tiplient prodigieusement et peuvent causer de grands dégâts. Heureusement qu'une multitude d'autres insectes et d'oiseaux en consomment une quantité prodigieuse, et que les pluies et les brouillards les détruisent en grand nombre.
D. Hymènoptères.
15° Au nombre des hyménoptères dangereux aux forêts, il faut ranger quelques tenthrèdes ou mouches à scie qui, avec leur tarière, font dans les branches des arbres ou les feuilles de petits trous où elles déposent leurs œufs. Les larves, soit solitaires, soit en société, qui éclosent, vivent aux dépens des sucs du végétal. Nous citerons surtout le tenthrède du pin (tenthredo pini, GEOFF.) (fig. 182), qui est noir, long de 5 à 6 lignes, a le thorax velu, et qui fait des ravages considérables dans les forêts de pin, où il multiplie avec une étonnante rapidité; le T. du marceau (T.caprea GEOFF.) (fig. 183), qui vit sur les
Fig. 182.
Fig. 183.
saules, etc. Les fourmis causent aussi dans les forêts, surtout dans celles d'arbres résineux, quelques dégâts qu'il est facile, au reste, de prévenir, en détruisant leurs fourmilières.
E. Lépidoptères.
16° Les lépidoptères ou papillons sont les insectes qui causent le plus de ravages dans nos forêts, tant par leur prodigieuse multiplication que par leur accroissement rapide et la consommation considérable d'alimens qu'ils font à l'état de larves. Ces larves, connues sous le nom de chenilles, se nourrissent la plupart des bourgeons et des feuilles des végétaux. D'autres rongent les fleurs, les racines, les fruits, l'aubier ou la partie ligneuse des arbres. Il y en a qui aiment à vivre solitaires, d'autres se réunissent en société et exercent en commun leurs dégâts. Les plus dangereux de ces ennemis appartiennent à la famille des papillons nocturnes, ou phalènes de LINNÉ, parmi lesquelles nous citerons les suivantes :
Le cossus ronge-bois (cossus ligniperda, FAB.) (fig. 184), long d'un peu plus d'un pouce,
Fig. 184.
d'un gris cendré, avec de petites lignes noires nombreuses sur les ailes supérieures. La che- nille, que l'on trouve au printemps, ressemble à un gros ver; elle est rougeâtre, avec des bandes transverses d'un rouge de sang. Elle vit dans l'intérieur du bois du saule, du peuplier, du chêne, et particulièrement de l'orme.
Parmi les bombyces, qui sont nombreux, citons : 1° le bombyce processionnaire (bombyx processionnea, REAUM.) (fig. 185), corps cendré ainsi que les Fig. 185.
ailes; 2 raies transverses, obscures vers la base des supérieures, et une 3e un peu noirâtre vers le milieu. Les chenilles ont le corps velu, d'un cendré
obscur, avec le dos noirâtre et quelques tubercules jaunes; elles vivent en société sur le chêne; 2° le B. grand paon (B. pavonia, L.) (fig. 186), le plus grand des papillons de no-
Fig. 186.
tre pays, ayant jusqu'à 5 pouces de largeur, les ailes étendues. Le corps brun, ainsi que les ailes, une grande tache en forme d'œil sur le milieu de chacune. La chenille est verte avec des tubercules bleus; elle vit de feuilles de différents arbres; 3° le B. du pin (B. pythiocampa, WIENER) (fig. 187); sa chenille dévore les ai-
Fig. 187,
guilles des pins sylvestres, des sapins et des épicéas; 4° le B. moine (B. monaca, L.) (fig.
188), attaque pres-
que tous les arbres,
surtout les rési-
neux.
Dans les phalènes proprement dites, dont les chenilles sont connues sous le nom d'ar-
Fig. 188.
penteuses, on doit redouter: 1° la phalène du
sureau ( Phalaena sambucaria, L.), d'un jaune
de soufre, les ailes marquees de 2 raies trans-
verses et brunes : la chenille est brune; 2° la
P. du bouleau ( P. betularia, L.) ( fig. 189), qui
ronge les feuilles de cet arbre; 3° la P. pi-