les bois d'arbres résineux de l'action violente des vents et de la chaleur, qui occasionent l'état languissant des arbres que le bostriche attaque de préférence. Enfin, on recherche avec attention les arbres attaqués par l'insecte, qu'on reconnaît à leur flèche desséchée et à la couleur jaune de leurs aiguilles, et on les abat et les écorce sans délai. On parvient à détruire le typographe par des procédés analogues, et en brûlant l'écorce des arbres infectés, ou en lui offrant pour appât quelques arbres gisans où il se réfugie, et qu'on livre aux flammes au bout de trois à quatre semaines.. Un lait épais de chaux vive, appliqué au pinceau sur les parties décortiquées des arbres attaqués, a donné, dit-on, de bons résultats.

3° Bostriche du pin sylvestre (B. pinastri, BECHST), bostriche capucin de GEOFFROY, OLIVIER et LATREILLE (fig. 168); long de 4 à 5 lig., brun marron avec les étuis et l'abdomen rouges. Il attaque, comme le précédent, les pins sylvestres morts ou Fig. 168. Fig. 169.

vivans, gisans ou sur pied, surtout les vieux arbres. On se garantit de ses ravages et on le détruit par les mêmes moyens que le précédent

4º Scolyte pini-

perde (scolytus

piniperda, OLIV.

LAT.), dermeste piniperde de LINNE (fig. 169), noir, légèrement velu, avec des stries crénelées sur les élytres; antennes et pattes rouges; long de 2 lignes. On le trouve sous l'écorce des bois résineux de 40 à 70 ans, auxquels il cause souvent de très-grands dommages. Il perce aussi un trou dans les jeunes pousses des pins sauvages, et dépose ses œufs dans leur canal médullaire. La larve, qui éclôt bientôt après, ronge la moelle et occasione ainsi le desséchement et la chute des pousses. On emploie pour sa destruction les mêmes moyens que pour le typographe.

5º Scolyte destructeur (scolytus destructor,

LAT.) (fig. 170), noir, brillant, ponctué, les antennes, les étuis et les pattes marron. Il cause les plus grands dommages aux ormes, surtout à ceux qui végètent avec peu de vigueur.

6° Bostriche du mélèze (bostrichus lancis, FAB.), noir, élytrès crénelés, long de 2 lignes.

Il se tient sous l'écorce des mélèzes sur pied ou gisans.

7° Bostriche des sapins (dermestes micrographus, LIN., bostrichus abietiperda, BECHST), noir, corps tronqué à l'extrémité, élytres entiers, long de 1 1/4 ligne. On le rencontre surtout sous l'écorce des épicées de tous les âges.

8° Scolyte testacé (scolytus testaceus, LAT.), dermeste testacé de LINNÉ, d'un jaune d'ocre ou brun; ailes entières, lisses et recouvrant tout le corps. On ne le trouve guère que sur les pins malades, et est assez rare en France. Il est de la grosseur du typographe, et on peut lui faire la guerre en même temps qu'à celui-ci.

La famille des xilophages de LATREILLE, parmi laquelle sont les bostriches, les scolytes, etc., contient encore un bien plus grand nombre d'insectes qui vivent sous l'écorce ou dans le bois des arbres; mais leurs mœurs sont moins connues, et ils ne se multiplient pas avec autant de rapidité que le typographe. D'ailleurs on peut arrêter leurs ravages par les mêmes moyens qu'on emploie contre ce dernier ennemi.

9° La cantharide des boutiques (meloe vesicatoricus) (fig.171), longue de 6 à 10 lignes, d'un vert doré, luisant, avec les antennes noires. Cet insecte, bien connu par ses propriétés vésicantes, attaque surtout le frêne à fleurs (fraxinus ornus). En secouant, le matin, les jeunes arbres que les cantharides affectionnent le plus, elles tombent; on les ramasse et on les

Fig. 170.