chaque année qu'une grosse dans un temps plus reculé, pour renouveler à la fois beaucoup de linge, qui coûte fort cher ; d'ailleurs cela convient mieux pour le service. Toutefois, il serait peut-être plus avantageux, pour quelques espèces de linge, comme les draps de maître et les serviettes de table, d'attendre de pouvoir en acheter une certaine quantité à la fois, parce qu'on les obtiëndrait à meilleur compte en les achetant en demi-gros.
Le linge de la maison de maître et celui de la fermé ne doivent pas être confondus; quant aux draps de domestiques, on peut les réunir à ceux de la ferme.
Je ne suis point d'opinion d'avoir une énorme quantité de linge comme c'est l'usage dans certaines maisons, et même dans quelques provinces où l'on a cette manie. D'abord c'est de l'argent placé sans produit et un véritable embarras pour mettre tout ce linge en ordre et le serrer. Puis il jaunit et s'use même dans les armoires fort inutilement. Il n'y a aucune gloire, comme le croient beaucoup de femmes, à montrer des armoires remplies de linge presque inutile, et à ne faire la lessive que tous les six mois ou tous les ans. Le moment de faire cette lessive devient alors un événement dans la maison et une opération très fatigante pour la maîtresse et les domestiques. Elle les détourne de leurs devoirs journaliers pour assez longtemps. Si le mauvais temps vient ajouter à cet embarras, il est presque interminable. Mais je ne puis aussi trop blâmer les femmes qui emploient leur argent en objets de luxe ou en futilités, et qui négligent d'approvisionner convenablement leur maison de linge, chose de première nécessité, aussi nécessaire à la santé qu'au bien-être, et à laquelle une femme de ménage ne saurait apporter trop de soin.
Le plus ou moins de beauté du linge varie beaucoup selon le pays. Dans ceux où l'on récolte du lin, le linge est ordinairement plus beau que dans ceux où l'on récolte du chanvre. Il est convenable de se conformer à peu près à l'usage du pays qu'on habite, pour ce qui regarde surtout les gens de la maison. On peut, pour soi, faire une exception et se servir de l'espèce de linge à laquelle on aurait été habitué