afin d'attribuer à chaque service la part qu'il doit supporter. En effet, si je suppose un fonds pour son exploitation ne requérait pas la coopération d'un ou plusieurs attelages, il est clair que les bâtiments pour écurie, sellerie, magasins à foin et avoine seraient inutiles, et qu'au contraire ils deviennent indispensables toutes les fois qu'on est obligé d'avoir des attelages pour l'exploitation du fonds. Les frais pour la jouissance de cette port-on des bâtiments sont donc à la charge de ce service, ou plutôt, comme nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de l'établir dans nos calculs. vont grossir le prix du travail des noteurs animés. Il en est de même pour les autres services.

Voici maintenant la manière dont on parvient à répartir entre les différens services les frais de jouissance des bâtimens à leur usage.

Supposons comme précédemment que le fermage du domaine ci-dessus de 102 hectares ait été fixé à 8,000 fr., et que la jouissance des bâtimens, cours et jardins qui couvrent un espace de 2 hectares, soit évaluée à 2,000 fr., qui se composent, savoir : de 1,600 fr. pour la jouissance de ces bâtiments; de 150 fr. pour les réparations annuelles; de 100 fr. pour frais d'assurance contre l'incendie; et de 150 fr. pour prime d'amortissement.

Faisons observer, d'abord : qu'il reste une charge de 6,000 fr. qui doit être supportée par 100 hectares de terres labourables, c'est-à-dire, en la répartissant également entre eux, que la production végétale se trouve annuellement grevée d'une somme de 60 fr. par hectare pour jouissance du fonds.

Ensuite, connaissant les frais de jouissance des bâtimens ruraux en masse, nous pouvons répartir cette somme entre les différentes espèces de bâtimens affectés à des services divers, en assignant à peu près à chacun d'eux le prix auquel on trouverait à les louer communément dans le pays, et en faisant peser sur eux une portion des charges qui grèvent la totalité; c'est ce que nous avons essayé de faire dans le tableau suivant:

NATURE ET DESTINATIONDES RATIMENS.FRAISSERVICESauxquels les sommes sont imputables.
DE JOUISSANCEAU PRINCIPAL.DE RÉPARATIONSANNUILLIRES.D'ASSURANCECONTRÉ L'INCENTRE.DE PRIME D'AMORTISSEMENT.TOTAL
Bâtiment d'habitation.
Logement de maître. . . . . . . . . . .fr. c.fr. c.fr. c.fr. c.fr. c.Frais généraux ou personnelPersonnel.
Logement de serviteurs. . . . . . . . . .20018 6225 1528 62250 39
989 135 459 23121 71
Bâtimens d'exploitation.
Écurie, sellerie, magasin à foin et avoine. .12811 90811 90159 80Attelages.
Etable ou bergerie. . . . . . . . . . . . . . .21230 1619 8030 15391 80Bêtes de rente ou production animale.Idem.
Magasin à paille et fourrages. . . . . . . .12811 90811 90159 80Idem.
Magasin à racines fourragères. . . . . . .9696 109120 10Idem.
Laiterie, chambre à beurre et fromage. .918 405 708 40114 50Idem.
Hangars, salles aux instrumens et outils. .14613 609 1013 60182 30Personrel et attelages.
Granges, gerbiers, aire et machine à bâtre.28026 1517 5026 15349 80Fonds ou production végétalo.Idem.
Greniers, chambres à grain, etc. . . . . .12011 157 5011 15149 80
1,6001501001502,000

Ainsi, par exemple, je suppose que l'établissement en question entretienne 10 chevaux de travail ; leur logement et celui des objets à leur usage coûtera par an 159 fr. 80 c. à l'entrepreneur ; plus, 182 fr. 30 c. pour le logement des instrumens avec lesquels ils travaillent : en tout, 342 fr. 10 c. ; c'est-à-dire que le prix du travail de chaque cheval est grevé annuellement de 34 fr. 10 c., savoir: 15 fr. 98 c. pour le logement de l'animal , et 18 fr. 23 c. pour celui des instrumens à son usage. De même, la production animale doit supporter une charge de 391 fr. 80 c. pour loyer des étables ; de 159 fr. 80 c. pour magasin à paille et fourrages; de 120 fr. 10 c. pour caves à racines; de 114 fr. 50 c. pour laiterie, et de 50 fr. pour logement des agens du personnel préposés à ce service ; en tout, 836 fr. 20 c. qui, répartis entre 72 têtes de gros bétail qu'on suppose réunies sur le domaine , mettent à la charge de chacune d'elles pour logement une somme de 11 fr. 50 c.

§ II. — Service des capitaux.

Le prix du service des capitaux varie suivant qu'ils appartiennent au capital de roulement, ou au capital fixe ou engagé.

A. Le capital de roulement entre dans les frais de production.

10 Pour ses intérêts qui vont grossir le prix de la jouissance des services auxquels il fait des avances. C'est ainsi que le prix du travail des serviteurs agricoles se trouve grevé comme nous l'avons vu à la page 400, des intérêts de toutes les sommes avancées pour nourriture, salaire, logement, entretien, etc. Ces intérêts sont à un taux plus ou moins élevé, suivant que les capitaux appartiennent en propre à l'entrepreneur, ou qu'il a été obligé de les emprunter à des conditions qui varient suivant les pays, et par les causes que nous avons indiquées plus haut en nous occupant du profit des capitaux.

2º Pour les frais d'assurance contre la grêle et l'incendie, pendant tout le temps que ce capital est sous forme de récoltes qui peuvent être détruites par ces fléaux.

3º Pour prime contre les faillites, banqueroutes, retards de paiement qu'on peut évaluer à 1/4 p. 0/0 du capital de roulement.

B. Le capital fixe ou engagé d'exploitation figure dans les frais de production :

1° Pour ses intérêts aux mêmes conditions que celui de roulement.

20 Pour les frais de son entretien et ses réparations, qui peuvent s'élever jusqu'à 25 et 30 p. 0/0 par au, suivant l'espèce et la nature des objets mobiliers péris-sables qui le représentent. Nous avons cherché à éva-