jette dans du vinaigre pour les vendre en-
suite aux pharmaciens.
10° Dans la famille des charançons, on compte principalement parmi ceux qui attaquent les arbres de nos forêts : 1° le rhynchéne des pins (rhynchœnus pineti, FAB.) (fig. 172), qui est noir, long de 3 lignes, avec
Fig. 171.
Fig. 172.
les ailes striées et tachetées de blanc. Comme le scolyte piniperde, sa larve s'introduit dans la moelle des branches du pin sylvestre et du sapin, et fait périr les jeunes arbres. La plus simple manière pour s'en délivrer, c'est de l'enlever à la main ou de le recevoir dans des toiles placées au-dessous des arbres, et dans lesquelles il se laisse tomber quand on agite ceux-ci ; 2° le rhynchéne de l'aune (rhynchœnus alni, FAB.) (fig. 173), qui dévore
Fig. 173.
Fig. 174.
les feuilles de l'aune et du bouleau; 3° le rhynchéne de l'osier (rhynchœnus viminalis, FAB.) (fig. 174), qui attaque celles du chêne et du saule.
11° La famille des chrysomèles renferme plusieurs insectes nuisibles aux forêts; tels sont d'abord la chrysomèle du peuplier (chrysomela.populi) (fig. 175), longue de 5 à 6 li-
Fig. 175.
gnes, ovale-oblongue,
bleue, à ailes fauves avec
un point noir à l'angle
interne; sa larve dévore
souvent en société la
feuille du peuplier, du
saule et des jeunes trem-
bles; la chrysomèle vio-
lette (chrysomela viola-
cea, PANZ.) attaque aussi
les saules; le gribouri soyeux (cryptocephalus sericeus, FAB.) (fig. 176), qu'on rencontre sur les mêmes arbres; le gribouri du coudrier (C. coryli, FAB.) (fig. 177), qui attaque les jeunes bourgeons du noisetier; la gleruque de l'orme (chrysomela calmariensis, LIN.) (fig. 178), longue de 3 lignes, jaunâtre ou verdâtre en-dessous, 3 taches noires sur le corselet, et une raie de la même couleur sur chaque étui; dans les années où elle est abondante, sa larve mange le parenchyme des feuilles de l'orme, et occasione leur desséchement. Presque tous ces insectes, qui peuvent être recherchés à la main et enlevés, ont l'habitude de se laisser tomber quand on les approche ou lorsqu'on les touche, et de faire le mort pour se sous-traire aux recherches.
Fig. 176.
Fig. 177.
Fig. 178.
12° Beaucoup d'autres insectes coléoptères dont les larves vivent dans le bois, telles que celles de plusieurs espèces de leptures, de capricornes, de priones, font périr un grand nombre d'arbres ; mais, malgré leur grosseur, les dégâts que causent ces larves ne sont jamais aussi considérables que ceux faits par les insectes précédens. D'ailleurs les oiseaux les recherchent avec avidité et en tuent un très-grand nombre. M. WATCHER a aussi signalé le bupreste vert (buprestis viridis, FAB.) comme faisant éprouver beaucoup de dommages aux plantations de hêtre.
B. Orthoptères.
13° Parmi cet ordre d'insectes, nous ne connaissons guère que la courtilière commune (gryllus grillotalpa), qui exerce des ravages dans les pépinières en coupant les racines des plantes pour y pratiquer ses galeries. On se défait des courtilières en pratiquant de petites fosses qu'on remplit de fumier où elles se rassemblent en quantité, et qu'on éparpille ensuite promptement à la fourche pour tuer celles qu'on y rencontre.
C. Hémiptères.
14° Les hémiptères qui nuisent aux grands végétaux de nos forêts appartiennent la plupart à la famille des aphidiens ou pucerons; tels sont le psylle du fréne (psylla fraxini, LAT.); le P. de l'aune (P. alni, LAT.) (fig. 179); le P. du buis (P. buxi, GEOFF.), et le P. du sapin (P. abietis), qui se multiplie souvent au point de détruire les jeunes pousses de sapins et des épicéas; le puceron du chêne (aphis quercus, L.) (fig. 180), brun et remarquable par son bec, 3 fois au moins plus long que le corps; le P. du hêtre (A. fagi, L.) (fig. 181),
Fig. 179.
Fig. 180.
Fig. 181.
tout couvert d'un duvet cotonneux et blanc, le P. de l'orme (A. ulmi GEOFF.); le P. dusureau (A. sambuci, GEOFF); le P. du tremble (A. tremulæ, L.); le P. du tilleul (A. tiliae, L.), etc. Ces insectes se nourrissent du suc des végétaux, soit sur les racines, soit sur les tiges et les feuilles, où, dans l'intérieur de ces dernières, ils mul-